Sahih El Boukhâri :TITRE 10 DE L'APPEL A LA PRIERE PAGE2
TITRE 10.
DE L'APPEL A LA PRIERE
CHAPITRE XLVII. --- De celui qui se tient à côté de celui qui dirige la prière lorsque celui-ci est malade.
1. D'après Orwa, 'Aïcha a dit : "Au cours de sa maladie, l'Envoyé de Dieu enjoignit à Abou-Bakr de présider les fidèles à la prière. Abou-Bakr se conforma à cette injonction. Or, ajoute Orwa, l'Envoyé de Dieu, éprouvant un léger mieux, se rendit à la mosquée au moment où Abou-Bakr voulut lui céder sa place ; mais le Prophète lui fit signe de rester comme il était. L'Envoyé de Dieu s'assit alors sur la même ligne que Abou-Bakr et à son côté, Abou-Bakr suivant la prière du Prophète, tandis que les fidèles suivaient celle d'Abou-Bakr."
CHAPITRE XLVIII. --- Quand quelqu'un préside les fidèles à la prière et qu'il survient celui qui la présidait précédemment, que ce dernier se retire ou non, la prière est valable. -- C'est ce qu'a rapporté 'Aïcha d'après le Prophète.
1. D'après Sahl-ben-Sa'd-Es-Sâ'idi, l'Envoyé de Dieu était allée chez les Benou-'Amr-ben-'Auf pour rétablir la paix parmi eux. Comme l'heure de la prière était arrivée, le muezzin vint trouver Abou-Bakr et lui dit : "Veux-tu présider la prière et alors je ferai le second appel. --- Oui", répondit-il. Abou-Bakr présida donc la prière, mais, au milieu de la cérémonie, l'Envoyé de Dieu arriva à la mosquée. Il se fraya un passage à travers les fidèles et s'arrêta au premier rang dans lequel il prit place. Les fidèles applaudirent des mains, mais Abou-Bakr ne se retourna pas et continua sa prière. Puis, comme les fidèles faisaient plus de bruit, il se retourna et aperçut le Prophète. Celui-ci lui fit signe de demeurer en place. Abou-Bakr éleva les mains et loua Dieu de l'ordre que venait de lui donner l'Envoyé de Dieu en cette circonstance. Après cela, il se retira et alla prendre place dans le premier rang des fidèles. Alors l'Envoyé de Dieu s'avança, fit la prière et quand elle fut achevée il dit : "Ô Abou-Bakr, qu'est-ce donc qui t'as empêché de rester à ta place puisque je t'en avais donné l'ordre ? --- C'est, répondit Abou-Bakr, qu'il n'appartenait pas au fils de Qohâfa de prier en avant de l'Envoyé de Dieu."
Puis, s'adressant aux fidèles, l'Envoyé de Dieu dit : "Pourquoi donc avez-vous applaudi des mains si bruyamment ? Celui d'entre vous qui, étant en prière, éprouve quelque émotion doit dire : "Gloire à Dieu !" et lorsqu'il aura prononcé ces mots on se tournera vers lui. Les applaudissements avec les mains ne conviennent qu'aux femmes."
CHAPITRE XLIX. --- Quand les fidèles sont égaux en instruction religieuse, c'est le plus âgé qui doit présider la prière.
1. Mâlik-ben-El-Howaïrits a dit : "Nous nous rendîmes auprès du Prophète alors que nous étions encore des adolescents et nous y séjournâmes environ vingt jours. Le Prophète, plein de mansuétude, nous dit ensuite : "Si vous retourniez maintenant dans votre pays afin d'enseigner la foi nouvelle à vos contribules ? Ordonner-leur alors de faire telle prière à tel moment. Quand l'heure de la prière viendra, l'un de vous fera l'appel à la prière et le plus âgé la présidera."
CHAPITRE L. --- Quand l'imam est en visite chez quelqu'un, c'est lui qui préside la prière.
1. 'Itbân-ben-Mâlik-El-Ansâri a dit : "Le Prophète me demanda la permission d'entrer. Je la lui donnai et alors il me dit : En quel endroit de ta maison veux-tu que je fasse la prière ?" Je lui indiquai l'endroit que je désirais. Il pria pendant que nous étions rangés derrière lui, puis il fit la salutation finale et nous l'imitâmes."
CHAPITRE LI. --- L'imam n'a été institué que pour qu'on l'imitât. -- Durant la maladie qui occasionna sa mort, le Prophète présida la prière tout en restant assis. -- Ibn-Mas'oud a dit : "Celui qui relève la tête avant l'imam, la baissera et restera ainsi autant de temps qu'il a eu la tête relevée avant lui. Ensuite, il imitera de nouveau l'imam." -- El-Hasan a dit : "Celui qui a prié deux rika' avec l'imam, mais qui n'a pas pu se prosterner, se prosternera deux fois lors de la dernière rika'. Ensuite, il refera la première rika' avec sa prosternation. Quiconque se lève ayant oublié de faire une prosternation devra la refaire."
1. 'Obaïd-Allah-ben-'Abdallah-ben-'Otba a dit : "J'entrai chez 'Aïcha et lui dis : "Ne voudrais-tu pas me parler de la maladie du Prophète ? --- Si, vraiment", répondit-elle. Elle commença alors en ces termes : L'état du Prophète s'était aggravé ; il demanda si les fidèles avaient fait la prière. "Non, lui répondîmes-nous, les fidèles t'attendent, ô Envoyé de Dieu. --- Qu'on mette de l'eau dans l'auge", s'écria-t-il. Nous en mîmes ; il se lava et voulut ensuite se lever, mais il tomba évanoui. Revenu à lui, il demanda de nouveau si les fidèles avaient fait la prière. "Non, lui répondîmes-nous, ils attendent l'Envoyé de Dieu." Il prescrivit de mettre de l'eau dans l'auge ; il se lava, essaya de se lever et retomba évanoui. Ayant ensuite repris ses sens, il demanda encore : "Les fidèles ont-ils fait la prière ? --- Non, répliquâmes-nous, il t'attendent, ô Envoyé de Dieu : réunis et receuillis, ils sont dans la mosquée et attendent le Prophète envoyé chercher Abou-Bakr pour présider la prière. Le messager alla le trouver et lui dit : "L'Envoyé de Dieu t'enjoint de présider la prière des fidèles." Abou-Bakr, qui était d'une nature très sensible. --- Non, répartit 'Omar, toi tu es plus digne que qui que ce soit à faire cet office."
"Abou-Bakr présida donc la prière durant quelques jours. Puis, le Prophète, sentant un léger mieux, sortit de chez lui, appuyé sur deux personnes, dont l'une était El-'Abbâs, et se rendit à la prière de midi que Abou-Bakr présidait. A la vue du Prophète, Abou-Bakr fit mine de se retirer, mais, d'un geste, l'Envoyé de Dieu lui enjoignit de n'en rien faire et, s'adressant aux deux personnes qui le soutenaient, il dit : "Faites-moi asseoir à côté de Abou-Bakr" ; on déféra à cet ordre, puis, Abou-Bakr accomplit la prière en suivant celle du Prophète, tandis que les fidèles suivaient la sienne. Durant ce temps, le Prophète demeura assis."
'Obaïd-Allah ajoute : "Un jour que j'entrai chez 'Abdallah-ben-'Abbâs, je lui dis : "Te plairait-il d'entendre ce que 'Aïcha m'a raconté au sujet de la maladie du Prophète ? --- Certes oui, me répondit-il, répète-le moi." Quand j'eus achevé mon récit, il n'y trouva rien à reprendre. Toutefois, il m'adressa cette question : 'Aïcha t'a-t-elle nommé le personnage qui était avec El-'Abbâs ? --- Non, répondis-je. --- Eh bien, reprit-il, c'était 'Ali-ben-Abou-Tâlib."
2. 'Aïcha, la mère des Croyants, a dit : "L'Envoyé de Dieu étant souffrant fit la prière dans sa chambre en restant assis. Les quelques fidèles qui priaient derrière lui se tenaient debout, mais il leur fit signe de s'asseoir. La prière terminée, il dit : "L'imam n'a été institué que pour qu'on l'imitât. Quand il s'incline, inclinez-vous ; s'il lève la tête, relevez-la et lorsqu'il dit : "Dieu écoute ceux qui me louent", dites "Seigneur, à toi la louange." Enfin, quand l'imam prie assis, priez assis également.
3. Selon Anas-ben-Mâlik, l'Envoyé de Dieu étant monté à cheval fit une chute et eut le côté droit écorché. A la suite de cet accident, il fit une des prières en restant assis et nous priâmes derrière lui tout en restant assis également. La prière terminée, il dit : "L'imam n'a été institué que pour qu'on l'imitât. Quand il prie debout, priez debout ; s'il s'incline, inclinez-vous ; quand il lève la tête, relevez-la, et lorsqu'il dit : "Dieu écoute ceux qui le louent", dites : "Seigneur à toi la louange." Enfin, quand l'imam prie assis, priez assis également."
