Sahih El Boukhâri: TITRE 25 DU PELERINAGE page 4
TITRE 25
DU PELERINAGE
CHAPITRE XC. - De l'abrègement du prône le jour de 'Arafa.
1. Sâlim ben 'Abdallah rapporte que 'Abdelmalik ben Merwân écrivit à El Haddjâdj de se laisser diriger par 'Abdallah ben 'Omar dans le pèlerinage. Lorsque ce fut le jour de 'Arafa, Ibn 'Omar vint - et j'étais avec lui - quand le soleil déclina (c'est à dire peu de temps après midi, au moment de la plus forte chaleur.) et se mit à crier auprès de la tente d'El Haddjâdj : "Où est-il donc ?" El Haddjâdj étant alors sorti, Ibn 'Omar lui dit : "Il faut partir. - Maintenant ? demanda El Haddjâdj ? - Oui, répliqua Ibn 'Omar. - Eh bien, reprit-il, attends que je me passe de l'eau sur la tête." Ibn 'Omar descendit de sa monture et attendit que El Haddjâdj sortit. Puis il se mit en marche entre mon père et moi. Je dis alors à El Haddjâdj : "Si tu veux suivre en ce jour la pratique prophétique, abrège le prône et hâte-toi d'achever la prière." Ibn 'Omar dit : "Il a raison."
CHAPITRE XCI. - De la station à 'Arafa.
1. Djobaïr ben Mot'im a dit : "Un de mes chameaux s'était égaré ; je me mis à sa recherche le jour de 'Arafa. J'aperçus le Prophète qui était debout à 'Arafa. Alors je dis : "Par Dieu, c'est un Homs ! que fait-il donc-là ?"
2. 'Orwa a dit : "Au temps du paganisme les gens faisaient tout nus la tournée processionnelle. Les Homs, et par là on entendait Qoraïch et ses descendants, faisaient seuls exception. Chaque homme des Homs se faisait un mérite de donner des vêtements à des hommes qui les revêtaient pour la tournée processionnelle. Les femmes donnaient également à certaines femmes des vêtements qu'elles revêtaient pour la tournée processionnelle. Ceux à qui les Homs ne donnaient point de vêtements faisaient la tournée processionnelle du temple tout nus. La masse des pèlerins dévalait tumultueusement de 'Arafa, tandis que les Homs pratiquaient la chose de Djam' (c'est un des noms de El Mozdalifa)."
"Mon père m'a dit tenir de 'Aïcha que c'est au sujet des Homs que le verset suivant a été révélé : "Puis dévalez par là où les autres dévalent..." (sourate II, verset 195). Les Homs dévalaient autrefois par Djam' ; ils dévalèrent dorénavant par 'Arafât.
CHAPITRE XCII. - De l'allure quand on dévale de 'Arafat.
1. Abou 'Orwa a dit : "Pendant que j'étais assis près de Osâma, on demanda à ce dernier quelle allure prit l'Envoyé de Dieu au pèlerinage d'adieu, lorsqu'il dévala. "Il allait à une allure assez modérée ; mais, quand il se trouvait au large, il précipitait vivement son allure."
CHAPITRE XCIII. - De la descente (de monture) entre 'Arafat et Djam'.
1. D'après Osâma ben Zaïd, le Prophète, quand il dévala de 'Arafat, inclina du côté du ravin. Il satisfit ses besoins naturels et fit ses ablutions. Comme je lui disais : "Ô Envoyé de Dieu, vas-tu faire la prière ?" il me répondit : "La prière (se fera là-bas) devant toi."
2. Nâfi' a dit : 'Abdallah ben 'Omar faisait ensemble à Djam' les deux prières du coucher du soleil et du soir. Toutefois il passait par le ravin qu'avait pris l'Envoyé de Dieu ; il y entrait, accomplissait ses besoins naturels, faisait ses ablutions, mais ne faisait la prière qu'arrivé à Djam'.
3. Osâma ben Zaïd a dit : "J'étais en croupe de l'Envoyé de Dieu quand il partit de 'Arafat. Arrivé au ravin, qui est à gauche en deçà de El Mozdalifa, l'Envoyé de Dieu fit agenouiller sa chamelle et urina. Je vins lui verser l'eau des ablutions et il fit une ablution légère. "Tu vas faire la prière ? lui dis-je. - La prière, me répondit-il, se fera là-bas devant toi." L'Envoyé de Dieu enfourcha alors sa monture et, arrivé à El Mozdalifa, il y fit la prière."
