Sahih El Boukhâri :TITRE 10 DE L'APPEL A LA PRIERE PAGE1
TITRE 10
DE L'APPEL A LA PRIERE
CHAPITRE PREMIER. --- Du début de l'appel à la prière et du second appel. -- De ces mots du Coran : "Lorsque vous appelez à la prière, ils se font de cet appel un sujet de plaisanterie et un jeu ; et cela parce que ce sont des gens qui ne comprennent point" (sourate V, verset 63). -- De ces autres paroles du Coran : "Lorsqu'on vous appelle à la prière le jour du vendredi" (sourate LXII, verset 9).
1. Anas a dit : "On parlait d'allumer des feux, de se servir de crécelles ; on rappelait ce que faisaient les chrétiens et les juifs, quand Bilâl reçut l'ordre de faire l'appel à la prière, deux fois pour le premier appel, une fois pour le second."
2. Ibn-'Omar disait : "Au début de leur arrivé à Médine, les Musulmans se réunissaient et s'indiquaient entre eux le moment de la prière sans qu'on les y appelât. Un jour, comme on s'entretenait de ce sujet, un des fidèles dit : "Servez-vous d'une crécelle pareille à la crécelle des Chrétiens. --- Non, dit un autre, employez une trompette pareille à la corne dont les juifs font usage. --- Pourquoi, demanda 'Omar, ne chargeriez-vous pas un homme d'entre vous de faire l'appel à la prière ?" Là-dessus l'Envoyé de Dieu dit à Bilâl : "Ô Bilâl, lève-toi et appelle à la prière."
CHAPITRE II. --- L'appel à la prière se répète deux fois.
1. Anas a dit : "Bilâl reçut l'ordre de répéter deux fois l'appel à la prière, mais de ne prononcer qu'une seule fois le second appel, sauf pour ces mots : "L'heure de la prière est venue."
2. Anas-ben-Mâlik a dit : "Quand les fidèles furent devenus nombreux, ils parlèrent d'indiquer l'heure de la prière par quelque chose qui la leur ferait connaître. Les uns proposèrent d'allumer un feu ; d'autres, d'agiter une crécelle. C'est alors que Bilâl reçut l'ordre de faire deux fois le premier appel à la prière et une seule fois le second."
CHAPITRE III. --- Sauf ces mots : "L'heure de la prière est venue" le second appel n'a lieu qu'une fois.
1. Anas a dit : "Bilâl reçut l'ordre de faire par deux fois le premier appel à la prière et une seule fois seulement le second appel. --- Comme je répétais cela à Ayyoub, dit Isma'îl, il ajouta : sauf ces mots : "l'heure de la prière est venue".
CHAPITRE IV. --- Du mérite de l'appel à la prière.
1. D'après Abou-Horaïra, l'Envoyé de Dieu a dit : "Lorsqu'on fait l'appel à la prière, Satan tourne le dos et fait des pets afin de ne pas entendre cet appel. Quand le premier appel est terminé, il se retourne en faisant face jusqu'au moment où le second appel a lieu. Alors il tourne de nouveau le dos pour faire face ensuite, quand ce second appel est terminé. Il cherche à troubler la conscience du fidèle en lui disant : "Songe à ceci, songe à cela", rappelant des choses auxquelles le fidèle ne pensat pas. Il espère ainsi arriver à ce que le fidèle ne sache plus où il en est de sa prière."
CHAPITRE V. --- De l'élévation de la voix pour l'appel à la prière. -- 'Omar-ben-'Abdelazîz a dit : "Fais l'appel à la prière sans vocalises, sinon débarrasse-nous de ta présence."
1. 'Abdallah-ben-'Abderrahman-ben-Abou-Sa'sa'a rapporte que Abou-Sa'îd-El-Khodri lui dit un jour : "Je vois que tu aimes la vie pastorale et le désert. Quand tu seras au milieu de tes troupeaux ou dans le désert et que tu feras l'appel à la prière, élève la voix en le prononçant, car aussi loin que porte la voix de celui qui appelle à la prière, quiconque l'entendra, génie, homme ou objet ne manquera pas de venir témoigner en sa faveur au jour de la Résurrection."
Abou-Sa'îd a ajouté : "Voilà ce que j'ai entendu de la bouche du Prophète."
CHAPITRE VI. --- De l'effusion du sang qu'empêche l'appel à la prière.
1. Anas-ben-Mâlik rapporte ceci : "Lorsque le Prophète nous menait à une expédition contre une tribu, nous ne commencions jamais l'attaque avant le matin. Si, à ce moment, le Prophète entendait l'appel à la prière, il s'abstenait de toute hostilité ; s'il n'entendait pas d'appel à la prière, il brusquait l'attaque.
"Quand nous fîmes l'expédition contre Khaïbar, nous atteignîmes cette localité pendant la nuit. Au jour, le Prophète n'ayant pas entendu d'appel à la prière, monta à cheval. Pour moi, je montai en croupe de Abou-Talha et mon pied frôla celui du Prophète.
"Les gens de Khaïbar sortaient de la ville avec leurs paniers et leurs pelles, quand ils aperçurent le Prophète : "Mohamed ! s'écrièrent-ils ; par Dieu, c'est Mohamed et son armée !" A cette vue, l'Envoyé de Dieu s'écria : "Dieu est grand ! Dieu est grand ! Khaïbar est perdue ! car, lorsque nous descendons sur le territoire d'une tribu, quel jour néfaste se lève pour ceux qui ont été prévenus du châtiment qui les attend."
CHAPITRE VII. --- Que doit-on dire lorsqu'on entend celui qui appelle à la prière ?