El-Bokhâri ajoute à ce sujet : "El-Homaïdi prétend que cette dernière prescription a été abrogée. Ces paroles du Prophète : "Enfin, quand l'imam prie assis, priez assis également", furent prononcées pendant sa première maladie. Dans la suite, le Prophète fit la prière assis alors que les fidèles derrière lui restaient debout sans qu'il leur enjoignit de s'asseoir. Quand il s'agit des actes du Prophète, c'est la dernière façon dont il l'a accomplie qui est la règle ; or, au cours de la maladie à laquelle il succomba, le Prophète priait bien assis, mais les fidèles derrière lui se tenaient debout."
CHAPITRE LII. --- Quand doit se prosterner celui qui est derrière l'imam. -- Anas a dit : "Quand il se prosterne, prosternez-vous."
1. El-Barâ, qui n'était pas un menteur, a dit : "Lorsque l'Envoyé de Dieu avait dit : "Dieu écoute ceux qui le louent", personne parmi nous ne courbait l'échine jusqu'à ce que le Prophète se fût prosterné. Alors seulement nous nous prosternions."
CHAPITRE LIII. --- Du péché commis par celui qui relève la tête avant l'imam.
1. Selon Abou-Horaïra, le Prophète a dit : "Ne craint-il pas, celui de vous qui relève la tête avant l'imam, que Dieu change sa tête en une tête d'âne ou son corps entier en un corps d'âne ?"
CHAPITRE LIV. --- De la direction de la prière par un esclave et un affranchi. -- Dzakouân, esclave d'Aïcha, dirigeait la prière de sa maîtresse parce qu'il savait le Coran. -- Le fils d'une prostituée, le nomade, l'enfant encore impubère peuvent diriger la prière en vertu de ces paroles du Prophète : "Celui-là dirigera votre prière qui a le plus appris le Coran." -- A moins de motif urgent, l'esclave ne sera pas empêché d'assister à la prière en commun.
1. 'Abdallah-ben-'Omar a dit : "Lorsque les premiers mohâdjir arrivèrent à El-'Osba, endroit situé à Qobâ, avant que le Prophète se fût rendu à Médine, celui qui dirigeait leur prière était Sâlim, affranchi de Abou-Hodzaïfa, parce qu'il savait plus de Coran que les autres."
2. D'après Anas-ben-Mâlik, le Prophète a dit : "Ecoutez et obéissez, même si celui qui vous a été donné pour chef est un Abyssin dont la tête semble un paquet de raisins secs."
CHAPITRE LV. --- Lorsque l'imam n'a pas fini sa prière, alors que les fidèles derrière lui l'ont achevée.
1. D'après Abou-Horaïra, l'Envoyé de Dieu a dit : "Les imams prient pour vous ; si leurs prières sont correctes, elles vous profitent ; si elles sont défectueuses, elles vous profitent encore, mais elles tournent contre eux."
CHAPITRE LVI. --- Du cas où un aliéné ou un novateur (les deux mots de texte arabe n'ont pas d'équivalents précis en français. Le premier signifie tout homme, dont la raison est ébranlée par une perte d'argent ou quelque malheur, aussi bien qu'un aliéné proprement dit ; le second désigne celui qui imagine un rite nouveau en contradiction avec ceux prescrits par le Coran, la Sunnah ou l'Idjima' ou qui simplement en diffère.) dirigent la prière. -- El-Hasan a dit : "Faites quand même la prière, le novateur sera responsable de son innovation." -- 'Obaïd-Allah-ben-'Adi-ben-El-Khiyâr rapporte qu'il entra chez 'Otsmân-ben-'Affân pendant qu'il était assiégé (dans sa demeure) et lui dit : "Comment, tu es l'imâm de tout un peuple et il t'arrive ce que tu vois ! Et c'est un imam de révolte qui préside notre prière et nous sommes en danger de pécher !" "La prière, répondit 'Otsmân, est la plus belle chose que les hommes font ; si les hommes sont bons, sois bon comme eux ; s'ils sont pervers, abstiens-toi de leurs perversités." -- Ez-Zohri a dit : "Nous n'estimons pas qu'il faille prier derrière un giton, à moins que ce ne soit par nécessité et qu'il le faille absolument."
1.Selon Anas-ben-Mâlik, le Prophète a dit à Abou-Dzarr : "Ecoute et obéis, même si celui qui commande est un Abyssin dont la tête ressemble à un paquet de raisons secs."
CHAPITRE LVII. --- Quand on n'est que deux, le fidèle se place sur le même rang que l'imam et à son côté droit.
1. Ibn-'Abbâs a dit : "Je passai la nuit dans la maison de ma tante maternelle Maïmouna. L'Envoyé de Dieu fit (à la mosquée) la prière du soir, puis il vint chez Maïmouna, pria quatre rika' et se coucha. Ensuite, il se leva ; je me levai aussi et allai me placer à sa gauche, mais il me fit mettre à sa droite. Il pria cinq rika', puis deux autres rika' et s'endormit à tel point que je l'entendit ronfler. Plus tard, il se rendit à la mosquée pour la prière."
CHAPITRE LVIII. --- Lorsqu'un fidèle se tient à la gauche de l'imam et que celui-ci le fait passer à sa droite, la prière de ces deux personnes ne se trouve pas viciée de ce fait.
1. Ibn-'Abbâs a dit : "Je passai la nuit chez ma tante maternelle Maïmouna au moment où le Prophète y passait également la nuit. Le Prophète ayant fait ses ablutions se leva pour prier. Je me levai et me tins à sa gauche, mais il me tira pour me placer à sa droite. Il pria treize rika', puis il s'endormit si bien qu'il ronfla, car quand il dormait, il ronflait. Ensuite, le muezzin étant venu, il alla à la mosquée et pria sans faire d'ablutions."
CHAPITRE LIX. --- Quand l'imam se rend chez des gens sans avoir l'intention de présider la prière et qu'il la préside.
1. Ibn-'Abbâs a dit : "Comme je passai la nuit chez ma tante maternelle Maïmouna, le Prophète se leva pendant la nuit et fit la prière. Je me levai pour prier avec lui et me plaçai à sa gauche ; il me prit par la tête et me fit passer à sa droite."
CHAPITRE LX. --- Quand l'imam prolonge la prière et qu'un fidèle, ayant affaire, sort après avoir terminé seul sa prière.
1. Djâbir-ben-'Abdallah rapporte que Mo'âdz-ben-Djabal faisait la prière avec le Prophète et qu'ensuite il rentrait chez lui diriger la prière des siens.
Suivant un autre isnâd, Mo'âdz-ben-Djabal fit la prière avec le Prophète et, ensuite, il rentra chez lui diriger la prière des siens. Or c'était la prière du soir et Mo'âdz récita la sourate de la Vache. Un homme, qui se trouvait là, partit (avant la fin de la prière) et Mo'âdz le couvrit d'injures. Le Prophète, ayant appris la chose, dit par trois fois, en parlant de Mo'âdz : "C'est un perturbateur ; c'est un perturbateur ; c'est un perturbateur." Et il lui ordonna (dorénavant) de réciter deux sourates du Coran parmi celles qui sont dites "mofassal" (on donne ce nom aux dernières sourates du Coran à partir de la quarante-neuvième ; elles sont beaucoup plus courtes que les autres). 'Amr, qui rapporte ce récit, ajoute : "Je ne me souviens plus du titre de ces deux sourates."
CHAPITRE LVI. --- L'imam doit alléger la durée des stations tout en faisant intégralement les inclinations et les prosternations.
1. Abou-Mas'oud rapporte qu'un homme dit : "Par Dieu ! Ô Envoyé de Dieu, je vais sûrement m'abstenir de la prière du matin à cause de un tel qui la fait durer trop longtemps". Jamais, dans aucune de ses admonitions, je n'ai vu l'Envoyé de Dieu se mettre dans une aussi violente colère que ce jour-là. "Alors, s'écria-t-il, il en est donc parmi vous qui veulent faire fuir les fidèles ! Quel que soit celui d'entre vous qui dirigera la prière des fidèles, qu'il la fasse courte ; car, parmi les fidèles, il en est de faibles, d'âgés ou ayant affaire."
CHAPITRE LXII. --- Celui qui prie pour son propre compte peut allonger sa prière autant qu'il le veut.
1. D'après Abou-Horaïra, l'Envoyé de Dieu a dit : "Quand l'un de vous dirige la prière des fidèles, qu'il la fasse courte, car il est des fidèles qui sont faibles, malades ou âgés. S'il prie pour son propre compte, qu'il l'allonge autant qu'il le voudra."
CHAPITRE LXIII. --- De celui qui se plaint que son imam prolonge la prière. -- Abou-Osaïd a dit : "Ô mon cher enfant, tu as trop prolongé notre prière."
1. D'après Abou-Mas'oud, un homme dit : "Ô Envoyé e Dieu, je vais sûrement m'abstenir de la prière de l'aurore à cause d'un tel qui la fait durer trop longtemps." L'Envoyé de Dieu entra en colère et jamais, dans une aucune de ses admonitions, je ne l'ai vu plus irrité que ce jour-là. "Ô fidèles, s'écria-t-il, il en est donc parmi vous qui veulent faire fuir les fidèles ! Celui qui préside à la prière des fidèles doit être bref, car il a derrière lui des gens faibles, âgés ou ayant affaire.
