CHAPITRE XLVIII. - Peut-on fouiller les sépultures des polythéistes des temps antéislamiques et se servir de ces emplacements pour y bâtir des mosquées, à cause de ces paroles du Prophète :
TITRE VIII
DE LA PRIERE
CHAPITRE XLVIII. - Peut-on fouiller les sépultures des polythéistes des temps antéislamiques et se servir de ces emplacements pour y bâtir des mosquées, à cause de ces paroles du Prophète : "Dieu a maudit les Juifs qui avaient bâti des oratoires sur les sépultures de leurs Prophètes". -- Du blâme qu'il y avait à faire la prière sur des tombes. -- 'Omar, voyant Anas-ben-Mâlik faire sa prière près d'une tombe, lui dit : "La tombe ! La tombe !" mais il ne lui ordonna pas de recommencer sa prière.
1. D'après 'Aïcha, Omm-Habîba et Omm-Salama racontaient qu'elles avaient vu, en Abyssinie, une église dans laquelle il y avait des images. Comme elles en parlaient au Prophète, celui-ci dit : "Chez ces gens-là, quand un homme vertueux meurt on bâtit sur sa tombe un oratoire où on exécute de ces sortes d'images. Ces gens-là seront les pires des créatures aux yeux de Dieu le jour de la Résurrection."
2. Anas a dit : "Le Prophète vint à Médine et descendit dans la partie la plus haute de cette ville chez une tribu qu'on appelait les Benou-'Amr-ben-'Auf. Il séjourna au milieu d'eux quatorze nuits, puis il envoya chercher les Bénou-En-Neddjâr. Ceux-ci arrivèrent le sabre en bandoulière et il me semble encore voir le Prophète monté sur sa chamelle, Abou-Bakr en croupe derrière lui et les notables des Benou-En Neddjâr autour d'eux. Ils marchèrent ainsi et arrivèrent à la demeure de Abou-Ayyoub. Le Prophète aimait à prier là où le surprenait l'heure de la prière ; il priait (parfois) dans des parcs à moutons.
"Il ordonna de bâtir la mosquée et il manda les principaux des Benou-En-Neddjâr : "Ô Benou-En-Neddjâr, leur dit-il, quel prix me demandez-vous de cet enclos. --- Par Dieu ! répondirent-ils, rien ; nous n'en demanderons aucun prix, sinon à Dieu."
Or, ajoute Anas, je vais vous dire ce qu'il y avait dans cet enclos ; il y avait des sépultures de polythéistes, des ruines et des palmiers. Le Prophète ordonna de fouiller les tombes, de raser les ruines et de couper les palmiers. Cela fait, on aligna les troncs de palmiers comme qibla de la mosquée, et on les encastra dans deux chambranles en pierres. Puis on commença à apporter des pierres en chantant, le Prophète se joignant aux autres en disant : "Ô mon Dieu, il n'y a d'autre bien que celui de l'autre monde. Pardonne aux Ansâr et aux Mohâdjir.