1. Abou-Sa'îd-el-Khodry rapporte que l'Envoyé de Dieu a dit : "Quand vous entendrez l'appel à la prière, dites exactement ce que dira le muezzin."
2. 'Aïssa-ben-Talha rapporte qu'un jour Mo'âwiya, entendant le muezzin, répéta mot pour mot ses paroles y compris ces mots : "Je témoigne que Mohamed est l'Envoyé de Dieu".
3. Un de nos frères, a dit Yahya-ben-Abou-Ketsîr, a rapporté que, lorsqu'il entendait ces mots : "Venez à la prière", Mo'âwiya disait : "Il n'y a de force et de puissance qu'en Dieu." Ainsi avons-nous entendu dire votre Prophète, ajoutait-il.
CHAPITRE VIII. --- De l'invocation à la suite de l'appel à la prière.
1. D'après Djâbir-ben-'Abdallah, l'Envoyé de Dieu a dit : "Celui qui, après avoir entendu l'appel à la prière, prononce ces mots : "Ô mon Dieu, toi le Seigneur à qui s'adressent cette invocation parfaite et la prière éternelle, donne à Mohamed la place éminente et la supériorité ; envoie-le au poste glorieux que tu lui as promis", celui-là mon intercession lui sera sûrement acquise au jour de la Résurrection."
CHAPITRE IX. --- Du tirage au sort pour le choix du muezzin. -- On rapporte que certains fidèles ne s'accordant point pour le choix du muezzin, Sa'd-ben-Abou-Waqqâs le fit tirer au sort parmi eux.
1. Selon Abou-Horaïra, l'Envoyé de Dieu a dit : "Si les fidèles savaient tout ce qu'il y a (de mérites) à faire l'appel à la prière et à occuper le premier rang (à la prière) et qu'ils ne trouvassent pas d'autres moyens pour y arriver que le tirage au sort, certes ils tireraient au sort. S'ils savaient le mérite qu'il y a à prier de bonne heure, ils se hâteraient d'y accourir. Et enfin, s'ils savaient tout ce qu'il y a (de mérites) dans la prière du soir et celle du matin, ils y accourraient, fussent-ils obligés de se traîner à quatre pattes."
CHAPITRE X. --- Des paroles étrangères introduites dans l'appel à la prière. -- Solaïman-ben-Sorad parla en faisant l'appel à la prière. El-Hasan a dit : "Il n'y a aucun mal à rire pendant le premier appel à la prière ou pendant le second."
1. 'Abdallah-ben-El-Harits rapporte ce qui suit : "Un jour de forte boue, Ibn-'Abbâs nous fit le prône. Quand le muezzin arriva à ces mots : "Venez à la prière :" Ibn-'Abbâs ordonna de crier : "Faites la prière dans vos demeures." Les fidèles s'étant mis alors à se regarder les uns les autres, Ibn-'Abbâs ajouta : "Un autre, meilleur que moi, a agi ainsi, et pourtant cette prière (en commun) était une chose obligatoire."
CHAPITRE XI. --- De l'appel à la prière fait par un aveugle lorsqu'il a quelqu'un pour le prévenir (que le moment de la prière est venu).
1. 'Abdallah-ben-'Omar rapporte que l'Envoyé de Dieu a dit : "C'est Bilâl qui fera l'appel à la prière pendant la nuit. Mangez donc et buvez (c'était pendant le ramadan) jusqu'au moment où le fils de Omm-Mektoum vous appellera à la prière." Ibn-'Omar ajoute que cet Ibn-Omm-Mektoum était un homme aveugle qui ne faisait pas l'appel à la prière tant qu'on ne lui avait pas dit : "Voici le matin ! voici le matin !"
CHAPITRE XII. --- De l'appel à la prière après l'aurore.
1. D'après Hafsa, lorsque le muezzin guettait l'heure de l'appel à la prière du matin et, aussitôt que le matin paraissait, le Prophète faisait deux légères rika' avant de procéder à la prière.
2. 'Aïcha a dit : "Le Prophète priait deux légères rika' entre le premier et le second appel de la prière du matin."
3. D'après 'Abdallah-ben-'Omar, l'Envoyé de Dieu a dit : "C'est Bilâl qui fera l'appel à la prière durant la nuit. Mangez donc et buvez jusqu'à ce que Ibn-Omm-Mektoum vous appelle à la prière."
CHAPITRE XIII. --- De l'appel à la prière avant l'aurore.
1. Selon 'Abdallah-ben-Mas'oud, le Prophète a dit : "Que l'appel à la prière de Bilâl n'empêche pas l'un de vous --- ou : l'un d'entre vous --- de faire le repas qui précède l'aurore (en ramadan), car il est chargé de l'appel à la prière pendant la nuit, afin de faire coucher celui qui est éveillé et d'éveiller celui qui dort ; ce n'est pas à lui de dire : c'est l'aurore ou le matin." Ce disant, le Prophète fit un geste en levant ses doigts en l'air et en les baissant ensuite vers le sol."
Zohaïr dit que le Prophète fit le geste en plaçant ses deux doigts indicateurs l'un sur l'autre et en les étendant ensuite à droite et à gauche.
2. D'après 'Aïcha, le Prophète dit : "C'est Bilâl qui fera l'appel à la prière durant la nuit. Mangez donc et buvez jusqu'à ce que Ibn-Omm-Mektoum vous appelle à la prière."
CHAPITRE XIV. --- Quel intervalle doit séparer le premier appel à la prière du second appel.