Ce fut ensuite El Fadl qui monta en croupe de l'Envoyé de Dieu le matin au départ de Djam'. Or, rapporte Karîb, 'Abdallah ben 'Abbâs m'a raconté tenir de El Fadl que l'Envoyé de Dieu ne cessa de faire la telbiya jusqu'au moment du jet des cailloux.
CHAPITRE XCIV. - Le Prophète prescrit le calme au moment du dévalement. Il y invitait les fidèles en faisant un geste avec son fouet.
1. Ibn 'Abbâs rapporte qu'il dévala avec le Prophète le jour de 'Arafa. Entendant derrière lui une violente bousculade et les coups qu'on donnait aux chameaux, le Prophète fit un geste avec son fouet disant : "Ô fidèles, du calme ! la piété ne consiste pas à forcer sa monture."
CHAPITRE XCV. - De la réunion des deux prières à El Mozdalifa.
1. Osâma ben Zaïd a dit : "L'Envoyé de Dieu dévala de 'Arafa ; il descendit dans le ravin, urina et fit une ablution sans l'accomplir intégralement. "Tu vas faire la prière ? lui dis-je. - La prière, me répondit-il, se fera là-bas, devant toi." Arrivé à El Mozdalifa, il fit l'ablution complète et, le second appel à la prière ayant été fait, il fit la prière du coucher du soleil. Ensuite, chacun ayant fait agenouiller sa chamelle à l'endroit qu'il devait occuper, le second appel à la prière (du soir) fut fait et il pria sans avoir fait de prière dans l'intervalle.
CHAPITRE XCVI. - De celui qui réunit deux prières sans faire de prière surérogatoire.
1. Ibn 'Omar a di : "A Djam', le Prophète réunit les deux prières du coucher du soleil et du soir, chacune d'elles ayant été l'objet d'un second appel. Entre ces deux prières, pas plus qu'à la suite d'aucune d'elles, il ne fit de prière surérogatoire.
2. Abou Ayyoub El Ansâri rapporte que, à El Mozdalifa, lors du pèlerinage d'adieu, l'Envoyé de Dieu réunit les deux prières du coucher du soleil et du soir.
CHAPITRE XCVII. - De celui qui fait le premier et le second appel pour chacune de ces deux prières.
1. 'Abderrahman ben Yazîd a dit : "'Abdallah fit le pèlerinage et nous arrivâmes à El Mozdalifa au moment du premier appel de la prière du soir ou tout près de ce moment là. 'Abderrahman donna l'ordre à un homme de faire le premier et le second appel de la prière ; il fit la prière du coucher du soleil, pria ensuite deux rika', puis demanda son souper. Il soupa et donna l'ordre à un homme de faire le premier et le second appel à la prière, à ce que je crois. - Ce doute, dit 'Amr n'a pas été formulé, à ce que je sache, par un autre que Zohaïr. - 'Abdallah pria deux rika' pour la prière du soir. Quand l'aurore vint, il dit : "Le Prophète ne faisait pas de prière à cette heure, excepté celle-ci en cet endroit et en ce jour."
'Abdallah ajouta : "Il y a deux prières dont les heures canoniques peuvent être changées : la prière du coucher du soleil quand les fidèles sont arrivés à El Mozdalifa et celle de l'aurore (du matin) quand l'aube a blanchi. J'ai vu, ajouta-t-il, le Prophète agir ainsi.
CHAPITRE XCVIII. - De celui qui, la nuit, envoie en avant les faibles de sa famille se tenir à El Mozdalifa et y faire des invocations et qui les envoie quand la lune est couchée.
1. Sâlim a dit : "La nuit, 'Abdallah ben 'Omar envoyait en avant les faibles de sa famille se tenir sur le monticule sacré de El Mozdalifa et y faire telles prières qu'ils voudraient. Ils revenaient avant que l'imam se tînt debout et que le dévalement commençât ; les uns se rendaient à Mina pour la prière du matin, d'autres n'y arrivaient que plus tard. Aussitôt arrivés, tous jetaient les cailloux. Ibn 'Omar disait que l'Envoyé de Dieu avait admis cette tolérance en faveur de ces gens-là."
