Sahih El Boukhâri:TITRE 25 DU PELERINAGE page3
TITRE 25
DU PELERINAGE
CHAPITRE LXVI. - Celui qui, durant la tournée processionnelle, voit une lanière ou toute autre chose qu'il réprouve doit la faire disparaître.
1. Suivant Ibn 'Abbâs, le Prophète, ayant vu un homme processionnelle dans la Ka'ba tenu par une bride ou quelque chose d'analogue, coupa ce lien.
CHAPITRE LXVII. - On ne peut processionner nu autour du temple. - Un polythéiste ne peut faire le pèlerinage.
1. Abou Horaïra rapporte que Abou Bakr Es Siddîq, au cours du pèlerinage à la tête duquel l'avait placé l'Envoyé de Dieu et qui eut lieu avant le pèlerinage d'adieu, l'envoya, le jour du sacrifice, à la tête d'un groupe de fidèles, annoncer aux gens que, après cette année-là, aucun polythéiste ne ferait le pèlerinage et qu'il ne fallait pas processionner tout nu.
CHAPITRE LXVIII. - De celui qui s'arrête au cours de la tournée processionnelle. - 'Atâ a dit que celui qui, pendant la tournée processionnelle, entend le second appel à la prière ou qui a été écarté de sa place doit, aussitôt qu'il a fait la salutation finale, reprendre sa place à l'endroit où il l'a quittée. Une tradition de ce genre est rapportée d'après Ibn 'Omar et 'Abderrahman ben Abou Bakr.
CHAPITRE LXIX. - Le Prophète, à sa septième tournée processionnelle, priait deux rika'. - Nâfi' a dit : "A chaque septième tournée processionnelle, Ibn 'Omar priait deux rika'." - "Comme, dit Isma'îl ben Omayya, je rappelais à Ez Zohri que 'Atâ se contentait de la prière canonique à la place des deux rika' pour la tournée processionnelle, il me répondit : "La pratique du Prophète est préférable. Le Prophète ne faisait pas une seule tournée processionnelle sans prier deux rika' à la septième."
1. 'Amr a dit : "Nous interrogeâmes Ibn 'Omar pour savoir si l'homme pouvait avoir commerce avec sa femme durant la visite pieuse avant d'avoir fait la course entre Es Safa et El Merwa. Il répondit : "L'Envoyé de Dieu vint à la Mecque ; il fit les sept tournées processionnelles autour du temple, puis il pria deux rika' derrière la station d'Abraham, fit la course entre Es Safa et El Merwa et dit : "Il y a pour vous dans l'Envoyé de Dieu un excellent modèle à suivre."
'Amr ajoute : "Je questionnai à ce sujet Djâbir ben 'Abdallah qui me répondit qu'il ne fallait pas s'approcher de sa femme avant d'avoir fait la course entre Es Safa et El Merwa."
CHAPITRE LXX. - De celui qui, après la première tournée processionnelle, ne s'approche pas de la Ka'ba et ne fait pas de tournée processionnelle avant de s'être rendu à 'Arafa et d'en être revenu. (Chaque fois qu'on arrive à la Mecque, qu'on soit ou non en état d'ihrâm, il est d'usage de faire une série de tournées processionnelles. Cette pratique est surérogatoire et ne compte ni pour les rites du pèlerinage, ni pour les rites de la visite pieuse. C'est de cette tournée qu'il s'agit ici.).
1. 'Abdallah ben 'Abbâs a dit : "Le Prophète se rendit à la Mecque ; il fit la tournée processionnelle et la course entre Es Safa et El Merwa ; il ne s'approcha de la Ka'ba, après avoir fait cette première tournée processionnelle, qu'après son retour de 'Arafa."
CHAPITRE LXXI. - De celui qui prie les deux rika' de la tournée processionnelle en dehors de la mosquée. - 'Omar les pria hors du territoire sacré.