1. 'Abdallah-ben-Moghaffal-El-Mozani rapporte que l'Envoyé de Dieu a dit : "Entre le premier appel à la prière et le second appel, il y a le temps, pour qui le veut, de faire une prière trois fois."
2. Anas-ben-Mâlik a dit : "Aussitôt que le muezzin faisait l'appel à la prière, des fidèles, d'entre les Compagnons du Prophète, se rendaient en toute hâte vers les piliers de la mosquée et, en attendant l'arrivée du Prophète, ils priaient ainsi deux rika' avant la prière du coucher du soleil. Il n'y avait donc pas d'intervalle entre le premier appel et le second appel."
D'après Cho'ba, il n'y avait qu'un léger intervalle entre les deux appels.
CHAPITRE XV. --- De ceux qui attendent le second appel à la prière.
1. 'Aïcha a dit : "Quand le muezzin se taisait après le premier appel à la prière de l'aurore, l'Envoyé de Dieu se levait et faisait deux légères rika' avant la prière de l'aurore et après que l'aurore lui avait apparu. Il se couchait ensuite sur le côté droit et demeurait ainsi jusqu'au moment où le muezzin venait vers lui pour le second appel."
CHAPITRE XVI. --- Entre le premier appel et le second appel quiconque le veut peut faire une prière.
1. D'après 'Abdallah-ben-Moghaffal, le Prophète a dit : "Entre les deux appels à la prière on peut faire une prière ; entre les deux appels on peut faire une prière." Et après avoir dit cela une troisième fois il ajouta : "Si on le veut."
CHAPITRE XVII. --- De celui qui a dit : En voyage qu'une seule personne fasse l'appel à la prière.
1. Mâlik-ben-El-Howaïrits a dit : "A la tête d'un groupe de mes contribules je vins trouver le Prophète. Nous demeurâmes auprès de lui pendant vingt jours. Il était compatissant et aimable. Voyant que nous avions le désir de retourner auprès des nôtres, il nous dit : "Retournez vers les vôtres, demeurez parmi eux, instruisez-les et priez. Lorsque viendra l'heure de la prière qu'un seul de vous fasse l'appel à la prière et que le plus âgé parmi vous la dirige."
CHAPITRE XVIII. --- Du premier appel à la prière et du second appel pour les voyageurs en troupes. De ces mêmes appels à 'Arafa et à Mozdalifa. De la formule employée par le muezzin lorsque la nuit est froide ou pluvieuse : Faites la prière dans vos demeures.
1. Abou-Dzarr a dit : "Nous étions en voyage avec le Prophète. Le muezzin voulut faire l'appel à la prière. "Attends qu'il fasse plus frais ! dit le Prophète." Le muezzin voulut une seconde fois appeler à la prière : "Attends qu'il fasse plus frais ! répéta le Prophète." Puis le puezzin voulant de nouveau faire l'appel à la prière, le Prophète lui dit : "Attends qu'il fasse plus frais ! Attends qu'il fasse plus frais ! lui cria le Prophète, et attends que l'ombre des collines soit égale à leur hauteur." Enfin il ajouta : "La chaleur excessive est une émanation de la Géhenne."
2. Mâlik-ben-El-Howaïrits a dit : "Deux hommes qui voulaient entreprendre un voyage vinrent trouver le Prophète. "Quand, dit celui-ci, vous serez en route, faites le premier appel à la prière, puis le second appel, et que le plus âgé de vous deux dirige la prière."
3. Mâlik a dit : "Nous allâmes trouver le Prophète, et nous étions de tout jeunes gens à peu près du même âge. Nous séjournâmes auprès de lui vingt jours et vingt nuit. L'Envoyé de Dieu était compatissant et aimable. Quand il pensa que nous avions envie --- ou : le désir --- de revoir nos familles, il nous demanda qui nous avions laissé derrière nous. Nous l'en instruisîmes et alors il nous dit : Retournez vers les vôtres ; demeurez parmi eux, instruisez-les, ordonnez leur..." --- et il parla de certaines choses que j'ai en partie retenues et en partie oubliées --- : "Priez comme vous m'avez vu prier et, lorsque viendra l'heure de la prière, que l'un de vous fasse l'appel à la prière et que le plus âgé d'entre vous la "dirige".
4. Nâfi a dit : "Par une nuit froide, tandis que nous étions à Dejnân (petite montagne à un berîd de la Mecque), Ibn-'Omar fit l'appel à la prière, puis il dit : "Priez dans vos demeures." Il nous raconta ensuite que l'Envoyé de Dieu avait ordonné au muezzin de faire l'appel à la prière et d'ajouter immédiatement après : "Priez dans vos demeures". La nuit était froide ou pluvieuse et on était en voyage."
5. Abou-Djohaïfa a dit : "J'ai vu l'Envoyé de Dieu à El-Abtah. Ce jour-là Bilâl vint le trouver, lui annonça la prière, puis emporta la pique qu'il ficha à terre devant l'Envoyé de Dieu à El-Abtah. Après cela Bilâl fit le second appel à la prière."
TITRE 10.
DE L'APPEL A LA PRIERE
CHAPITRE XIX. --- Le muezzin doit-il promener sa voix de-ci de-là. Doit-il tourner (à droite et à gauche) quand il fait l'appel à la prière. -- On rapporte que Bilâl mettait un doigt sur chacune de ses deux oreilles. -- Ibn-'Omar ne mettait pas un doigt sur chacune de ses deux oreilles. -- Ibrahîm a dit : Il n'y a aucun mal à appeler à la prière sans avoir fait ses ablutions. --'Atâ a dit : L'ablution est un devoir et une chose prescrite. --'Aïcha a dit : Le Prophète priait Dieu en tout état.