2. Ibn 'Abbâs a dit : "Le Prophète m'envoya pendant la nuit veille de Djam'."
3. Ibn 'Abbâs a dit : "Je fus un de ceux que le Prophète envoya de nuit en avant la veille de El Mozdalifa, avec les faibles de sa famille."
4. 'Abdallah, affranchi de Asmâ, rapporte que celle-ci était installée près de El Mozdalifa la nuit veille de Djam'. Elle se leva pour faire la prière et, quand elle eut prié un instant, elle dit : "Mon cher enfant, la lune est-elle couchée ? - Non, répondis-je." Elle pria encore un instant et reprit : "Mon cher enfant, la lune est-elle couchée ? - Oui, répliquai-je." Alors, ajoute Asmâ, on se mit en route et nous partîmes également ; en passant je jetai les cailloux. Arrivée à sa tente, Asmâ fit la prière du matin. "Eh ! lui dis 'Abdallah, il me semble que (pour le jet des cailloux) nous étions encore dans les ténèbres. - Mon cher enfant, répondit-elle, l'Envoyé de Dieu l'a permis aux femmes."
5. 'Aïcha a dit : "Souda avait demandé au Prophète l'autorisation (de partir pour Mina) la nuit veille de El Djam' parce qu'elle était opulente de formes et qu'elle marchait péniblement. Le Prophète lui accorda cette autorisation."
6. 'Aïcha a dit : "Nous étions installés à El Mozdalifa. Souda demanda alors au Prophète l'autorisation de partir pour Mina avant la cohue des fidèles et cela parce qu'elle avait peine à marcher. Cette permission lui ayant été accordée, elle partit avant la bousculade des fidèles. Quant à nous, nous attendîmes le matin et descendîmes avec le Prophète. Si j'avais demandé (et obtenu) du Prophète l'autorisation que lui avait demandée Souda, cela m'aurait causé plus de joie que n'importe quel autre plaisir.
CHAPITRE XCIX. - Quand fait-on la prière du matin à Djam' ?
1. 'Abdallah a dit : "Je n'ai jamais vu le Prophète faire aucune prière canonique en dehors des heures fixées, sauf pour deux prières. Il a réuni les deux prières du coucher du soleil et du soir et a fait la prière du matin avant l'heure fixée."
2. 'Abderrahman ben Yazîd a dit : "Je partis avec 'Abdallah pour la Mecque. Ensuite nous nous rendîmes à Djam' ; là, il fit deux prières, chacune séparément avec son premier et second appel, et il soupa entre les deux prières. Quand l'aube se leva, il fit la prière du matin - les uns disent quand l'aube se leva ; d'autres, avant qu'elle ne se levât. - Ensuite il dit : "Certes, l'Envoyé de Dieu a dit : "Voici deux prières dont j'ai changé les heures en cet endroit : la prière du coucher du soleil et celle du soir. Que les fidèles ne viennent pas à Djam' avant la nuit close et qu'ils fassent la prière du matin à cette heure-ci." Ensuite il se tint debout jusqu'à ce qu'il fit jour et il dit : "Si le prince des croyants dévalait maintenant, il suivrait la pratique prophétique." - Je ne sais pas s'il se servit de l'expression اسرع (se hâter) ou جفع (marcher à bonne allure) en parlant de 'Otsmân. - Ensuite 'Abdallah ne cessa de faire la telbiya jusqu'à ce qu'il eut jeté les cailloux de El 'Aqaba, le jour du sacrifice."
CHAPITRE C. - Quand doit-on dévaler de Djam' ?
1. 'Amr ben Maïmoun a dit : "J'étais présent quand 'Omar fit à Djam' la prière du matin. La prière faite, il resta debout et dit : "Les polythéistes attendaient pour dévaler que le soleil fût levé et ils disaient : "Tsabîr, sois éclairé par le soleil." Le Prophète voulut agir différemment et il dévala avant que le soleil ne fût levé."
CHAPITRE CI. - De la telbiya et du Tekbîr le matin du jour du sacrifice, au moment du jet des cailloux à 'Aqara et du fait de se mettre en croupe d'un autre pour le trajet.