1. D'après Omm Salam, l'Envoyé de Dieu, étant à la Mecque, allait quitter cette ville, alors que Omm Salama n'avait pas fait la tournée processionnelle du temple et voulait partir également. "Quand le second appel de la prière du matin aura été fait, lui dit l'Envoyé de Dieu, fais la tournée processionnelle sur ton chameau pendant que les fidèles feront leur prière." Omm Salama fit ce qui lui avait été dit et elle ne fit pas sa prière avant d'être partie."
CHAPITRE LXXII. - De celui qui prie les deux rika' de la tournée processionnelle derrière la station d'Abraham.
1. 'Amr ben Dînâr rapporte qu'il a entendu Ibn 'Omar dire ceci : "Le Prophète vint à la Mecque ; il fit sept fois la tournée processionnelle autour du temple ; il pria ensuite deux rika' derrière la station d'Abraham et partit pour Es Safa. Or, il est dit dans le Coran : "Il y a pour vous dans l'Envoyé de Dieu un excellent modèle à suivre (sourate XXXIII, verset 21)."
CHAPITRE LXXIII. - De la tournée processionnelle après la prière du matin et après celle de l'après midi. Ibn 'Omar priait les deux rika' de la tournée processionnelle après la prière du matin, puis il se mit en route et ne pria les deux rika' qu'à Dzou Towa.
1. D'après 'Aïcha, des fidèles qui avaient fait la tournée processionnelle du temple après la prière du matin, s'assirent auprès du prédicateur et, lorsque le soleil se leva, ils firent la prière. 'Aïcha ajoute : "Ils restèrent assis jusqu'au moment où on réprouve de faire la prière et se levèrent alors pour la faire."
2. 'Abdallah a dit : "J'ai entendu le Prophète interdire de faire la prière au moment du lever du soleil et au moment du coucher de cet astre."
3. 'Abdelazîz ben Rofai' a dit : "J'ai vu 'Abdallah ben Ez Zobaïr faire la tournée processionnelle après l'aurore et prier ensuite deux rika'." 'Abdelazîz a dit encore : "J'ai vu 'Abdallah ben Ez Zobaïr prier deux rika' après la prière de l'après midi, et il racontait que 'Aïcha lui avait rapporté que le Prophète n'entrait jamais chez elle sans avoir prié ces deux rika'."
CHAPITRE LXXIV. - Le malade fait les tournées processionnelles sur une monture.
1. D'après Ibn 'Abbâs, l'Envoyé de Dieu fit les tournées processionnelles sur un chameau. Chaque fois qu'il passa devant la pierre noire, il fit un geste vers elle avec un objet qu'il tenait à la main et dit le tekbîr.
2. Omm Salama a dit : "Je me plaignis à l'Envoyé de Dieu de ce que j'étais souffrante. Il me dit : "Fais les tournées processionnelles derrière les fidèles tout en restant sur ta monture."
"Je fis ainsi les tournées, tandis que l'Envoyé de Dieu priait sur l'un des côtés du temple et récitait ces mots du Coran : "J'en jure par le Sinaï, par un livre tracé" (sourate LII, verset 1 et 2)."
CHAPITRE LXXV. - De l'abreuvement des pèlerins.
1. Ibn 'Omar a dit : "El-'Abbâs ben 'Abdelmottalib demanda à l'Envoyé de Dieu la permission de passer la nuit à la Mecque pendant les nuits de Mina, à cause de ses fonctions d'échanson. L'autorisation lui fut accordée."
2. D'après Ibn 'Abbâs, l'Envoyé de Dieu vint vers la buvette et demanda à boire : "Ô Fadl, dit alors El 'Abbâs, va chez ta mère et apporte à l'Envoyé de Dieu une boisson préparée par elle (Qastallâni ajoute : "J'allais alors vers l'Envoyé de Dieu."). - Donne-moi à boire, dit le Prophète. - Ô Envoyé de Dieu, répondit El 'Abbâs, ils trempent leurs mains dans cette boisson. - Donne-moi à boire, reprit-il." Et il but ; puis il alla au puits de Zemzem où l'on donnait à boire et où on puisait de l'eau. "Travaillez, dit-il, car vous faites là une oeuvre pieuse." Ensuite il ajouta : "Si je ne craignais que vous fussiez débordés (c'est à dire que si le Prophète s'était mis lui-même à puiser de l'eau tous les fidèles auraient voulu l'imiter et la foule eût été si grande que les gens chargés du service de l'abreuvement n'auraient pu remplir leur mission. - Le breuvage offert aux fidèles était fait de raisins secs macérés dans l'eau de Zemzem. - Cette partie du service du temple constituait une charge fort enviée.), je descendrais pour mettre la corde sur ceci." Et, ce disant, il montrait son épaule."