2. Djâbir-ben-'Abdallah-El-Ansâri a dit : "Un homme arriva avec deux chameaux employés à l'irrigation, alors qu'il faisait déjà nuit et au moment où Mo'âdz dirigeait la prière. L'homme laissa ses chameaux et alla rejoindre Mo'âdz ; mais celui-ci ayant commencé à réciter la sourate de la "Vache" ou celles des "femmes", l'homme partit. Ayant appris que Mo'âdz avait tenu à son égard des propos injurieux, l'homme alla trouver le Prophète et s'en plaignit à lui. Alors le Prophète s'écria par trois fois : "Ô Mo'âdz, tu es donc un perturbateur, toi ! Pourquoi n'as-tu pas simplement récité dans ta prière les passages suivant du Coran : "Célèbre le nom de ton Seigneur, le Très-Haut" (sourate LXXXVII, verset 1) ou : J'en jure par le soleil et sa clarté..." (sourate LCI, verset 1et 2)". Certes tu as derrière toi des hommes âgés, des gens faibles ou ayant affaire."
Je crois, ajoute Cho'ba, que la dernière phrase figure dans le hadiths.
CHAPITRE LXIV. --- De l'accélération de la prière tout en la faisant complète.
1. Anas-ben-Mâlik a dit : "Le Prophète abrégeait la durée de la prière, tout en la faisant complète."
CHAPITRE LXV. --- De celui qui accélère la prière quand il entend les enfants pleurer.
1. Abou-Qotâda rapporte que le Prophète a dit : "Certes, quand je me lève pour prier, mon désir est faire la prière lentement ; mais si j'entends un enfant pleurer, j'accélère la prière craignant de faire de la peine à la mère."
2. Anas-ben-Mâlik a dit : "Jamais je n'ai prié avec un imam qui fit la prière à la fois plus rapide et plus complète que le Prophète. Et s'il entendait un enfant pleurer, il accélèrait sa prière, dans la crainte d'émotionner la mère."
3. Anas-ben-Mâlik rapporte que le Prophète de Dieu dit un jour : "J'entame la prière et je désire la faire longuement. Mais si j'entends un enfant pleurer, j'accélère ma prière parce que je sais combien une mère souffre quand elle entend pleurer son enfant."
4. Selon Anas-ben-Mâlik, le Prophète a dit : "J'entame la prière avec le désir de la faire longuement. Mais si j'entends un enfant pleurer, j'accélère ma prière, parce que je sais combien une mère souffre quand elle entend pleurer son enfant."
CHAPITRE LXVI. --- De celui qui, après avoir fait la prière, va diriger celle des autres.
1. D'après Djâbir, Mo'âdz faisait la prière avec le Prophète et allait ensuite diriger celle des siens.
CHAPITRE LXVII. --- De celui qui fait entendre aux fidèles le Tekbîr de l'imam.
1. 'Aïcha a dit : "Quand le Prophète fut atteint de la maladie à laquelle il succomba, Bilâl vint le trouver pour lui annoncer l'heure de la prière. "Ordonnez à Abou-Bakr de présider la prière des fidèles, répondit-il." Mais, lui fis-je observer, Abou-Bakr est un homme sensible ; lorsqu'il sera à ta place il se mettra à pleurer et il lui sera impossible de réciter le Coran." --- "Ordonnez à Abou-Bakr de présider la prière des fidèles, répliqua-t-il." Comme je renouvelai mon observation, il me dit à la troisième ou à la quatrième reprise : "Vraiment, vous êtes comme les dames égyptiennes avec Joseph ; ordonnez à Abou-Bakr de présider la cérémonie des fidèles". Le Prophète se rendit ensuite à la mosquée ; il était soutenu par deux personnes et il me semble encore le voir traînant ses pieds sur le sol. A sa vue Abou-Bakr commença à se retirer, mais le Prophète lui fit signe de continuer la prière. Abou-Bakr se retira en arrière et, le Prophète s'étant assis à son côté, il fit entendre le tekbîr aux fidèles."
CHAPITRE LXVIII. --- Un des fidèles règle sa prière sur l'imam ; les autres fidèles suivent la prière de cet homme. -- On rapporte les mots suivants du Prophète : Imitez-moi et que ceux qui seront derrière vous vous imitent.
1.'Aïcha a dit : "Quand l'Envoyé de Dieu fut gravement malade, Bilâl vint l'appeler à la prière. "Donnez l'ordre à Abou-Bakr de présider la prière des fidèles, répondit-il. --- Ô Envoyé de Dieu, lui fis-je observer, Abou-Bakr est un homme sensible ; aussitôt qu'il sera à ta place, il ne se fera pas entendre des fidèles ; si vous donniez l'ordre à 'Omar. --- Donner l'ordre à Abou-Bakr de présider la prière des fidèles", répliqua le Prophète. Alors je priai Hafsa de dire au Prophète : "Abou-Bakr est un homme sensible, quand il sera à ta place, il ne se fera pas entendre des fidèles ; tu devrais désigner 'Omar." A ces mots le Prophète s'écria : "Vous êtes comme les dames égyptiennes avec Joseph ! Donnez l'ordre à Abou-Bakr de présider la prière des fidèles." Abou-Bakr avait commencé la prière, quand l'Envoyé de Dieu, sentant un léger mieux, se leva, puis, soutenu par deux personnes et traînant les pieds sur le sol, il entra dans la mosquée. Abou-Bakr entendant le bruit des pas du Prophète voulut se retirer, mais celui-ci lui fit un signe. Ensuite il vint s'asseoir à la gauche de Abou-Bakr. Celui-ci priait debout tandis que l'Envoyé de Dieu priait assis. Abou-Bakr imitait la prière de l'Envoyé de Dieu et les fidèles prenaient modèles sur celle de Abou-Bakr."
CHAPITRE LXIX. --- En cas de doute l'imam doit-il s'en rapporter au dire des fidèles ?
1. D'après Abou-Horaïra : "L'Envoyé de Dieu s'en alla après avoir prié (seulement) deux rika'. L'homme aux deux mains (c'était le surnom d'un certain El-Khirbâq) lui dit alors : "Ô Envoyé de Dieu, la prière a-t-elle été abrégée ou est-ce toi qui as commis un oubli ? --- L'homme aux deux mains dit-il vrai ? demanda-t-il. --- Oui, répondirent les fidèles." Alors l'Envoyé de Dieu se leva, pria deux autres rika', fit la salutation finale, puis prononça le tekbîr et se prosterna comme il venait de se prosterner dans sa prière ou même plus longuement."
2. Abou-Horaïra a dit : "Un jour, à la prière de midi, le Prophète n'ayant fait que deux rika' on lui fit l'observation qu'il n'avait prié que deux rika'. Alors il pria deux autres rika', fit la salutation finale et se prosterna deux fois."
CHAPITRE LXX. --- Lorsque l'imam pleure durant la prière. -- 'Abdallah-Cheddâd a dit : "J'ai entendu les sanglots de 'Omar, bien que je fusse au dernier rang des fidèles ; à ce moment il récitait ces mots du Coran : "Je me plains de ma douleur et de mon affection uniquement à Dieu" (sourate XII, verset 86).
1. D'après 'Aïcha, la mère des Musulmans, l'Envoyé de Dieu dit, au cours de sa maladie : "Ordonnez à Abou-Bakr de diriger la prière des fidèles." Alors, ajoute 'Aïcha, je fis cette observation : "Abou-Bakr, dès qu'il sera à ta place, ne pourra pas, à cause de ses larmes, se faire entendre des fidèles ; donne plutôt l'ordre à 'Omar." --- "Ordonnez à Abou-Bakr, répliqua le Prophète, de diriger la prière des fidèles." M'adressant alors à Hafsa, continue 'Aïcha, je la priai de dire au Prophète : "Abou-Bakr, aussitôt qu'il sera à ta place, ne pourra pas, à cause de ses larmes, se faire entendre des fidèles ; donne donc à 'Omar l'ordre de présider la prière des fidèles." Hafsa fit comme je lui avais demandé, mais l'Envoyé de Dieu s'écria : "Silence ! vous êtes donc comme les dames égyptiennes avec Joseph ; ordonnez à Abou-Bakr de présider la prière des fidèles." Hafsa dit alors à 'Aïcha : "Ah ! il ne m'arrivera jamais rien de bon avec toi."
CHAPITRE LXXI. --- Les fidèles doivent égaliser leurs rangs au moment du second appel et après ce second appel.
1. Suivant En-No'mân-ben-Bachîr le Prophète a dit : "Egalisez vos rangs, sinon Dieu vous ferait détourner vos visages les uns des autres (en d'autres termes, cela amènerait des conflits de préséance qui dégénéreraient en hostilités.)."
2. D'après Anas, le Prophète a dit : "Observez vos rangs, car je vous vois par derrière mon dos."
CHAPITRE LXXII. --- L'imam doit se tourner vers les fidèles au moment où ils égalisent leurs rangs.
