CHAPITRE XXVIII. - De la colère qu'éprouve celui qui prêche ou qui enseigne au moment où il voit quelque chose de répréhensible.
CHAPITRE XXVIII. - De la colère qu'éprouve celui qui prêche ou qui enseigne au moment où il voit quelque chose de répréhensible.
1. Abou-Mas'oud-El-Ansâri a dit : "Un homme s'écria : "Ô Envoyé de Dieu, je puis à peine achever la prière, tant un tel nous la fait durer longtemps". Jamais dans un prône je n'ai vu le Prophète entrer dans une colère plus violente que ce jour-là : "Ô gens, s'écria-t-il, vous arriverez à faire déserter de la prière. Que celui qui dirige les fidèles dans la prière, la leur rende légère, car il y a parmi eux des malades, des gens affaiblis et d'autres qui ont des occupations."
2. D'après Zeïd-ben-Khâlid-El-Djohani, un homme interrogea le Prophète au sujet des objets trouvés. "Regarde bien, répondit-il, le cordon de l'objet trouvé --- ou sa bourse, --- et aussi son enveloppe. Puis, pendant un an, annonce ta trouvaille ; après quoi fais usage de la chose. Toutefois si son propriétaire vient te trouver remets-lui l'objet. --- Et s'il s'agit d'un chameau égaré ? demanda l'homme. A ces mots le Prophète entra dans une telle fureur que ses joues --- ou son visage, suivant une autre version --- devinrent cramoisies. "Qu'as-tu à t'occuper de cet animal, s'écria-t-il ; il a en lui une réserve de boisson ; il a des pieds, rien ne l'empêche d'aller à l'abreuvoir et de brouter des plantes. Laisse-le donc en sorte qu'il rejoigne son maître. --- Et si l'animal égaré est un mouton, ajouta l'homme. --- Alors, répondit le Prophète, il sera à toi, à ton frère ou au loup."
3. Abou-Mousa a dit : "Comme on posait au Prophète des questions qui l'offusquaient et que ces questions se multipliaient, il entra en colère. Ensuite il dit aux assistants : "Interrogez-moi sur ce que vous voudrez. --- Qui est mon père ? demanda un homme? --- Ton père, répondit-il, c'est Hodzâfa. --- Et moi, reprit un autre, qui est mon père ? Ô Envoyé de Dieu --- Ton père, répliqua-t-il, est Sâlim, l'affranchi de Chaïba." 'Omar voyant l'expression du visage du Prophète, lui dit alors : "Ô Envoyé de Dieu, certes nous nous repentons devant Dieu".