CHAPITRE LXXVI. - De ce qui a été dit au sujet de Zemzem. - Anas ben Mâlik dit que Abou Dzarr lui a rapporté ces paroles de l'Envoyé de Dieu : "Pendant que j'étais à la Mecque, mon plafond s'entr'ouvrit. Gabriel descendit vers moi, m'ouvrit la poitrine et la lava avec de l'eau de Zemzem. Il apporta ensuite un bassin d'or rempli de sagesse et de foi, vida le tout dans ma poitrine qu'il referma. Puis il me prit par la main, me fit monter dans le ciel le plus rapproché et dit au portier du ciel le plus rapproché : "Ouvre. - Qui est là ? demanda le portier." Gabriel répondit.
1. Ibn 'Abbâs a dit : "J'ai donné à boire de l'eau de Zemzem à l'Envoyé de Dieu. Il la but en restant debout." - 'Ikrima, d'après 'Asîm, a juré que, ce jour-là, le Prophète n'avait pas quitté son chameau.
CHAPITRE LXXVII. - De la tournée processionnelle de celui qui accomplit simultanément (le pèlerinage et la visite pieuse).
1. 'Aïcha a dit : "Nous quittâmes Médine avec l'Envoyé de Dieu pour le pèlerinage d'adieu. Nous fîmes la telbiya de la visite pieuse, et ensuite il nous dit : "Que celui qui a amené une victime fasse la telbiya pour le pèlerinage et la visite pieuse et qu'il ne quitte l'ihrâm que lorsqu'il se sera libéré de ces deux rites."
"Quand j'arrivai à la Mecque, j'avais mes menstrues. Notre pèlerinage terminé, le Prophète m'envoya avec 'Abderrahman à Et Ten'îm, où je commençai la visite pieuse." Ceux qui avaient fait la telbiya de la visite pieuse firent les tournées processionnelles, puis quittèrent l'ihrâm. Ensuite, ils firent une autre série de tournées quand ils furent de retour à Mina. Quant à ceux qui avaient accompli simultanément le pèlerinage et la visite pieuse, ils ne firent qu'une seule série de tournées processionnelles.
2. D'après Nâfi': "'Abdallah ben 'Abdallah, le fils d'Ibn 'Omar, entrant chez son père au moment où la monture de celui-ci était arrivée chez lui, lui dit : Je crains que, cette année, il y ait des combats entre les Arabes et qu'ils ne t'empêchent d'arriver au temple sacré. Tu ferais mieux de ne pas partir. - L'Envoyé de Dieu, répondit Ibn 'Omar, se rendant à la Mecque, a trouvé des infidèles de la tribu de Qoraïch qui lui ont barré la route du temple sacré. Si pareille chose m'arrive, je ferai ce qu'a fait l'Envoyé de Dieu, car il y a pour vous dans l'Envoyé de Dieu un excellent modèle à suivre." Ibn 'Omar ajouta : "Je vous prends à témoin que je m'impose le pèlerinage en même temps que la visite pieuse." Cela dit, il partit et ne fit qu'une seule série de tournées processionnelles pour les deux rites."