1. Anas a dit : "Le second appel à la prière étant fait, l'Envoyé de Dieu tourna vers nous son visage et dit : "Observez vos rangs et serrez-vous les uns contre les autres, car je vous vois par derrière mon dos."
CHAPITRE LXXIII. --- Du premier rang (à la prière).
1. D'après Abou-Horaïra, le Prophète a dit : "Seront martyrs : celui qui périt noyé, celui qui meurt de la colique, celui qui succombe de la peste, celui qui trouve la mort dans un éboulement." Puis il ajouta : "Si les fidèles savaient quel mérite il y a à devancer l'heure de la prière (de midi), ils se hâteraient à l'envie de le faire ; s'ils connaissaient tout ce qui est attaché aux prières du soir et du matin ils s'y rendraient, dussent-ils pour cela marcher à quatre pattes. Enfin, s'ils savaient la faveur attachée au premier rang (des fidèles à la prière) ils se la disputeraient en la tirant au sort.
CHAPITRE LXXIV. --- Se tenir en rangs contribue à la perfection de la prière.
1. Selon Abou-Horaïra, le Prophète a dit : "L'imam a été institué uniquement pour être imité par les fidèles. Ne faites donc d'autres actes que les siens : quand il s'incline, inclinez-vous ; s'il dit : "Que Dieu écoute ceux qui le louent", dites "Seigneur, à toi la louange !" Lorsqu'il se prosternera, prosternez-vous ; s'il prie assis, priez tous assis ; observez vos rangs dans la prière, car se tenir en rangs est une des beautés de la prière."
2. D'après Anas, le Prophète a dit : "Egalisez bien vos rangs, car être bien en rang fait partie de l'accomplissement de la prière."
CHAPITRE LXXV. --- Du péché commis par quiconque n'observe pas exactement son rang.
1. Anas-ben-Mâlik rapporte qu'étant venu à Médine, les habitants lui posèrent cette question : "Que trouves-tu à nous reprocher au sujet des choses qui se pratiquaient au temps de l'Envoyé de Dieu ?" --- "Je ne vois rien à reprendre parmi vous, répondit-il, sauf que vous n'observez pas exactement vos rangs."
CHAPITRE LXXVI. --- Dans le rang (formé pour la prière) il doit y avoir contact d'épaule à épaule et de pied à pied. - En-No'amân-ben-Bachîr a dit : "J'ai vu chaque fidèle faire toucher sa cheville à celle de son voisin."
1. Anas rapporte que le Prophète a dit : "Observez bien vos rangs, car je vous vois par derrière mon dos." Chacun de nous, ajoute-t-il, mettait en contact son épaule avec celle de son voisin et son pied avec celui de son voisin.
CHAPITRE LXXVII. --- Quand un fidèle se tient à la gauche de l'imam et que celui-ci le fait passer par derrière lui à sa droite, la prière de ce fidèle (et, en outre, celle de l'imam) est parfaite.
1. Ibn-'Abbâs a dit : "Une certaine nuit, je fis la prière avec le Prophète. Comme je m'étais placé à sa gauche, l'Envoyé de Dieu, me prenant par le derrière de la tête, me plaça à sa droite. Après avoir fait la prière, il se coucha et resta ainsi jusqu'à ce que le muezzin vint le trouver. Alors il se leva et fit sa prière sans accomplir d'ablutions."
CHAPITRE LXXVIII. --- Une femme à elle seule constitue un rang (dans la prière).
1. Anas a dit : "Un orphelin et moi nou fîmes la prière (placés) derrière le Prophète, dans notre maison. Ma mère Omm-Solaïm était placée en arrière de nous."
CHAPITRE LXXIX. --- Du côté droit de la mosquée et de l'imam.
Ibn-'Abbâs a dit : "Une nuit je m'étais placé pour prier à la gauche du Prophète. Il me prit par la main --- ou par l'avant-bras, suivant une variante --- et me fit ainsi passer à sa droite après m'avoir fait signe de la main : Passe derrière moi."
CHAPITRE LXXX. --- Du cas où il y a entre l'imam et les fidèles un mur ou une démarcation quelconque. -- El-Hasan a dit : "Il n'y a aucun inconvénient à être séparé par un cours d'eau de l'imam qui dirige la prière." -- Abou-Midjlaz a dit : "On peut suivre la prière de l'imam même quand on est est séparé par un chemin ou un mur, à la condition toutefois que l'on entende le tekbîr de l'imam."
1. 'Aïcha a dit : "La nuit, l'Envoyé de Dieu priait dans sa chambre. Comme le mur de cette chambre était peu élevé, les fidèles apercevaient la silhouette de l'Envoyé de Dieu, et quelques-uns d'entre eux firent la prière avec le Prophète comme imam. Le lendemain on parla de cet évènement et, la nuit suivante, des fidèles se mirent à suivre la prière du Prophète quand celui-ci se leva pour prier. Les choses s'étant ainsi passées deux ou trois nuits, l'Envoyé de Dieu demeura ensuite sans se montrer (à la place accoutumée). Le lendemain, les fidèles lui en ayant parlé, le Prophète leur dit : "J'ai craint que la prière de la nuit ne vous parût obligatoire."
CHAPITRE LXXXI. --- De la prière pendant la nuit.
1. Selon 'Aïcha, le Prophète avait une natte qui lui servait de tapis pendant le jour et de paravent pendant la nuit. Des fidèles se groupaient près de cette natte et se mettaient en rangs (pour la prière) derrière le Prophète.
2. D'après Zaïd-ben-Tsâbit : "Pendant le Ramadân, le Prophète se fit une cellule --- je crois bien, dit Bosr, rapportant ce hadiths, que Zaïd ajouta : "avec une natte". --- Il y fit la prière pendant quelques nuits. Un certain nombre de compagnons du Prophète ayant suivi sa prière, celui-ci, dès qu'il s'en aperçut, resta assis (et cessa de se montrer). Puis il alla vers ses compagnons et leur dit : "Je connaissais bien les sentiments que votre conduite m'a manifestés. Dorénavant, ô fidèles, priez dans vos demeures, car la meilleure prière pour un homme est celle qu'il fait chez lui, à moins qu'il ne s'agisse de la prière canonique."
CHAPITRE LXXXII. --- De l'obligation du tekbîr et de son emploi au début de la prière.
1. Anas-ben-Mâlik-El-Ansâri rapporte que l'Envoyé de Dieu, à la suite d'une chevauchée, s'était écorché le côté droit du corps. Ce jour-là il dirigea une de nos prières tout en restant assis. Nous priâmes derrière lui tout en restant assis nous-mêmes. Puis, quand il eut fait la salutation finale, le Prophète nous dit : "L'imam a été institué uniquement pour qu'on l'imite. Quand il se tient debout, tenez-vous debout. S'il s'incline, inclinez-vous. Lorsqu'il relève la tête, relevez-la ; quand il se prosterne, prosternez-vous, et s'il dit : "Dieu écoute ceux qui le louent", dites : "Seigneur, à toi la louange."
2. Anas-ben-Mâlik a dit : "A la suite d'une chute de cheval, l'Envoyé de Dieu se fit une écorchure. Il dirigea la prière tout en restant assis. Nous priâmes en restant assis nous-mêmes. La prière terminée, il nous dit : "L'imam est --- ou, suivant une variante : a été institué --- uniquement pour qu'on l'imite. Quand il prononce le tekbîr, proncez-le. Quand il dit : "Dieu écoute ceux qui le louent", dites : "Seigneur, à toi la louange." Enfin, s'il se prosterne, prosternez-vous."
3. Selon Abou-Horaïra, le Prophète a dit : "L'imam a été institué uniquement pour qu'on l'imite. Quand il prononce le tekbîr, prononcez-le. S'il s'incline, inclinez-vous. Lorsqu'il dit : "Dieu écoute ceux qui le louent", dites : "Seigneur, à toi la louange." Quand il se prosterne, prosternez-vous. Enfin s'il prie assis, priez tous assis également."
CHAPITRE LXXXIII. --- De l'élévation des mains au moment du premier tekbîr en même temps qu'on commence la prière.
1. D'après 'Abdallah-ben-'Omar, l'Envoyé de Dieu élevait ses deux mains à la hauteur de ses épaules quand il commençait la prière et qu'il prononçait le tekbîr de l'inclinaison. Après s'être incliné, et lorsqu'il relevait la tête, il élevait de nouveau les mains et disait : "Dieu écoute ceux qui le louent. Seigneur, à toi la louange." Il n'élevait pas les mains lors de la prosternation.
CHAPITRE LXXXIV. --- On doit élever les deux mains quand on prononce le tekbîr, quand on s'incline et quand on relève la tête.
1. 'Abdallah-ben-'Omar a dit : "J'ai vu l'Envoyé de Dieu élever les deux mains à la hauteur des épaules quand il était debout pour la prière. Il agissait de même lorsqu'il prononçait le tekbîr de l'inclinaison et aussi quand il relevait la tête après l'inclinaison et qu'il disait : "Dieu écoute ceux qui le louent." Mais il n'élevait pas les mains lors de la prosternation."
