CHAPITRE XLII. - Du fait de farder mémoire des enseignements.
CHAPITRE XLII. - Du fait de farder mémoire des enseignements.
1. Abou-Horaïra a dit : "Les gens répètent que Abou-Horaïra sait de nombreuses traditions. Eh ! bien, s'il n'y avait à ce sujet deux versets du Coran je ne rapporterais pas une seule tradition". Et alors Abou-Horaïra récitait : "Certes ceux qui dissimulent les preuves et l'orthodoxie que nous avons révélées...." jusqu'à ces mots : le miséricordieux" (sourate II, versets 154 et 155).
Tandis, ajouta Abou-Horaïra, que nos frères parmi les Mohâdjir s'occupaient de conclure des affaires sur les marchés, que nos frères parmi les Ansâr donnaient tous leurs soins à l'entretien de leurs biens (autrement dit, les Mohâdjir se livraient au commerce tandis que les Ansâr s'adonnaient à l'agriculture), moi, Abou-Horaïra, je m'attachais à la personne du Prophète, me contentant ainsi de rassasier ma faim (Abou-Horaïra avait renoncé au commerce et à l'agriculture pour ne point quitter un seul instant la personne du Prophète. Il vivait de la charité du Prophète.) ; aussi ai-je été témoin de choses qu'ils n'ont pas vues et ai-je retenu dans ma mémoire des faits dont ils n'ont gardé aucun souvenir."
2. Abou-Horaïra a tenu le propos suivant : "Je dis : "Ô Envoyé de Dieu, j'entends de ta bouche de nombreux enseignements que j'oublie par la suite. --- Etends ton manteau" me répondit le Prophète. J'obéis. Il fit le geste de puiser avec les mains (et de déposer son manteau) en ajoutant : rassemble (les pans de ton manteau)" ; je le fis et depuis je n'oubliai plus rien."
3. Ibn-Abou-Fodaïk rapporte ce hadiths avec cette variante qu'il puisa avec sa main "dans lui" (le manteau).
4. Abou-Horaïra a dit : "J'ai recueilli de l'Envoyé de Dieu deux séries de hadiths : l'une, je l'ai répandue (parmi les hommes) ; l'autre, je ne l'ai pas divulguée, sinon on m'aurait coupé le gorge (Les commentateurs ne sont pas d'accord sur la nature de cette seconde série : suivant les uns il s'agirait de doctrines ésotériques : suivant d'autres il faudrait entendre des hadiths contenant des allusions blessantes pour certaines personnalités.).