3. Nâfi' rapporte que Ibn 'Omar voulut faire le pèlerinage, l'année que El Haddjâdj vint assiéger Ibn Ez Zobaïr. Comme on lui représentait qu'un combat pouvait avoir lieu entre ces gens-là et qu'on craignait qu'il fût empêché de poursuivre sa route, il répondit : "Il y a pour vous dans l'Envoyé de Dieu un excellent modèle à suivre. Je ferai donc ce qu'a fait l'Envoyé de Dieu. Je vous prends à témoins que je m'impose une visite pieuse." Il partit ensuite et, arrivé aux environs de El Baïda, il dit : "Les conditions du pèlerinage et de la visite pieuse sont identiques. Je vous prends donc à témoins que je m'impose un pèlerinage avec la visite pieuse." Il se procura alors une victime qu'il acheta à Qodaïd. Il ne fit rien de plus ; il ne fit pas de sacrifice, ne pratiqua aucune des choses que l'ihrâm lui interdisait, ne se rasa pas la tête et ne se coupa pas les cheveux avant le jour du sacrifice. A ce moment seulement, il fit le sacrifice, se rase la tête et estima que sa première tournée processionnelle suffisait comme tournée processionnelle du pèlerinage et de la visite pieuse. "C'est ainsi, ajouta Ibn 'Omar, que faisait l'Envoyé de Dieu."
CHAPITRE LXXVIII. - De la tournée processionnelle précédée des ablutions.
1. Mohammed ben 'Abderrahman ben Naufal El Qorachi ayant interrogé 'Orwa ben Ez Zobaïr, celui-ci lui répondit : "Le Prophète ayant fait le pèlerinage, 'Aïcha m'a raconté que la première chose qu'il fit à son arrivée à la Mecque, ce furent ses ablutions ; ensuite il fit la tournée processionnelle du temple, mais il n'y eut pas visite pieuse."
Abou Bakr, faisant plus tard le pèlerinage, commença tout d'abord par la tournée processionnelle, sans pratiquer ensuite la visite pieuse. 'Omar fit exactement de même. 'Otsmân, à qui j'ai vu faire le pèlerinage, commença également par la tournée processionnelle du temple et il n'y eut pas visite pieuse. Mo'âwia et 'Abdallah ben 'Omar agirent de même.
Pour moi, j'ai fait le pèlerinage avec Abou Ez Zobaïr ben El 'Awwâm qui débuta par la tournée processionnelle du temple sans transformer son pèlerinage en visite pieuse. J'ai vu les Mohâdjir et les Ansar pratiquer de la même façon et ne pas faire de visite pieuse. Le dernier que j'ai vu faire ainsi est Ibn 'Omar, qui n'accomplit pas non plus de visite pieuse. Ibn 'Omar se trouvant parmi eux, ne l'ont-ils donc pas interrogé et (n'ont-ils donc pas su que) personne de ceux qui nous ont précédés n'a jamais commencé autrement en posant le pied (dans la mosquée) que de faire la tournée processionnelle autour du temple. Et ensuite ils ne quittaient point l'ihrâm. J'ai vu ma mère et ma tante maternelle, quand elles arrivaient à la Mecque, ne rien faire avant d'avoir commencé la tournée processionnelle du temple. Ensuite, elles ne quittaient point l'ihrâm. Ma mère m'a raconté qu'elle, sa soeur, Ez Zobaïr, un tel et un tel avaient fait la telbiya de la visite pieuse et que, quand ils eurent touché la pierre noire, ils quittèrent tous l'ihrâm."
CHAPITRE LXXIX. - De l'obligation (de la course) de Es Safa et El Merwa. Elle constitue un des rites prescrits par Dieu.
1. D'après Ez Zohri, Orwa a dit : "Comme je disais à 'Aïcha : "Que penses-tu de ces mots du Coran : "Certes, Es Safa et El Merwa sont parmi les rites prescrits par Dieu. Quiconque fait le pèlerinage au temple sacré ou la visite pieuse ne saurait faire mal en processionnant entre ces deux localités..." (sourate II, verset 153).
"Par Dieu, il ne saurait y avoir péché pour personne en ne processionnant pas à Es Safa et El Merwa." - "Ô fils de ma soeur, me répondit-elle, que c'est mal ce que tu dis là ! S'il fallait donner à ce texte l'interprétation que tu donnes, l'idée eut été exprimée ainsi : "Il ne saurait mal faire en ne processionnant pas entre ces deux localités." Mais ce verset a été révélé à l'occasion des Ansârs."