'Ali-ben-'Abdallah a dit : "C'est un devoir pour les musulmans d'élever les mains de cette façon, ainsi que l'a rapporté 'Abdallah-ben-'Omar."
2. Abou-Qilâba rapporte avoir vu Mâlik-ben-El-Howaïrits élever les mains quand il priait et qu'il prononçait le tekbîr. Il observait la même attitude quand il voulait s'incliner et quand il relevait la tête après l'inclinaison. Il racontait qu'il avait vu l'Envoyé de Dieu procéder de cette façon.
CHAPITRE LXXXV. --- A quelle hauteur faut-il élever les mains ? -- Abou-Homaïd, étant au milieu de ses compagnons, dit : "L'Envoyé de Dieu élevait les mains à la hauteur de ses épaules."
1. 'Abdallah-ben-'Omar a dit : "J'ai vu l'Envoyé de Dieu commencer la prière en prononçant le tekbîr et en élevant les deux mains à la hauteur de ses épaules. Quand il prononçait le tekbîr de l'inclinaison, il opérait de même et répétait le même geste lorsqu'il disait : "Dieu écoute ceux qui le louent." Ensuite il ajoutait : "Seigneur, à toi la louange." Il n'élevait pas les mains lorsqu'il se prosternait, ni au moment où il relevait la tête après la prosternation."
CHAPITRE LXXXVI. --- De l'élévation des mains quand on se relève après les deux inclinaisons.
1. Nâfi' rapporte que Ibn-'Omar, en commençant la prière, prononçait le tekbîr et élevait les deux mains ; il les élevait également lorsqu'il s'inclinait et lorsqu'il disait : "Dieu écoute ceux qui le louent." Lorsqu'il se relevait, après les deux inclinaisons, il élevait également les mains. Ibn-'Omar donnait cette pratique comme parvenue du Prophète par hadiths remontant.
CHAPITRE LXXXVII. --- Du fait de placer la main droite sur la gauche pendant la prière.
1. Sahl-ben-Sa'd a dit : "Des fidèles reçurent l'ordre de placer leur main droite sur le bras gauche pendant la prière."
Abou-Hâzim, qui rapporte ce hadiths, ajoute : "A ma connaissance Sahl entendait personnellement donner ce hadiths comme remontant au Prophète. Selon Ismâ'il, Abou-Hâzim aurait dit : "On fait toujours remonter ce hadiths...et non "Sahl faisait remonter (en d'autres termes, suivant une première version, Sahl aurait émis l'opinion personnelle que le hadiths était remontant, tandis que, d'après une autre version, c'était une opinion générale.)..."
CHAPITRE LXXXVIII. --- Du recueillement pendant la prière.
1. D'après Abou-Horaïra, l'Envoyé de Dieu a dit : "Pensez-vous que je n'aie la face tournée que du côté de ma qibla ? Par Dieu ! rien ne m'est caché de vos inclinaisons ou de votre recueillement, et certes, je vous vois par derrière mon dos."
2. Anas-ben-Mâlik rapporte que le Prophète a dit : "Accomplissez exactemenet les inclinaisons et les prosternations. Par Dieu ! certes, je vous vois par derrière moi --- ou peut-être, suivant une variante : "par derrière mon dos", --- chaque fois que vous vous inclinez et que vous vous prosternez."
CHAPITRE LXXXIX. --- Ce qu'il faut réciter après le tekbîr.
1. D'après Anas, le Prophète, Abou-Bakr et 'Omar commençaient la prière par ces mots : "Louange à Dieu, le maître des mondes."
2. Abou-Horaïra a dit : "L'Envoyé de Dieu gardait le silence entre le tekbîr et la récitation (du Coran). --- Je crois, dit Abou-Zor'a, en rapportant ces hadiths, que Abou-Horaïra ajoutait : "Pendant un temps très court." --- "Je dis au Prophète, poursuivit Abou-Horaïra : "Ô Envoyé de Dieu, que mon père et ma mère te servent de rançon ! Que dis-tu tout bas pendant le silence que tu gardes entre le tekbîr et la récitation (du Coran) ? --- Voici, me répondit-il, ce que je dis : "Ô mon Dieu, mets entre moi et mes péchés l'intervalle que tu as placé entre l'orient et l'occident. O mon Dieu, purifie-moi de mes péchés comme on purifie le vêtement blanc de toute tâche. Ô mon Dieu, lave mes péchés avec l'eau, la neige, la grêle !"
CHAPITRE XC.
1. Asmâ-bent-Abou-Bakr rapporte que le Prophète fit la prière de l'éclipse. Il se tint d'abord debout et resta longtemps ainsi ; après cela, il s'inclina et demeura longtemps dans cette posture. Cela fait, il se tint debout et resta longtemps ainsi ; puis il s'inclina et demeura longtemps dans cette posture. Il releva ensuite la tête et se prosterna ; après être resté longtemps dans cette attitude, il se releva et se prosterna de nouveau et demeura longtemps prosterné. Il se tint encore debout, prolongea la durée de sa station, s'inclina et resta longtemps incliné. Relevant ensuite la tête, il resta longtemps debout, s'inclina durant un long temps, releva la tête, puis il se prosterna et, après être resté prosterné longtemps, il se releva et se prosterna encore une fois longuement. La prière ainsi terminée, il dit : "Le Paradis s'est montré si près de moi que si j'avais osé y toucher je vous aurais rapporté une grappe de ses fruits. De même, l'Enfer s'est montré si près de moi que je me suis écrié : "Oh ! Seigneur, vais-je être donc avec les réprouvés ?" Et alors je vis une femme --- je crois, dit un râwi, qu'il ajouta qu'un chat égratignait. --- "Qu'est-ce ci; m'écriai-je ? --- Cette femme, me répondit-on, a emprisonné ce chat jusqu'à ce qu'il soit mort de faim, ne lui donnant pas à manger et ne le laissant pas aller chercher sa nourriture." --- Je crois, dit Nâfi', qu'on ajoute dans le récit : "des bestioles de la terre".
CHAPITRE XCI. --- Du fait de lever les yeux vers l'imam au cours de la prière. -- 'Aïcha a dit : "Le Prophète a dit : "Pendant la prière de l'éclipse, j'ai vu la Géhenne où les réprouvés se dévoraient les uns les autres. C'est à ce moment que vous m'avez vu me reculer."
1. Abou-Ma'mar a rapporté ce qui suit : "Comme nous demandions à Khattâb si l'Envoyé de Dieu récitait (du Coran) aux prières de midi et de l'après-midi, il nous répondit : "Oui. --- Et comment le saviez-vous ? ajoutâmes-nous. --- Nous le reconnaissions, répliqua-t-il, à l'agitation de sa barbe."
2. Abou-Ishaq rapporte qu'il entendit 'Abdallah-ben-Yazîd dire dans un prône : "El-Barâ, qui n'était point un menteur, nous a rapporté que, lorsque lui et ses compagnons faisaient la prière avec le Prophète, ils se tenaient debout, lorsque le Prophète relevait la tête de l'inclinaison, en sorte qu'ils le voyaient prosterné.
3. 'Abdallah-ben-'Abbâs a dit : "Il y eut une éclipse de soleil au temps du Prophète. Comme celui-ci venait de faire la prière, les fidèles lui dirent : "Ô Envoyé de Dieu, nous venons de te voir faire le geste d'essayer de saisir quelque chose de la place où tu étais ; puis nous t'avons vu reculer pas à pas. --- C'est que moi, répondit le Prophète, j'ai vu le Paradis et j'ai essayé d'y attraper une grappe de fruits ; si j'y avais réussi, vous auriez mangé de cette grappe tant que le monde durera."
4. Anas-ben-Mâlik a dit : "Après avoir présidé notre prière, le Prophète monta en chaire et, dirigeant d'un geste ses deux mains du côté de la qibla de la mosquée, il dit : "A l'instant, pendant que je dirigeais votre priète, le Paradis et l'Enfer ont apparu à mes yeux dans la direction de ce mur. Jamais je n'avais vu, comme en ce jour, (ce qu'entraîne) le bien et le mal." Trois fois il répéta ces paroles."
CHAPITRE XCII. --- Du fait de lever les yeux pendant la prière.
1. Anas-ben-Mâlik a rapporté que le Prophète a dit : "A quoi pensent donc les gens qui, durant la prière, lèvent les yeux vers le ciel ?" Puis, ses paroles à ce sujet devenant plus violentes, il finit par s'écrier : "Qu'ils s'abstiennent absolument d'agir ainsi, sinon leurs yeux seront sûrement arrachés !"
CHAPITRE XCIII. --- Du fait de se retourner pendant la prière.
1. 'Aïcha a dit : "Comme j'interrogeais le Prophète au sujet de celui qui se retourne pendant la prière, il me répondit : "C'est un larcin fait par Satan sur la prière du fidèle."
2. 'Aïcha rapporte que le Prophète fit la prière revêtu d'une khamîsa ornée de broderies et qu'il dit ensuite : "Les broderies de ce vêtement m'ont donné des distractions ; allez le porter à Abou-Djahm et rapportez-moi son anbadjâniyya (pièce d'étoffe en laine peluchée sans dessins. Suivant les uns, elle se fabriquait à Manbadj ; suivant d'autres à Anbidjân.)."