1. Abou-Djohaïfa rapporte qu'il vit Bilâl faire l'appel à la prière. "Je me mis, dit-il, à suivre la direction de sa bouche de-si de-là."
CHAPITRE XX. --- De celui qui dit : La prière nous a fait défaut. -- Ibn-Sîrîn réprouvait qu'on se servît de cette expression : "La prière nous a fait défaut" au lieu de dire : "Nous avons manqué la prière", mais l'expression employée par le Prophète est plus correcte.
1. Abou-Qatâda a dit : "Pendant que nous faisions la prière avec le Prophète on entendit un certain bouhaha ; sa prière terminée, le Prophète demanda aux auteurs de ce bruit ce qu'il y avait. "Nous nous hâtions d'arriver à la prière, répondirent-ils. --- N'agissez plus ainsi, répliqua le Prophète ; quand vous vous rendez à la prière vous devez être calmes. Faites avec les autres la partie pour laquelle vous êtes arrivés à temps. Vous compléterez ensuite la partie que vous avez manquée."
CHAPITRE XXI. --- On ne doit pas courir pour aller à la prière ; rendez-vous-y avec calme et dignité. -- Faites avec les autres la partie pour laquelle vous êtes arrivés à temps. Vous compléterez ensuite la prière que vous avez manqué.
1. D'après Abou-Horaïra, le Prophète a dit : "Lorsque vous entendrez le second appel à la prière, rendez-vous-y et soyez calmes et dignes. Ne vous hâtez pas : la partie pour laquelle vous êtes arrivés à temps vous la ferez avec les autres et vous compléterez ensuite ce que vous avez manqué.
CHAPITRE XXII. --- Les fidèles doivent se lever pour la prière au moment du second appel, dès qu'ils voient l'Imam.
1. D'après Abou-Qatâda, l'Envoyé de Dieu a dit : "Aussitôt que le deuxième appel aura été fait, attendez pour vous lever que vous me voyiez."
CHAPITRE XXIII. --- Le fidèle ne doit pas courir pour se rendre à la prière, ni se lever précipitamment pour la commencer ; qu'il se lève avec calme et dignité.
1. Selon Abou-Qatâda, l'Envoyé de Dieu a dit : "Aussitôt que le second appel aura été fait, attendez pour vous lever que vous me voyiez et soyez calmes."
CHAPITRE XXIV. --- Peut-on, quand on a un motif, sortir de la mosquée ?
1. Selon Abou-Horaïra, l'Envoyé de Dieu se rendit un jour à la mosquée après le second appel à la prière et alors que les fidèles s'étaient déjà tous placés en rangs. Il était arrivé à la place où d'ordinaire il priait et nous attendions qu'il prononçât le takbir, lorsqu'il s'en alla en disant : "Gardez vos places." Nous restâmes dans cette posture en attendant son retour et il arriva la tête dégouttant d'eau, car il était allé se laver.
CHAPITRE XXV. --- Quand l'Imam dit aux fidèles de garder leurs places jusqu'à son retour, ils doivent l'attendre.
1. Abou-Horaïra a dit : "Le second appel à la prière avait été fait, les fidèles s'étaient installés, quand l'Envoyé de Dieu entra dans la mosquée. Il s'avança, mais, comme il était en état d'impureté, il dit aux fidèles : "Restez à vos places". Il rentra chez lui, se lava, puis revint la tête encore dégouttant d'eau et il dirigea la prière."
CHAPITRE XXVI. --- Au sujet de ces paroles que dit un homme au Prophète : "Nous n'avons pas fait la prière."
1. Djâbir-ben-'Abdallah rapporte ceci : "Le jour de la bataille du Fossé, 'Omar-ben-El-Khattâb vint trouver le Prophète et lui dit : "Ô Envoyé de Dieu, par Dieu ! j'ai eu à peine le temps de faire ma prière (de l'après-midi) au moment où le soleil allait se coucher." Or cela se passait à une heure postérieure à celle où celui qui jeûne peut prendre un repas ; le Prophète dit alors : "Moi non plus, par Dieu ! je n'ai pas fait ma prière." Il descendit ensuite à Bothân où je l'accompagnai ; il y fit ses ablutions, accomplit la prère de l'après-midi bien que le soleil fût déjà couché. Après cela, il fit la prière du coucher du soleil."
CHAPITRE XXVII. --- Une affaire imprévue retient l'Imam après le second appel à la prière.
1. Anas a dit : "Le second appel à la prière était achevé et le Prophète resta néanmoins à s'entretenir en particulier avec un homme dans un coin de la mosquée. Il ne se leva pour faire la prière que quand tous les fidèles s'étaient endormis."
CHAPITRE XXVIII. --- Des conversations après que le second appel à la prière a été fait.
1. Homaïd a dit : "J'interogeai Tsâbit-El-Bonâni sur le cas d'un homme qui causerait après le second appel à la prière. Il me rapporta alors que Anas-ben-Mâlik avait dit : "Le second appel à la prière était fait quand un homme survint qui retint le Prophète après le second appel."
CHAPITRE XXIX. --- De l'obligation de la prière en commun. -- El-Hasan a dit : Si, par tendresse, la mère d'un musulman défend à son fils d'aller faire en commun la prière du soir, ce fils ne doit pas lui obéir.