"Avant d'être musulmans, ils faisaient la telbiya au nom de Manâ la perverse, divinité qu'ils adoraient à El Mochallal. Ceux qui faisaient cette telbiya estimaient à péché de processionner à Es Safa et à El Merwa. Quand ils furent convertis à l'islamisme, les Ansâr questionnèrent l'Envoyé de Dieu à ce sujet en lui disant : "Ô Envoyé de Dieu, nous regardions comme un péché de processionner à Es Safa et à El Merwa." C'est alors que fut révélé le verset : "Certes, Es Safa et El Merwa sont parmi les rites prescrits par Dieu..." Alors, ajouta 'Aïcha, l'Envoyé de Dieu prescrivit de processionner entre ces deux localités, et personne (dorénavant) ne peut se dispenser de cette procession."
"Ensuite, dit Ez Zohri, je racontai la chose à Abou Bakr ben 'Abderrahman qui me dit : "C'est là un fait exact que je n'avais pas entendu dire. Mais j'avais entendu des hommes de science dire qu'il y avait, en dehors de ceux qu'a mentionnés 'Aïcha, des gens qui faisaient la telbiya au nom de Manâ et processionnaient entre Es Safa et El Merwa. Quand le Coran indiqua la tournée processionnelle autour du temple, sans parler de Es Safa et de El Merwa, ces gens là dirent : "Ô Envoyé de Dieu, nous processionnions autrefois à Es Safa et à El Merwa ; or, Dieu, dans la révélation, vient de prescrire la tournée processionnelle autour du temple sans parler de Es Safa. Serait-ce un péché pour nous de processionner à Es Safa et El Merwa ?" Ce fut alors que descendit le verset : "Certes, Es Safa et El Merwa sont parmi les rites prescrits par Dieu..."
Abou Bakr a dit : "J'ai entendu révéler ce verset au sujet de deux groupes : l'un, composé de ceux qui, à l'époque du paganisme, considéraient la procession de Es Safa et de El Merwa comme un péché ; l'autre, de ceux qui processionnaient comme musulmans, parce que Dieu avait prescrit la tournée processionnelle du temple sans parler de Es Safa ni de El Merwa. Ils attendirent que cette prescription fût faite postérieurement à celle de la tournée processionnelle du temple."
CHAPITRE LXXX. - De ce qui a été dit au sujet de la course entre Es Safa et El Merwa. - "Cette course, dit Ibn 'Omar, se fait de la maison des Benou 'Abbâd à la ruelle des Benou Abou Hosaïn.
1. Ibn 'Omar a dit : "Quand l'Envoyé de Dieu faisait la série des tournées processionnelles pour la première fois, il accélérait son allure durant les trois premières et marchait au pas durant les quatre autres. Il accélérait également sa marche dans le fond du torrent quand il processionnaient entre Es Safa et El Merwa."
Comme 'Obaïd demanda à Nâfi' : "'Abdallah marchait-il au pas quand il arrivait au pilier yamanite ? - Non, répondit Nâfi', à moins que la foule ne fût trop grande auprès du pilier, car il ne voulait pas dépasser le pilier sans le toucher."
2. 'Amr ben dïnâr a dit : "Nous interrogeâmes Ibn 'Omar sur le cas d'un homme ayant fait la tournée processionnelle du temple pour une visite pieuse sans processionner entre Es Safa et El Merwa. Cet homme peut-il avoir commerce avec sa femme ?" Ibn 'Omar répondit : "Le Prophète arriva à la Mecque ; il fit la tournée processionnelle du temple sept fois ; il pria deux rika' derrière la station d'Abraham et fit sept fois la course entre Es Safa et El Merwa."
"Or, "il y a pour vous dans l'Envoyé de Dieu un excellent modèle à suivre (sourate XXXIII, verset 21)."
Comme nous interrogions à ce sujet Djâbir ben 'Abdallah, il nous répondit : "Que l'on ne s'approche jamais de sa femme avant d'avoir processionné entre Es Safa et El Merwa."