CHAPITRE XCIV. --- Le fidèle peut-il se retourner lorsque quelque évènement le menace ou qu'il aperçoit quelque chose, un crachat, par exemple, sur (la paroi de) la qibla. -- Sahl dit : 'Abou-Bakr, s'étant retourné, aperçut le Prophète."
1. D'après Ibn-'Omar : Pendant qu'il était devant les fidèles en train de diriger la prière, l'Envoyé de Dieu aperçut une mucosité sur (la paroi de) la qibla de la mosquée. Il enleva cette mucosité, puis, la prière terminée, il dit : "Quand l'un de vous est en prière il a Dieu en face de lui. Gardez-vous donc de lancer des mucosités devant vous pendant la prière."
2. Anas-ben-Mâlil a dit : "Pendant que les musulmans faisaient la prière de l'aurore, ils furent tout surpris de voir l'Envoyé de Dieu qui, ayant soulevé la portière de la chambre d''Aïcha, les contemplait. En les voyant en rangs le Prophète se mit à sourire et même à rire. Abou-Bakr recula pour regagner le rang pensant que le PRophète allait sortir (diriger la prière). Les fidèles étaient sur le point d'interrompre la prière quand le Prophète leur fit signe d'achever leur prière. Cela fait, il laissa retomber la portière et ce fut à la fin de ce jour-là qu'il mourut."
CHAPITRE XCV. --- L'imam et le fidèle doivent réciter du Coran à toutes leurs prières, qu'elles aient lieu à leurs résidences habituelles ou en voyage. Des versets qu'il faut réciter à voix haute et de ceux qu'il faut réciter à voix basse dans ces divers cas.
1. Djâbir-ben-Samora a dit : "Les habitants de Koufa se plaignirent de Sa'd (Sa'd-ben-Abou-Waqqâs) à 'Omar. Celui-ci le révoqua et le remplaça comme gouveneur de Koufa par 'Ammâr. Dans leurs plaintes, les habitants allèrent jusqu'à lui dire que Sa'd ne faisait pas correctement la prière." --- 'Omar manda alors Sa'd et lui dit : "Ô Abou-Ishaq, ces gens-ci prétendent que tu ne fais pas correctement la prière. --- "Par Dieu ! répondit Sa'd, moi, en ce qui me concerne, je leur fais faire la prière de l'Envoyé de Dieu et je n'en omets rien. A la prière du soir je prolonge les deux premières rika' et écourte les deux dernières. --- Eh, reprit 'Omar, c'est bien ce que je pensais de toi, ô Abou-Ishaq."
Là-dessus, 'Omar envoya Sa'd à Koufa en compagnie d'un ou de plusieurs émissaires --- afin d'interroger les habitants de Koufa à ce propos. L'émissaire ne laissa aucune mosquée sans s'y enquérir de la conduite de Sa'd. Partout il entendit faire son éloge en termes flatteurs. Mais, arrivé à la mosquée des Benou-'Abs, un homme de cette tribu qui se trouvait là, un nommé Osâma-ben-Qatâda, portant le surnom de Bou-Sa'da, se leva et dit : "Puisque tu nous interroges, je te dirai que Sa'd ne marchait pas avec les troupes, qu'il ne faisait pas les partages exactement et qu'il n'était pas équitable dans ses sentences." Sa'd répliqua : "Eh ! bien, par Dieu ! je vais formuler trois fois cette invocation contre toi : " Ô mon Dieu, si cet homme ment par ostentation ou par gloriole, prolonge sa misère et expose-le aux tentations."
Plus tard, lorsqu'on interrogeait cet homme, il répondait : "Je suis un vieillard âgé, exposé aux tentations et qui supporte le poids de la malédiction de Sa'd. 'Abdalmâlik, qui rapporte ce hadiths, ajoute : "Par la suite, je vis cet homme, ses cils étaient tombés de ses yeux, tant il était vieux ; malgré cela, il arrêtait les jeunes filles sur les routes et les palpait."
2. D'après 'Obâda-ben-Es-Sâmit, l'Envoyé de Dieu a dit : "Il n'y a pas eu prière pour celui qui n'a pas récité le premier chapitre du Coran."
3. D'après Abou-Horaïra : "L'Envoyé de Dieu étant allé à la mosquée, un homme entra, fit sa prière, puis salua le Prophète. Celui-ci lui rendit son salut et lui dit : "Va recommencer ta prière, car tu ne l'a pas faite." L'homme retourna faire la prière comme il l'avait faite la première fois, puis il revint saluer de nouveau le Prophète. "Va, lui répéta celui-ci, recommence ta prière, car tu ne l'a pas faite." Et il en fut ainsi trois fois. --- "Par celui qui t'a envoyé porter aux hommes la vérité, je ne sais pas faire mieux ; dis-moi ce qu'il faut faire. --- Quand tu te lèves pour faire la prière, répliqua le Prophète, prononce d'abord le tekbîr, récite ensuite tout ce qu'il te sera possible de réciter du Coran, puis incline-toi en gardant l'équilibre, relève-toi et reste debout, bien d'aplomb.
CHAPITRE CI. --- De la récitation du Coran avec prosternation (c'est-à-dire quand on récite à cette prière un des chapitres du Coran dans lesquels il faut faire une prosternation.) à la prière du soir.
1. Abou-Râfi' a dit : "Je fis avec Abou-Horaïra la prière du soir. Il récita la sourate : "Lorsque le ciel se fendra" (sourate LXXXIV), puis il se prosterna. Comme je lui en demandais la raison, il me répondit : "Je me suis ainsi prosterné derrière Abou-'l-Qâsim (le Prophète Mohamed) et je ne cesserai de me prosterner ainsi jusqu'à ce que je le rencontre (au ciel)."
CHAPITRE CII. --- De la récitation du Coran à la prière du soir.
1. El-Barâ a dit : "J'ai entendu le Prophète, à la prière du soir, réciter la sourate : "J'en jure par le figuier, par l'olivier" (sourate XCV). Jamais je n'ai entendu quelqu'un qui eût une voix plus belle (que le Prophète) et qui récitât mieux le Coran."
CHAPITRE CIII. --- L'imam prolongera (par la récitation du Coran) les deux premières rika' : il abrégera les deux dernières.
1. D'après Djâbir-ben-Samora, 'Omar dit à Sa'd : "Ils se plaignent de toi à propos de tout, même au sujet de la prière. --- Pour moi, répondit Sa'd, je la prolonge (par la récitation du Coran) durant les deux premières rika' et je l'abrège (en supprimant la récitation du Coran) durant les deux dernières. Je n'altère donc rien de la prière telle que je l'ai pratiquée ayant pour modèle l'Envoyé de Dieu. --- Tu as raison, répondit 'Omar, c'est bien là ce qu'on pensait (suivant une variante ce que je pensais) de toi."
CHAPITRE CIV. --- De la récitation du Coran à la prière de l'aurore. -- Omm-Salama a dit : "Le Prophète récita la sourate : "J'en jure par le Sinaï" (sourate LII).
1. Sayyâr-ben-Salâma, surnommé Abou-'l-Minhâl, a dit : "J'entrai avec mon frère chez Abou-Barza-El-Aslami et nous l'interrogeâmes sur l'heure des prières. "Le Prophète, nous répondit-il, faisait la prière de midi au moment où le soleil commençait à décliner. Pour celle de l'après-midi, un homme avait le temps de rentrer au quartier le plus éloigné de Médine pendant que le soleil était encore vivant." J'ai oublié ce que Abou-Barza a dit au sujet de la prière du coucher du soleil ; mais, ajouta-t-il, le Prophète ne s'inquiétait pas de retarder la prière du soir jusqu'au premier tiers de la nuit et il n'aimait pas que l'ont dormît avant cette prière, ni qu'on causât après son achèvement. Il faisait la prière du matin à un moment tel que celui qui venait de la terminer y voyait de façon à distinguer les fidèles assis à côté de lui. Dans les deux rika' (du matin), ou dans l'une d'elles seulement, le Prophète récitait de soixante à cent versets du Coran.
2. 'Atâ rapporte avoir entendu Abou-Horaïra dire : "Dans chaque prière on doit réciter du Coran. Ce que l'Envoyé de Dieu nous faisait entendre, nous vous le faisons entendre ; ce qu'il nous scellait, nous vous le scellons. Si vous ne récitez pas au delà du premier chapitre du Coran, cela suffit ; mais, si vous en récitez davantage, cela vaut mieux."
CHAPITRE CV. --- De la récitation à haute voix du Coran à la prière de l'aube. -- Omm-Salama a dit : "Je fis la tournée processionnelle derrière les fidèles ; alors le Prophète fit la prière et récita la sourate : "J'en jure par le Sinaï" (sourate LII).