1. Suivant Abou-Horaïra, l'Envoyé de Dieu dit : "Par celui qui tient ma vie entre ses mains ! j'ai songé parfois à donner l'ordre d'apporter du bois brûler, puis, quand il serait là, d'enjoindre de faire l'appel à la prière et de désigner quelqu'un pour la diriger, afin de pouvoir retourner sur mes pas et de mettre le feu aux habitations des gens (qui ne sont pas allés à la prière). Par celui qui tient ma vie entre ses mains ! si l'un de ces gens-là savait y trouver quelques os gras ou deux beaux pieds de mouton, il n'aurait garde de manquer à la prière du soir."
CHAPITRE XXX. --- Du mérite de la prière en commun. -- Quand il arrivait trop tard pour prendre part à la prière en commun, El-Aswad se rendait dans une autre mosquée. -- anas, venu tardivement dans une mosquée où l'on venait de terminer la prière, fit le premier et le second appel à la prière et recommença la prière en commun.
1. Selon Abdallah-ben-'Omar l'Envoyé de Dieu a dit : "Faites la prière en commun, elle est de vingt-sept degrés supérieure à celle faite isolément."
2. Abou-Sa'îd-El-Khodry rapporte avoir entendu le Prophète prononcer ces mots : "La prière en commun est supérieure de vingt-sept degrés à la prière faite isolément."
3. Suivant Abou-Horaïra, l'Envoyé de Dieu a dit : "La prière qu'un homme fait en commun vaut vingt-sept fois celle qu'il fait dans sa maison ou au marché. Voici comment : lorsqu'il a fait ses ablutions et qu'il les a bien faites, puis qu'il se rend à la mosquée ne sortant que dans le seul but d'y faire sa prière, il n'est pas un pas qu'il ne fasse sans que celui-ci ne l'élève d'un degré et ne lui efface un péché. Quand ensuite il prie, aussi longtemps qu'il reste en prière, les anges invoquent Dieu pour lui en disant : "Ô mon Dieu, répands sur lui tes bénédictions et sois-lui miséricordieux !" Enfin chacun de vous ne cesse d'être en prière tant qu'il attend l'heure de la prière."
CHAPITRE XXXI. --- Du mérite de la prière de l'aurore faite en commun.
1. Abou-Horaïra a dit : "J'ai entendu l'Envoyé de Dieu prononcer ces mots : "La prière de l'un de vous faite en commun surpasse de vingt-sept fois la prière faite isolément. Les anges de la nuit et ceux du jour s'assemblent lors de la prière de l'aurore."
Abou-Horaïra ajoutait : "Si vous le voulez, récitez du Coran, car la récitation du Coran à l'aurore a de (nombreux) témoins." (Sourate XVII, verset 80).
Suivant Abdallah-ben-'Omar, le Prophète aurait dit : "Elle la surpasse de vingt-sept fois."
2. Omm-Ed-Derdâ disait : "Abou-'d-Derdâ entra chez moi tout en colère. "Qu'est-ce qui t'a irrité ? lui demandai-je. --- Par Dieu ! me répondit-il, c'est que je vois que des prescriptions de Mohamed on n'a gardé qu'une seule chose, faire la prière en commun."
3. D'après Abou-Mousa, le Prophète a dit : "Ceux des fidèles qui, pour la prière, recevront la plus grande récompense, seront ceux qui seront les plus éloignés, c'est-à-dire ceux qui auront la marche la plus longue à faire (pour aller à la mosquée). Celui qui attend, pour sa prière, le moment de la faire en même temps que l'imam, aura une récompense plus belle que celui qui prie (seul) et se couche ensuite."
CHAPITRE XXXII. --- Du mérite de la hâte à faire de midi.
1. D'après Abou-Horaïra, l'Envoyé de Dieu a dit : "Un homme qui, sur sa route, trouve une branche d'épines et l'écarte de son chemin, Dieu lui en saura gré et lui pardonnera ses péchés."
Puis le Prophète ajouta : "On est martyr dans cinq circonstances : quand on meurt de la peste ; quand on succombe à des coliques (le mot doit s'entendre de toutes les maladies des entrailles : dysenterie, coliques, et vraisemblablement choléra.) ; quand on se noie ; quand on périt dans un éboulement et quand on est tué en combattant dans la voie de Dieu."
Le Prophète dit encore : Si les fidèles savaient ce qu'il y aura pour ceux qui font l'appel à la prière et qui occupent le premier rang à l'office, et qu'ils n'aient d'autre moyen d'arriver à ces deux choses que de tirer au sort, ils tireraient sûrement au sort. S'ils savaient ce qu'il y aura pour celui qui se hâtera pour faire la prière, ils y courraient à l'envi. S'ils savaient ce qu'il y aura pour celui qui fait les prières du soir et du matin, ils n'y manqueraient point, dussent-ils y aller à quatre pattes."
CHAPITRE XXXIII. --- Du compte qui sera tenu des pas.
1. D'après Anas-ben-Mâlik, l'Envoyé de Dieu a dit : "Ô Benou-Salima, ne sera-t-il donc pas tenu compte de vos pas ?"
Modjâhid dit que dans ces mots du Coran : "Nous inscrivons ce qu'ils ont accompli et les traces qu'ils laissent" (sourate XXXVI, verset 11), le mot trace signifie empreinte de pas.
2. Anas rapporte que les Benou-Salima voulaient changer de place leurs demeures pour s'établir près du Prophète. L'Envoyé de Dieu, trouvant mauvais qu'ils fissent le vide (aux alentours) de Médine, dit à ces Benou-Salima : "Ne vous sera-t-il donc pas tenu compte de vos pas ?"
Par ce mot pas, di Mohjâhid, il faut entendre les traces que leurs pieds laissaient sur le sol.