3. 'Amr ben Dînâr rapporte qu'il a entendu Ibn 'Omar dire : "Le Prophète arriva à la Mecque ; il fit la tournée processionnelle du temple ; il pria deux rika' ; il fit la course entre Es Safa et El Merwa et récita ces mots du Coran : "Il y a pour vous dans l'Envoyé de Dieu un excellent modèle à suivre (sourate XXXIII, verset 21)."
4. 'Âsim rapporte qu'il adressa à Anas ben Mâlik la question suivante : "Aviez-vous de la répugnance à faire la course entre Es Safa et El Merwa ? - Oui, répondit-il, parce que c'était une coutume du temps du paganisme, et cela dura jusqu'au moment où Dieu révéla ces mots : "Certes, Es Safa et El Merwa sont parmi les rites prescrits par Dieu. Quiconque fait le pèlerinage au temple sacré ou la visite pieuse ne saurait faire mal en processionnant entre ces deux localités (sourate II, verset 153)."
5. Ibn 'Abbâs a dit : "L'Envoyé de Dieu ne fit la tournée processionnelle du temple et la course entre Es Safa et El Merwa que pour montrer sa vigueur aux polythéistes."
CHAPITRE LXXXI. - La femme qui a ses menstrues peut accomplir tous les rites, sauf la tournée processionnelle autour du temple. - De celui qui, sans avoir fait ses ablutions, processionne entre Es Safa et El Merwa.
1. 'Aïcha a dit : "J'arrivai à la Mecque au moment où j'avais mes menstrues et ne fis pas les tournées processionnelles autour du temple, non plus que la course entre Es Safa et El Merwa.
Comme je m'en plaignis à l'Envoyé de Dieu, il me répondit : "Fais tout ce que feront les pèlerins, sauf les tournées processionnelles du temple que tu ne feras qu'autant que tu seras purifiée."
2. Djâbir ben 'Abdallah a dit : "Le Prophète fit, ainsi que ses compagnons, la telbiya du pèlerinage. Personne n'avait amené de victime, sauf le Prophète et Talha. 'Ali, qui arrivait du Yémen, avait également une victime avec lui. Je fis la telbiya comme la fit le Prophète, qui ordonna à ses compagnons de la faire pour la visite pieuse, d'accomplir les tournées processionnelles, puis de se tailler les cheveux et de quitter l'ihrâm. Exception fut faite pour ceux qui avaient amené une victime.
"Les compagnons du Prophète dirent : "Allons-nous donc nous rendre à Mina, alors que l'un de nous a peut-être sa verge qui dégoutte encore de sperme ?" Quand le Prophète apprit cela, il s'écria : "Si je pouvais intervertir l'ordre des choses, je n'aurais pas amené de victime, et, si je n'avais pas de victime, je quitterais l'ihrâm."
"'Aïcha eut ses menstrues. Néanmoins, elle accomplit tous les rites du pèlerinage, sauf toutefois qu'elle ne fit pas la tournée processionnelle autour du temple.
Lorsqu'elle fut purifiée de ses menstrues, elle fit la tournée processionnelle, puis elle dit : "Ô Envoyé de Dieu, vous partez, vous autres, avec un pèlerinage et une visite pieuse, tandis que moi je m'en vais après un simple pèlerinage." Aussitôt le Prophète donna l'ordre à 'Abderrahman ben Abou Bakr d'aller avec elle jusqu'à Et Ten'îm et, là, elle commença la visite pieuse après avoir fait le pèlerinage."
3. Hafsa a dit : "Nous empêchions les femmes bien élevées de sortir. Une femme vint un jour et descendit au Qasr des Benou Khalaf. Elle raconta que sa soeur était mariée à un des compagnons du Prophète qui avait fait douze expéditions avec l'Envoyé de Dieu, et elle ajouta : "Ma soeur a accompagné son mari dans six de ses expéditions. Nous soignions les blessés ; nous veillions sur les malades.
