CHAPITRE XXXIX. - De la mise par écrit de la tradition.
CHAPITRE XXXIX. - De la mise par écrit de la tradition.
1. Abou-Djohaïfa a dit : "Comme je demandais à 'Ali s'il y avait chez eux un (recueil) écrit, il me répondit : "Non, nous n'avons rien (d'écrit) autre que le Livre de Dieu ou la compréhension qui en a été donnée à tout homme musulman, ou encore ce qui est inscrit sur feuillet. --- Et qu'est-ce que contient ce feuillet ? reprit Abou-Djohaïfa --- Dans ce feuillet, répondit 'Ali, il y a ce qui a trait au prix du sang, à la libération des prisonniers et le principe qu'un musulman ne doit pas être mis à mort à cause d'un infidèle !"
2. Selon Abou-Horaïra, l'année de la prise de la Mecque, les Khozâ'a avaient tué un homme des Bénou-Leïts pour venger le meurtre de l'un des leurs. Informé de ce fait, le Prophète enfourcha sa monture et vint leur adresser le discours suivant : "Dieu a interdit à la Mecque l'accès de l'éléphant --- ou du meurtre (El-Bokhâri hésite entre ces deux mots) --- mais l'Envoyé de Dieu et les Croyants ont reçu en leur pouvoir cette ville et ses habitants. Eh ! bien la Mecque n'a perdu son caractère sacré pour personne avant moi et ne le perdra pour personne après moi. Eh ! bien elle a été à ma discrétion, mais un seul jour pendant une heure. Eh ! bien, à cette heure cette ville est de nouveau sacrée pour moi ; ses épines ne seront pas arrachées dorénavant, ni ses arbres coupés ; l'objet qui y sera trouvé ne sera ramassé que pour être remis à celui qui le réclamera. Quand un meurtre y sera commis, les parents de la victime auront le choix entre deux partis : ou bien reçevoir le prix du sang, ou bien se faire abandonner le coupable."
Un homme du Yémen vint alors et dit : "Ô Envoyé de Dieu, mets cela par écrit pour moi. --- Mettez cela par écrit Abou un tel, répondit le Prophète." --- Un homme des Qoraïch s'écria : "Fais une réserve pour le souchet, ô Envoyé de Dieu car nous l'employons pour nos demeures et nos tombeaux. --- Qu'on fasse une réserve pour le souchet, reprit le Prophète, qu'on fasse une réserve pour le souchet !"
3. Abou-Horaïra a dit : "Personne, parmi les compagnons du Prophète, ne possède plus de tradition à son sujet que moi. Il faut toutefois faire une exception pour 'Abdallah-ben-'Amr qui, lui, les mettait par écrit ce que je ne faisais pas moi."
4. Ubn-'Abbâs a dit : "Quand les souffrances du Prophète devinrent plus vives, il s'écria : "Qu'on m'apporte de quoi écrire afin que je vous mette par écrit ce qui vous préservera de l'erreur après moi ! --- LA douleur domine le Prophète, dit alors 'Omar ; nous avons le Livre de Dieu qui nous suffit." Les avis à ce moment furent partagés et la discussion devint bruyante. "Retirez-vous, laissez-moi, reprit le Prophète, il ne convient pas qu'on se dispute en ma présence !" Ibn-'Abbâs sortit en disant : "C'est mal, aussi mal que possible, de faire obstacle au Prophète quand il désire écrire."