CHAPITRE XXXIV. --- Du mérite de la prière du soir faite en commun.
1. Selon Abou-Horaïra, le Prophète a dit : "Il n'y a pas de prières plus pénibles que celles de l'aurore et du soir pour les hypocrites. S'ils savaient ce qu'il y aurait pour eux dans ces deux prières, il s'y rendraient, dussent-ils pour cela marcher à quatre pattes. Parfois j'ai songé à ordonner au muezzin de faire le second appel à la prière, puis d'enjoindre à un homme de diriger la prière des fidèles, et ensuite moi de prendre une torche enflammée et de mettre le feu aux demeures de ceux qui, après l'appel, ne se seraient point rendus à la prière."
CHAPITRE XXXV. --- On est en commun quand on est deux et plus de deux.
1. Selon Mâlik-ben-El-Howaïrits, le Prophète a dit : "Lorsque l'heure de la prière sera venue, faites tous deux le premier et le second appel à la prière, et qu'ensuite le plus âgé de vous deux préside la prière."
CHAPITRE XXXVI. --- De celui qui s'assoit à la mosquée en attendant l'heure de la prière (en commun). De l'excellence des mosquées.
1. D'après Abou-Horaïra, l'Envoyé de Dieu a dit : "Les anges prient sur l'un de vous tant qu'il reste à l'endroit où il fait sa prière et qu'il ne lui survient aucune impureté accidentelle. Ces anges disent : "Ô mon Dieu, pardonne-lui, sois-lui miséricordieux !" Un fidèle ne cesse d'être en état de prière tant que la prière qu'il a à faire le retient à la mosquée et qu'aucune autre raison ne l'empêche de retourner chez les siens."
2. Abou-Horaïra rapporte que le Prophète a dit : "Il y a sept sortes de personnes que Dieu protègera de son ombre le jour où il n'y aura plus d'autre ombre que la sienne : l'imam (il s'agit ici du prince ou khalife et non du fidèle qui dirige la prière.) juste ; l'adolescent qui a grandi dans l'adoration du Seigneur ; l'homme dont le coeur est attaché aux mosquées ; le couple d'hommes qui s'aiment en Dieu d'une affection réciproque, s'unissent à cause de lui et se séparent pour lui ; celui qui, sollicité par une femme de haut rang et belle, lui répond : "Je crains Dieu" ; celui qui fait l'aumône de façon si discrète que sa main gauche ne sait pas ce que donne sa main droite ; enfin celui qui, dans la solitude, loue Dieu au point qu'il fond en larmes."
3. Homaid a dit : "Comme on demandait à Anas si le Prophète se servait d'un anneau, il répondit : "Oui, une fois il avait retardé la prière du soir jusqu'au milieu de la nuit. Alors, après avoir prié, il se tourna vers nous et dit : D'autres ont fait leur prière et se sont couchés, mais vous vous n'avez pas cessé d'être en prière tout le temps que vous avez attendu l'heure de la prière." Il me semble encore, ajoute Anas, voir briller son anneau."
CHAPITRE XXXVII. --- Du mérite de celui qui va matin et soir à la mosquée.
1. Selon Abou-Horaïra, le Prophète a dit : "Celui qui va matin et soir à la mosquée, Dieu lui réservera au Paradis une station pour chaque fois qu'il y aura été matin et soir."
CHAPITRE XXXVIII. --- Quand le second appel est fait on ne peut plus faire d'autre prière que la prière canonique.
1. Suivant divers isnâd, Hafs-ben-'Âsim rapporte que l'Envoyé de Dieu vit un homme qui, le second appel à la prière terminé, pria deux rika' (surérogatoire). Quand l'Envoyé de Dieu eut achevé de prier, les fidèles l'entourèrent, et alors il dit à l'homme : "La prière du matin a-t-elle donc quatre rika' ? La prière du matin a-t-elle donc quatre rika' ?"
CHAPITRE XXXIX. --- Limite à laquelle le malade assiste à la prière.
1. El-Aswad rapporte ce qui suit : "Nous étions chez 'Aïcha parlant du zèle qu'on doit apporter à la prière, du respect qui lui est dû, quand 'Aïcha nous dit : "Au cours de la maladie qui emporta le Prophète, l'heure étant venue on fit l'appel à la prière : "Qu'on donne l'ordre à Abou-Bakr de diriger la prière des fidèles, s'écria-t-il." Quelqu'un fit l'observation suivante au Prophète : "Abou-Bakr est un homme sensible ; quand il se tiendra à ta place il ne pourra pas diriger la prière des fidèles." Le Prophète, là-dessus, réitéra son ordre ; on lui renouvela l'objection. Alors, répétant son ordre pour la troisième fois, il dit : "En vérité, vous êtes comme les dames égyptiennes (cf : sourate XII du Coran) de Joseph, allez dire à Abou-Bakr qu'il dirige la prière des fidèles !" Abou-Bakr se rendit donc à la mosquée et dirigea la prière. Le Prophète, se trouvant légèrement mieux, se rendit à ce moment à la mosquée en marchant appuyé sur deux hommes. Il me semble encore le voir traînant à terre ses deux pieds tant il souffrait. Abou-Bakr voulait se retirer, mais le Prophète lui fit signe de rester à sa place. On amena le Prophète jusqu'à Abou-Bakr et il s'assit à côté de ce dernier."
Comme on demandait à El-A'mach si Abou-Bakr suivait la prière du Prophète tandis que les fidèles suivaient celle d'Abou-Bakr, El-A'mach fit signe de la tête que : oui.
Mo'$awiya ajouta que le Prophète s'assit à la gauche de Abou-Bakr et qu'Abou-Bakr pria debout.