"Ma soeur interrogea l'Envoyé de Dieu en ces termes : "Y aurait-il inconvénient à ce que l'une de nous, si elle n'avait pas de voile, n'allât point à la mosquée ? - Qu'elle emprunte un voile à sa voisine, répondit le Prophète, et qu'elle assiste à la bonne oeuvre et à l'invocation des musulmans."
"Quand, ajoute Hafsa, Omm-'Atiyya arriva (à Bassora), les femmes la questionnèrent - ou, suivant une variante, nous la questionnâmes - à ce sujet. Or, Omm-'Atiyya, qui ne mentionnait jamais l'Envoyé de Dieu sans dire : "Je donnerais la vie de mon père !", interrogée par nous si elle avait entendu l'Envoyé de Dieu dire telle ou telle chose, répondit : "Oui, je donnerais la vie de mon père ! il a dit : "Que les femmes bien élevées et les jeunes filles de bonne condition - ou les jeunes filles de bonne condition et les femmes bien élevées - ainsi que celles qui ont leurs menstrues, assistent à la bonne oeuvre et à l'invocation des musulmans. Les femmes ayant leurs menstrues se tiendront à part dans l'oratoire." - Les femmes ayant leurs menstrues ? m'écriai-je. - Eh ! bien, reprit-elle, est-ce qu'elles n'assistent pas, à 'Arafa, à telle cérémonie, à telle cérémonie ?"
CHAPITRE LXXXII. - De la telbiya faite à El Bathâ et de celle faite ailleurs par le Mecquois et le pèlerin qui se rend à Mina (Par "le pèlerin qui se rend à Mina", il faut entendre celui qui, habitant le territoire de la Mecque, accomplit successivement le pèlerinage et la visite pieuse.). - Interrogé sur la question de savoir quand l'habitant voisin de la Mecque doit faire la telbiya du pèlerinage, 'Atâ répondit : "Ibn 'Omar faisait la telbiya le jour de l'abreuvement après la prière de midi et quand il était installé sur sa monture." - Djâbir a dit : "Nous arrivâmes avec le Prophète et nous quittâmes l'ihrâm jusqu'au jour de l'abreuvement. Alors, tournant le dos à la Mecque, nous fîmes la telbiya du pèlerinage." - D'après Djâbir : "Nous fîmes la telbiya à partir de El Bathâ." - 'Obaïd ben Djoraïdj dit à Ibn 'Omar : "Quand tu es à la Mecque et que les gens font la telbiya à l'apparition du croissant de la lune, je vois que toi tu attends pour faire la telbiya le jour de l'abreuvement. - Je n'ai pas vu, répondit-il, le Prophète faire la telbiya avant que sa monture ne fût en marche."
CHAPITRE LXXXIII. - Où fait-on la prière de midi le jour de l'abreuvement. - 'Abdelaziz ben Rofaï' a dit : "J'interrogeai Anas ben Mâlik en lui demandant de me renseigner sur ce qu'il savait de l'endroit où l'Envoyé de Dieu faisait les prières de midi et de l'après-midi le jour de l'abreuvement. Anas me répondit : "A Mina. - Et où, lui demandai-je encore, faisait-il la prière de l'après-midi le jour de la dislocation ? - A El Abtah, me répondit-il." Puis il ajouta : "Fais comme font tes émirs."
1. 'Abdelazîz a dit : "J'allai à Mina le jour de l'abreuvement. Je rencontrai Anas, qui s'en allait monté sur un âne. "Où ce jour-ci, lui dis-je, le Prophète faisait-il la prière de midi ? - Regarde où prient tes émirs, me répondit-il, et fais là ta prière."
CHAPITRE LXXXIV. - De la prière à Mina.
1. 'Abdallah ben 'Omar a dit : "L'Envoyé de Dieu pria à Mina deux rika'. Ainsi firent Abou Bakr, 'Omar et 'Otsmân, ce dernier au début de son Khalifa."
2. Hâritsa ben Wahb El Khozâ'i a dit : "L'Envoyé de Dieu dirigea la prière à Mina et fit deux rika'. Jamais nous n'avions été aussi nombreux ni aussi fervents que ce jour-là."