1. Ibn-'Abbâs a dit : "Le Prophète s'était mis en route pour la foire de 'Okâdz, avec quelques-uns de ses compagnons. A ce moment les démons, qui venaient surprendre les secrets du Ciel, avaient été éloignés et chassés par les flammes dirigées contre eux. Ces démons étant retournés vers leurs compagnons, ceux-ci leur demandèrent ce qui leur était arrivé. "Nous avons été écartés du Ciel et empêchés d'en surprendre les secrets, répondirent-ils, et des flammes ont été lancées contre nous. --- Il faut, répliquèrent les autres, qu'un évènement nouveau ait surgi pour qu'on vous ait éloignés des secrets du Ciel. Parcourez donc la terre de l'Orient à l'Occident et voyez quel est celui qui s'est interposé entre vous et les secrets du Ciel." Les démons se mirent en route et ceux d'entre eux qui s'étaient dirigés du côté du Tihâma trouvèrent le Prophète à Nakhla (localité située à une nuit de marche de la Mecque), alors qu'il faisait route avec ses compagnons vers la foire de 'Okâdz. Au moment de leur arrivée, le Prophète et ses compagnons faisaient la prière de l'aube. Quand les démons entendirent la récitation du Coran, ils prêtèrent l'oreille et dirent ensuite : "Par Dieu ! voici celui qui s'est interposé entre nous et les secrets du Ciel." Aussitôt ils retournèrent vers leurs compagnons et leur dirent : "Frères, nous venons d'entendre une récitation merveilleuse qui dirige dans la bonne voie (sourate LXXII, verset 1). Nous croyons à ce que nous venons d'entendre et maintenant nous n'associerons plus personne à Dieu." Ce fut alors que Dieu révéla à son Prophète les paroles suivantes : "Dis : Il m'a été révélé..." (sourate LXXII, verset 1). Or, ce qui lui avait été révélé c'était uniquement ce qu'avaient dit des génies.
2. Ibn-'Abbâs a dit : "Le Prophète récitait le Coran à haute voix ou à voix basse, suivant l'ordre qui lui en était donné. "Ton Seigneur n'est pas oublieux" (sourate XIX, verset 65). "Il y a pour vous, dans l'Envoyé de Dieu, un modèle parfait à suivre" (sourate XXXIII, verset 21).
CHAPITRE CVI. --- Du fait de réciter deux sourates du Coran dans une seule rika' ; de réciter seulement les dernières sourtes du Coran ; de réciter une sourate avant une sourate précédente ; de ne réciter que le début d'une sourate. -- 'Abdallah-ben-Es-Sâïb rapporte que le Prophète, à la prière du matin, récita la sourate : "Les Croyants" (sourate XXIII) ; mais arrivé à la mention de Moïse, d'Aaron, ou à celle de Jésus, il fut pris d'une quinte de toux. Il fit alors l'inclinaison. -- 'Omar, dans la première rika', récita cent vingt versets de la sourate : "La Vache" (Sourate II), et, dans la seconde rika', une des (courtes) sourates dites metsâni (on appelle ainsi toute sourate qui contient cent versets au maximum ; ce nom est également donné à toutes les sourates, moins les sept plus longues du Coran.). -- Durant la première rika', El-Ahnaf récita la sourate de "La Caverne" (sourate XVIII) et, durant la seconde, celle de Joseph (sourate XII) ou celle de "Younous" (sourate X). El-Ahnaf rapporte que, faisant la prière du matin sous la direction d''Omar, il récita deux de ces sourates. -- Ibn-Mas'oud récita quarante versets de la sourate "Le Butin" (sourate VIII) et, dans la seconde rika', une sourate de la partie du Coran dite moffasal. -- Abou-Qatâda a dit à propos de celui qui ne récite qu'une seule sourate dans deux rika' ou qui répète la même sourate dans deux rika' : "Tout cela fait partie du Livre de Dieu". --'Obaïd-Allah dit, d'après Tsâbit, qui le tenait de Anas-ben-Mâlik : Un homme des Ansâr dirigeait la prière des Ansâr dans la mosquée de Qobâ. Chaque fois qu'il commençait la récitation d'une des sourates qu'on récite au cours de la prière, il débutait par ces mots : "Dis : Il est Dieu, il est unique..." (sourate CXII). Puis, quand il avait terminé cette sourate, il en récitait une autre. Comme il agissait ainsi à chaque rika' ses compagnons l'interpellèrent en ces termes : "Tu débutes toujours par cette même sourate ; puis tu estimes que cela est insuffisant et tu en récites une autre. Eh ! bien, récite cette (seule) sourate, ou bien, si tu veux la laisser de côté, récites-en une autre." -- "Je ne renoncerai pas à cette sourate, répliqua-t-il ; si vous voulez que je dirige votre prière ainsi, je continuerai à la diriger ; si cette façon de faire vous répugne, je renoncerai à diriger votre prière." Or, les Ansâr estimaient que cet homme était le plus digne d'entre eux et il leur déplaisait d'être dirigés dans leur prière par une autre personne. Mais, lorsque le Prophète vint les voir, ils lui racontèrent l'incident. "Ô un tel, dit alors le Prophète, qu'est-ce qui t'empêche de te rendre au désir de tes compagnons ? Qu'est-ce qui te porte à réciter obligatoirement cette sourate à chaque rika' ? -- C'est que je l'aime cette sourate, répliqua l'homme. -- Cette affection, reprit le Prophète, te fera entrer au Paradis."
1. Abou-Wâïl a dit : "Un homme vint trouver Ibn-Mas'oud et lui adressa les paroles suivantes : "J'ai récité cette nuit tout le mofassal dans une seule rika'." --- Alors tu as récité cela précipitamment comme on débite des vers, répliqua Abou-Wâïl ; moi je connais les sourates analogues (c'est-à-dire traitant de sujets analogues et non des sourates de même longueur) que le Prophète accouplait dans ses prières." Et Abou-Wâïl mentionna vingt sourates du mofassal qu'on récitait deux par deux dans chaque rika'."
CHAPITRE CVII. --- Dans les deux dernières rika', le fidèle doit réciter le premier chapitre du Coran.
1. D'après Abou-Qatâda, le Prophète, à la prière de midi, récitait le premier chapitre du Coran dans les deux premières rika' ainsi que deux autres sourates. "Dans les deux dernières rika' il récitait le premier chapitre du Coran en nous faisant entendre certains versets. Il prolongeait la récitation durant la première rika' et l'abrégeait durant la seconde. Il agissait de même à la prière de l'après-midi et à celle du matin."
CHAPITRE CVIII. --- De la récitation du Coran à voix basse pendant la prière de midi et celle de l'après-midi.
1. Abou-Ma'mar rapporte ce qui suit : "Nous demandâmes à Khabbâb si le Prophète récitait du Coran à la prière de midi et à celle de l'après-midi. --- Oui, nous répondit-il." --- Et comment le saviez-vous ? réprimes-nous. --- Au mouvement de sa barbe, répliqua-t-il."
CHAPITRE CIX. --- Quand l'imam fait entendre (aux fidèles) le verset qu'il récite.
1. Abou-Qatâda rapporte que le Prophète récitait le premier chapitre du Coran et une autre sourate pendant les deux premières rika' de la prière de midi et de celle de l'après-midi. "Parfois, dit-il, il nous faisait entendre un verset. Il prolongeait la récitation pendant la première rika'."
CHAPITRE CX. --- La récitation du Coran prolongée pendant la première rika'.
1. Abou-Qatâda rapporte que le Prophète prolongeait la récitation du Coran durant la première rika' à la prière de midi ; il l'abrégeait pendant la seconde rika'. Il faisait de même à la prière du matin.
CHAPITRE CXI. --- L'imam doit prononcer Amen ! A haute voix. 'Atâ a dit : "Amen ! est une invocation. Quand Ibn-Ez-Zobaïr et les fidèles placés derrière lui disaient : "Amen", un éclat de voix remplissait la mosquée. -- Abou-Horaïra interpellait l'imam en ces termes : "Ne dis pas "amen" avant que je ne sois là." -- Nâfi' a dit : "Ibn-'Omar ne manquait jamais de dire : amen, et il exhortait vivement les fidèles à le dire. Nâfi' ajoutait : "J'ai entendu Ibn-'Omar dire qu'un grand mérite était attaché à cette formule."
1. D'après Abou-Horaïra, le Prophète a dit : "Quand l'imam dit : Aman ! dites : Amen ! Celui qui prononce amen ! en même temps que les anges prononcent ce mot obtiendra le pardon de toutes ses fautes passées."
Suivant Ibn-Chihâb, l'Envoyé de Dieu disait : "Amen !"
CHAPITRE CXII. --- Du mérite qu'il y a à dire Amen !
1. D'après Abou-Horaïra, l'Envoyé de Dieu a dit : "Celui d'entre vous qui dira : Amen ! alors que les anges dans le ciel disent : Amen ! --- les deux mots étant prononcés en même temps, -- obtiendra le pardon de toutes ses fautes passées."
CHAPITRE CXIII. --- Le fidèle doit dire Amen à haute voix.
1. Abou-Horaïra, l'Envoyé de Dieu, a dit : "Quand l'imam prononce ces mot
CHAPITRE CXIV. --- Du fidèle qui s'incline avant d'arriver dans le rang.