2. D'après 'Obaïd-Allah-ben-'Abdallah, 'Aïcha a dit : "Le Prophète se sentit lourd et ses souffrances devinrent fort vives ; il demanda alors à ses femmes l'autorisation de passer le temps de sa maladie dans ma chambre. Elles lui en donnèrent l'autorisation. Il vint traînant ses pieds sur le sol et soutenu par deux hommes : Ibn-'Abbâs et un autre individu."
"Comme, dit 'Obaïd-Allah, je rappelais à Ibn-'Abbâs ce qu'avait raconté 'Aïcha, il me dit : "Sais-tu qui était l'individu que 'Aïcha n'a pas nommé ? --- Non, lui répondis-je. --- C'était, reprit-il, 'Ali-ben-Abou-Tâlib."
CHAPITRE XL. --- De la tolérance accordée de faire la prière chez soi en cas de pluie ou pour un motif (sérieux).
1. Nâfi rapporte que Ibn-'Omar fit l'appel à la prière par une nuit froide et venteuse, et qu'il ajouta : "Eh ! bien, faites la prière chez vous." Quand la nuit était froide et pluvieuse, disait Ibn-'Omar, l'Envoyé de Dieu donnait l'ordre au muezzin de dire : "Eh ! bien, priez chez vous."
2. Mahmoud-ben-Er-Rabi'-El-Ansâri rapporte ce qui suit : "'Itbân-ben-Mâlik, qui dirigeait la prière de ses contribules, était aveugle. Un jour il dit à l'Envoyé de Dieu : "Ô Envoyé de Dieu, il y a l'obscurité et le torrent, et je suis privé de la vue. Viens donc prier dans ma demeure à un endroit dont je me servirai ensuite comme oratoire." L'Envoyé de Dieu se rendit alors chez lui et lui dit : "Où veux-tu que je prie ? 'Itbân lui indiqua un endroit de la maison où l'Envoyé de Dieu fit la prière."
CHAPITRE XLI. --- L'Imam doit-il faire la prière quel que soit le nombre des personnes présentes et le prédicateur doit-il faire le prône le vendredi quand il pleut.
1. 'Abdallah-ben-El-Hârits a dit : "Un jour qu'il y avait une boue épaisse, Ibn-'Abbâs fit le prône. Il donna l'ordre au muezzin, quand il serait arrivé à ces mots : "Venez à la prière.", d'ajouter : "Faites la prière dans vos demeures." Comme les fidèles se regardaient les uns les autres pour manifester en quelque sorte leur réprobation, Ibn-'Abbâs leur dit : "On dirait que vous blâmez ce que je viens de faire et pourtant un autre qui valait mieux que moi --- et il entendait par là l'Envoyé de Dieu --- a déjà agi ainsi. La prière en commun est certes un devoir strict, mais je répugne à vous imposer un désagrément."
Suivant un autre isnâd, Ibn-'Abbâs aurait dit : "Je répugne à vous infliger le désagrément de venir en enfonçant dans la boue jusqu'aux genoux."
2. Abou-Salama rapporte ceci : "Comme j'interrogeai Abou-Sa'îd-El-Khodri, il me répondit : "Un nuage étant survenu, la pluie tomba et fut si forte qu'elle coula à travers le toit de la mosquée, toit qui était en branches de palmier. Le deuxième appel à la prière terminé, je vis l'Envoyé de Dieu se prosterner dans l'eau et dans la boue si bien que j'aperçus des traces de boue sur son front."
3. Anas-ben-Sîrîn rapporte qu'il entendit Anas-ben-Mâlik raconter ce qui suit : "Un jour un homme des Ansâr dit au Prophète : "Il m'est impossible d'aller faire la prière avec toi." Cet homme, était très corpulent. Il prépara un repas pour le PRophète, l'invita à venir dans sa demeure et fit étendre à son intention une natte dont il aspergea les bords. Le Prophète pria deux rika' sur cette natte."
Un homme des gens de Djâroud ayant alors demandé à Anas si le Prophète faisait la prière du milieu de la matinée, Anas répondit : "Je ne lui ai vu faire cette prière que ce jour-là."
CHAPITRE XLII. --- De repas servi au moment où on fait le second appel à la prière. -- Ibn-'Omar mangeait tout d'abord. -- Abou-'d-Derdâ disait qu'il est bon qu'un homme donne satisfaction à ses besoins avant d'aborder la prière afin d'avoir l'esprit dégagé de toute préoccupation.
1. D'après 'Aïcha, le Prophète a dit : "Quand le souper est servi et que vous entendez le second appel à la prière, commencez par souper."
2. Selon Anas-ben-Mâlik, l'Envoyé de Dieu a dit : "Quand le souper est servi, commencez par le manger avant de procéder à la prière du coucher du soleil, et ne vous pressez pas pour faire ce repas."
3. D'après Ibn-'Omar, l'Envoyé de Dieu a dit : "Quand le souper de l'un de vous est servi et que l'on fait le second appel à la prière, commencez par manger et ne mettez aucune hâte à terminer votre repas."
Quand on servait le repas à Ibn-'Omar, au moment où l'on faisait le second appel à la prière, il n'allait prier qu'après avoir achevé de manger, bien qu'il entendit l'imam réciter la prière.
Ibn-'Omar, suivant un autre isnâd, rapporte que le Prophète a dit : "Quand l'un de vous est en train de manger, qu'il ne se presse point tant qu'il n'aura pas satisfait son appétit et cela même si le second appel à la prière a été fait."