3. 'Abdallah a dit : "Je fis la prière avec le Prophète ; elle fut de deux rika' ; je la fis également de deux rika' avec Abou Bakr, de deux rika' avec 'Omar et deux rika' avec Otsmân. Plus tard, vous avez modifié la tradition. Plût au Ciel que, pour ma part, au lieu de quatre rika', je n'en fisse que deux agréées de Dieu."
CHAPITRE LXXXV. - Du jeûne le jour de 'Arafa.
1. Omm El Fadl a dit : "Les gens ont émis des doutes au sujet du jeûne du Prophète le jour de 'Arafa. Or, j'ai envoyé ce jour-là à boire au Prophète et il a bu."
CHAPITRE LXXXVI. - De la telbiya et du tekbir quand on se rend de Mina à 'Arafa.
1. Mohammed ben Abou Bakr Ets Tsaqafi rapporte qu'il posa à Anas ben Mâlik, alors qu'ils allaient tous deux de Mina à 'Arafa, la question suivante : "Comment faisiez-vous en ce jour avec l'Envoyé de Dieu ? - Celui de nous, répondit-il, qui voulait faire la telbiya la faisait sans qu'on y trouvât à redire ; celui de nous qui voulait faire le tekbir le faisait sans qu'on lui adressât de reproches."
CHAPITRE LXXXVII. - Du retour pendant la grande chaleur le jour de 'Arafa.
1. Sâlim a dit : "'Abdelmalik écrivit à El Haddjâdj de suivre strictement les instructions de Ibn 'Omar au sujet du pèlerinage. Ibn 'Omar vint (à la Mecque) et j'étais avec lui le jour de 'Arafa lorsque le soleil commença à décliner. Alors Ibn 'Omar se mit à crier près du pavillon de El Haddjâdj. Celui-ci sortit aussitôt : il était vêtu d'un grand voile teint en rouge. "Qu'as-tu, ô Abou 'Abderrahman ? s'écri-t-il. - Il faut partir, répliqua celui-ci, si tu veux suivre la règle prophétique. - A cette heure ? reprit El Haddjâdj. - Oui, reprit-il. - Eh bien, s'écria-t-il, attends que je me passe de l'eau sur la tête et je pars." Ibn 'Omar descendit de sa monture en attendant que El Haddjâdj sortit, puis il se mit en marche entre mon père et moi. Comme je disais à El Haddjâdj : "Si tu veux suivre la règle prophétique, abrège le prône et hâte-toi de finir la prière", il regarda du côté d'Ibn 'Omar, ce que voyant, celui-ci dit : "Il a raison".
CHAPITRE LXXXVIII. - Du fait de se tenir droit sur sa monture à 'Arafa.
1. Omm El Fadl bent El Harits rapporte que certaines personnes discutaient auprès d'elle le jour de 'Arafa au sujet du jeûne du Prophète ; les uns disant que le Prophète jeûnait, d'autres assurant qu'il ne jeûnait pas. "Eh ! bien, dit-elle, je lui ai envoyé un bol de lait et il l'a bu debout sur son chameau."
CHAPITRE LXXXIX. - De la réunion de deux prières à 'Arafa. - Ibn 'Omar, quand l'heure de la prière avec l'imam était passée, réunissait deux prières ensemble. - Sâlim rapporte que El Haddjadj ben Youssef, l'année où il vint assiéger Ibn Ez Zobaïr, demanda à 'Abdallah comment il faisait pendant la station à 'Arafa. Sâlim lui répondit : "Si tu veux suivre la règle prophétique, fais par la grande chaleur la prière le jour de 'Arafa." "Il a raison, dit alors 'Abdallah ben 'Omar, car la règle était de réunir ensemble les prières de midi et de l'après-midi." - "Comme, dit Ibn Chihâb, je demandais à Sâlim si le Prophète agissait ainsi, il me répondit : "Est-ce que, en pareille matière, on suit autre chose que la pratique du Prophète ?"