1. El-Hasan rapporte que Abou-Bakra, arrivant auprès du Prophète (à la prière) au moment où celui-ci s'inclinait, s'inclina également avant d'avoir gagné son rang. Comme on racontait ce fait au Prophète, il dit à Abou-Bakra : "Que Dieu augmente ta ferveur, mais ne recommence pas."
CHAPITRE CXX. --- Le dos doit être horizontal pendant l'inclinaison. -- Abou-Homaïd, entouré de quelques-uns des compagnons a dit : "Le Prophète s'inclina, puis baissa le dos."
CHAPITRE CXXI. --- Quelles limites il faut observer pour que l'inclinaison soit parfaite, le fidèle se mettant d'aplomb et gardant quelque temps l'équilibre.
1. El-Barâ-ben-'Âzib a dit : "Le Prophète faisait durer d'une façon à peu près égale le temps de l'inclinaison, de la prosternation, l'intervalle entre deux prosternations et le temps qu'il se redressait après l'inclinaison, mais non pas le temps qu'il restait debout ou assis."
CHAPITRE CXXII. --- De l'ordre donné par le Prophète à quelqu'un de recommencer sa prière parce qu'il n'avait pas accompli intégralement l'inclinaison.
1. D'après Abou-Horaïra, le Prophète étant entré à la mosquée, un homme vint, fit la prière, puis alla vers le Prophète et le salua. Le Prophète lui rendit son salut puis il dit : "Retourne faire ta prière, car tu n'as pas prié." L'homme fit la prière de nouveau et alla ensuite saluer le Prophète qui lui répéta : "Retourne faire ta prière, car tu n'as pas prié." Il en fut ainsi une troisième fois et alors l'homme s'écria : "Par celui qui t'a envoyé apporter la vérité, je ne sais pas mieux faire, instruis-moi donc." --- "Quand tu te lèves pour la prière, répondit le Prophète, prononce le tekbîr, récite ce que tu pourras du Coran ; incline-toi jusqu'à ce que tu sois en équilibre, relève-toi ensuite jusqu'à ce que tu sois d'aplomb ; alors, prosterne-toi en te mettant en équilibre, redresse-toi sur ton séant et demeure ainsi en équilibre ; prosterne-toi encore en gardant l'équilibre. Fais ainsi dans tout le cours de ta prière."
CHAPITRE CXXIII. --- De l'invocation durant l'inclinaison.
1. 'Âïcha a dit : "Pendant ses inclinaisons et ses prosternations, le Prophète disait : "Gloire à toi, ô mon Dieu, ô Seigneur. Et par ta gloire, ô mon Dieu, pardonne-moi !"
CHAPITRE CXXIV. --- De ce que l'imam doit dire ainsi que les fidèles qui sont derrière lui lorsqu'il lève la tête après l'inclinaison.
1. Abou-Horaïra a dit : "Le Prophète, après avoir dit : "Dieu écoute ceux qui le louent", ajoutait : "Ô mon Dieu, Seigneur, et à toi la louange." Lorsqu'il s'inclinait et qu'il relevait la tête, il prononçait le tekbîr, et quand il se redressait de chacune des deux prosternations, il disait : "Dieu est grand".
CHAPITRE CXXV. --- Du mérite de ces mots : "Ô mon Dieu, Seigneur, et à toi la louange."
1. Selon Abou-Horaïra, l'Envoyé de Dieu a dit : "Quand l'imam a prononcé ces mots : "Dieu écoute ceux qui le louent", dites : "Ô mon Dieu, Seigneur, et à toi la louange." Celui qui prononce ces paroles en même temps que les anges les disent eux-mêmes obtiendra le pardon de tous ses péchés passés."
CHAPITRE CXXVI. --- De la formule de résignation.
1. Selon Abou-Salama, Abou-Horaïra dit : "Je vais vous montrer de près la prière du Prophète." Et Abou-Horaïra prononçait alors la formule de résignation, pendant la première rika' de la prière de midi, de celle du soir et de celle du matin, après avoir dit : "Dieu écoute ceux qui le louent". Il faisait des voeux pour les croyants et appelait la malédiction du Ciel sur les infidèles."
2. Anas a dit : "La formule de résignation était prononcée dans la prière du coucher du soleil et dans celle du matin."
3. Rifâ'a-ben-Râfi'-Ez-Zoraqi a dit : "Un jour nous faisions la prière derrière le Prophète. Au moment où il leva la tête, à la suite de l'inclinaison, il prononça ces mots : "Dieu écoute ceux qui le louent." Un homme qui se trouvait derrière lui dit alors : "Seigneur, et à toi la louange, louange fréquente, pure et bénie." La prière terminée, le Prophète demanda qui avait ainsi parlé. Cet homme s'étant nommé, le Prophète dit : "J'ai vu trente et quelques anges qui se hâtaient, chacun voulant être le premier à mettre ces mots par écrit."
CHAPITRE CXXVII. --- De la façon de reprendre l'équilibre quand on relève la tête après l'inclinaison. -- Abou-Homaïd a dit : "Le Prophète se redressa et se tint debout d'aplomb, en sorte que toutes ses vertèbres étaient revenues bien en place."
1. Tsâbit a dit : "Anas-ben-Mâlik nous décrivait la façon dont le Prophète priait ; puis il faisait la prière. Quand il relevait la tête, après l'inclinaison, il restait debout si longtemps que nous disions : "Il a oublié (le reste de la prière)."
2. El-Barâ a dit : Le Prophète faisait durer un temps à peu près égal ses inclinaisons, ses prosternations, le redressement de sa tête après l'inclinaison, et l'intervalle qui sépare les deux prosternations."
3. Abou-Qilâba a dit : "Mâlik-ben-El-Howaïrits nous montrait de quelle façon le Prophète faisait la prière, et cette démonstration avait lieu en dehors des heures canoniques. Il se mettait debout, s'affermissant dans cette position ; il s'inclinait, s'affermissant dans cette position. Puis il levait la tête et restait immobile un court instant."
Abou-Qilâba ajoute : "Il nous fit faire la prière comme nous la fait faire notre cheikh Abou-Boraïd que voici, Abou-Boraïd, après avoir relevé la tête à la suite de la dernière prosternation, restait assis bien d'aplomb et ne se relevait qu'après cela."
CHAPITRE CXXVIII. --- En prononçant le tekbîr au moment de la prosternation on doit toucher le sol. --Nâfi' a dit : "Ibn-'Omar posait ses deux mains à terre avant ses deux genoux."
1. Abou-Bakr-ben-'Abderrahman-ben-El-Hârits-ben-Hichâm et Abou-Salam-ben-'Abderrahman rapportent que Abou-Horaïra prononçait le tekbîr à toutes les prières canoniques et autres pendant le ramadân et les autres mois. Il le prononçait quand il était debout et également quand il s'inclinait. Ensuite il disait : "Dieu écoute ceux qui le louent", et ensuite : "Seigneur et à toi la louange" avant de se prosterner. Après cela, il disait : "Dieu est grand" au moment où il se baissait pour la prosternation. Il prononçait encore le tekbîr quand il relevait la tête après la prosternation, puis quand il se prosternait (de nouveau), quand il relevait la tête après la prosternation, quand il se mettait debout après le moment où l'on reste assis à la fin des deux rika'. Il faisait ainsi à chaque rika' jusqu'à ce qu'il eût achevé sa prière, et disait alors : "Par celui qui tient mon âme entre ses mains, je viens de vous montrer la reproduction de la prière du Prophète, car c'est ainsi qu'il pria jusqu'au jour où il quitta ce monde."
Abou-Horaïra, ajoutent les deux traditionnistes, a dit : "Lorsque l'Envoyé de Dieu relevait la tête il disait : "Dieu écoute ceux qui le louent, Seigneur et à toi la louange." Ensuite il faisait des voeux à l'égard de certaines personnes qu'il désignait par leurs noms. Par exemple, il disait : "Ô mon Dieu, délivre El-Walîd-ben-El-Walîd, Salama-ben-Hichâm, 'Ayyâch-ben-Abou-Rebî'a et tous les faibles d'entre les musulmans. Ô mon Dieu, accable de ta colère la tribu de Modar ; fais que ses années soient comme celles de Joseph." A cette époque, les gens de la tribu de Modar habitant à l'Orient de Médine étaient en hostilités contre le Prophète.
2. 'Ali-ben-'Abdallah rapporte que Sofyân lui a raconté plus d'une fois que Ez-Zohri avait entendu Anas-ben-Mâlik rapporter ce qui suit : "L'Envoyé de Dieu, étant tombé de cheval, s'écorcha le côté droit. Nous allâmes lui faire visite, et l'heure de la prière étant venue, il la dirigea tout en restant assis, et nous-mêmes nous gardâmes la même posture."
Une autre fois, Sofyân dit : "Nous fîmes la prière assis ; quand elle fut terminée, le Prophète dit : "L'imam a été uniquement institué pour qu'on l'imite. Quand il prononce le tekbîr, prononcez-le ; s'il s'incline, inclinez-vous, et lorsqu'il relève la tête, relevez-la. Enfin, quand il dira : "Dieu écoute ceux qui le louent, dites : "Seigneur et à toi la louange."