CHAPITRE XLIII. --- De l'imam appelé à la prière au moment où il est en train de manger.
1. 'Amr-ben-Omayya rapporte ceci : "J'ai vu l'Envoyé de Dieu occupé à manger une épaule de mouton qu'il dépeçait quand on fit l'appel à la prière. Il se leva aussitôt, jeta son couteau, et fit la prière sans procéder à ses ablutions."
CHAPITRE LXIV. --- De celui qui, entendant le second appel à la prière au moment où il est occupé à des soins domestiques, se rend à la mosquée.
1. El-Aswad demanda à 'Aïcha à quoi s'occupait le Prophète dans sa demeure. Celle-ci répondit : "Il semblait être en domesticité chez les siens --- elle entendait par là qu'il leur rendait des services domestiques ; --- mais, dès que venait l'heure de la prière, il partait pour aller la faire."
CHAPITRE XLV. --- De celui qui dirige les fidèles à la prière dans le seul but de leur enseigner comment le Prophète la faisait.
1. Abou-Qilâba a dit : "Mâlik-ben-El-Howaïrits vint un jour nous trouver dans cette mosquée-ci (la mosquée de Bassora). "Je vais, dit-il, vous diriger dans une prière ; ce n'est pas une véritable prière que je désire faire, mais je vais prier comme j'ai vu le Prophète le faire. --- Et comment priait-il donc ? demanda Ayyoub. --- Comme notre cheikh que voici, répondit-il." Or ce vieillard, avant de se lever, durant la première rika', s'asseyait lorsqu'il levait la tête après la prosternation."
CHAPITRE XLVI. --- Les gens de science et de mérite ont plus de droit que tout autre à diriger la prière.
1. Abou-Mousa rapporte ceci : "Le Prophète tomba malade et son s'aggrave. "Qu'on donne, s'écria-t-il alors, l'ordre à Abou-Bakr de diriger les fidèles à la prière. --- Mon père, fit observer 'Aïcha, est un homme sensible ; quand il se tiendra à ta place il sera incapable de diriger les fidèles à la prière. --- Donne l'ordre à Abou-Bakr de diriger les fidèles à la prière reprit-il." Et comme 'Aïcha répétait son objection, il lui dit de nouveau : "Donne l'ordre à Abou-Bakr de diriger les fidèles à la prière. Vraiment vous êtes comme les dames égyptiennes avec Joseph !" Un messager alla trouver Abou-Bakr qui dirigea ainsi les fidèles à la prière du vivant du Prophète."
2. 'Aïcha, la mère des Croyants, a dit : "Au cours de sa maladie, l'Envoyé de Dieu prononça ces paroles : "Donnez l'ordre à Abou-Bakr de diriger les fidèles à la prière. --- Abou-Bakr, fis-je observer, quand il sera à ta place ne se fera pas entendre des fidèles tant il pleurera. Donne donc à 'Omar l'ordre de diriger la prière des fidèles. --- Je priai alors Hafsa de dire au Prophète : "Si Abou-Bakr se tient à ta place, il pleurera tant qu'il ne se fera pas entendre des fidèles ; donne donc l'ordre à 'Omar de diriger la prière des fidèles." Hafsa ayant fait ce que je lui avias demandé, l'Envoyé de Dieu s'écria : "Silence ! vous êtes donc comme les dames égyptiennes avec Joseph ! qu'on donne l'ordre à Abou-Bakr de diriger les fidèles à la prière. --- Ah ! me dit Hafsa, jamais tu ne m'as fait arriver quelque chose de bien !"
3. Anas-ben-Mâlik, qui avait suivi le Prophète, avait été son serviteur et son compagnon, a rapporté ce qui suit : "Abou-Bakr dirigeait la prière des fidèles durant la maladie à la suite de laquelle le Prophète mourut. Le lundi, pendant que les fidèles étaient rangés pour la prière, le Prophète souleva le store de sa chambre et tourna ses regards vers nous. Il était debout, son visage semblait une feuille de parchemin et il souriait. Nous fûmes si émus de la joie de le voir que nous faillîmes nous lever en désordre. Abou-Bakr se mit à s'éloigner à reculons pour rentrer dans le rang, pensant que le Prophète allait venir diriger lui-même la prière. Mais, d'un geste, le Prophète nous fit signe d'achever la prière et il laissa ensuite retomber le store. Le même jour il mourut."
4. Anas a dit : "Durant trois jours le Prophète ne sortit pas de chez lui. Puis, comme on venait de faire le second appel à la prière, Abou-Bakr s'avança pour la présider. A ce moment, le Prophète donna l'ordre de soulever le store (de sa chambre) et alors son visage nous apparut. Jamais spectacle plus admirable ne s'offrit à notre vue que celui de l'apparition du visage du Prophète. Il fit signe de la main à Abou-Bakr pour qu'il dirigeât la prière, puis il laissa retomber le store. Il ne nous fut plus ensuite donné de le voir avant sa mort."
5. 'Abdallah-ben-'Omar rapporte ce qui suit : "Lorsque la maladie de l'Envoyé de Dieu fut devenue grave, on lui parla au sujet de la prière. "Donnez, répondit-il, l'ordre à Abou-Bakr de diriger la prière. --- Mais, dit 'Aïcha, Abou-Bakr est un homme sensible, quand il récitera la prière les larmes le suffoqueront. --- Allez lui enjoindre de faire la prière, répéta-t-il". Et comme 'Aïcha renouvelait son observation, il s'écria de nouveau : "Allez lui enjoindre de faire la prière. Vous êtes donc comme les dames égyptiennes avec Joseph."