1. Selon Ibn 'Abbâs, le Prophète prit en croupe El Fadl, et El Fadl rapporte que le Prophète ne cessa de faire la telbiya jusqu'au moment où il jeta les cailloux.
2. Ibn 'Abbâs rapporte que Osâma monta en croupe de l'Envoyé de Dieu depuis 'Arafa jusqu'à El Mozdalifa. Ensuite le Prophète prit en croupe El Fadl de El Mozdalifa à Mina. Tous deux dirent que le Prophète ne cessa de faire la telbiya jusqu'au moment où il jeta les cailloux à 'Aqaba.
CHAPITRE CII. - De ces mots du Coran : "...Celui qui accomplit successivement la visite pieuse et le pèlerinage devra offrir une victime selon ses moyens...habitant la ville du temple sacré..." (sourate II, verset 192).
1. Abou Djamra a dit : "Je questionnai Ibn 'Abbâs au sujet de l'accomplissement successif du pèlerinage et de la visite pieuse. Il me prescrivit de le faire. Je l'interrogeai ensuite sur la victime. Il me répondit qu'elle pouvait consister en un morceau de viande, une vache, un mouton ou encore en la participation à un sacrifice. Il paraît que certains fidèles réprouvaient l'accomplissement successif des deux rites. Or, pendant mon sommeil, il me sembla voir en songe un homme qui s'écriai : Un pèlerinage pieusement accompli suivi d'une visite pieuse agréée. J'allai trouver Ibn 'Abbâs et lui racontai la chose : "Dieu est grand, me répondit-il, c'est la pratique même d'Abou-'l-Qâsim (Le Prophète Mohamed)."
CHAPITRE CIII. - De l'emploi comme monture du chameau-victime. - D'après ces mots du Coran : Le chameau victime, nous en avons fait pour vous un des rites de Dieu. Vous en tirerez des bienfaits. Mentionnez le nom de Dieu sur les victimes au moment où elles seront sur trois pieds. Lorsque leurs flancs auront touché le sol, mangez leur chair et donnez-en à manger au mendiant et au pauvre honteux. C'est ainsi que vous seriez reconnaissants. - Ni leurs chairs, ni leur sang n'iront jusqu'à Dieu, car votre piété seule ira jusqu'à lui. C'est ainsi que nous vous avons soumis ces animaux afin que vous reconnaissiez la grandeur de Dieu à cause de la bonne voie dans laquelle il vous a conduits. Annonce la bonne nouvelle à ceux qui font le bien. (sourate XXII, verset 37 et 38).
1. Selon Abou Horaïra, l'Envoyé de Dieu ayant vu un homme qui conduisait sa victime par le licol, lui dit : "Monte sur ton animal. - C'est une victime, répondit l'homme. - Monte-la, reprit le Prophète. - C'est une victime, répéta l'homme. - Monte-la donc, malheureux ! s'écria le Prophète à la seconde ou à la troisième fois."
2. D'après Anas, le Prophète ayant vu un homme conduisant une victime par le licol, lui cria : Monte-la. - C'est une victime, répondit l'homme. - Monte-la, reprit le Prophète. - C'est une victime, répéta l'homme. - Monte-la, lui dit le Prophète pour la troisième fois."
CHAPITRE CIV. - De celui qui mène sa victime par le licol.
1. Ibn 'Omar a dit : "Lors du pèlerinage d'adieu, l'Envoyé de Dieu voulut accomplir successivement la visite pieuse et le pèlerinage. Il avait amené une victime qu'il conduisit par le licol à partir de Dzou-'l-Holaïfa. L'Envoyé de Dieu commença par faire la telbiya de la visite pieuse, puis il fit celle du pèlerinage. Les fidèles, à l'imitation du Prophète, voulurent accomplir successivement la visite pieuse et le pèlerinage. Certains d'entre eux qui avaient des victimes les conduisaient par le licol ; d'autres n'avaient point amené de victime. Arrivé à la Mecque, le Prophète dit aux fidèles : "Ceux d'entre vous qui ont amené des victimes ne seront libérés d'aucune des interdictions de l'ihrâm tant qu'ils n'auront pas achevé leur pèlerinage. Quant à ceux d'entre vous qui n'ont pas amené de victime, qu'ils fassent la tournée processionnelle du temple, la course de Es Safa et El Merwa, puis qu'ils taillent leurs cheveux et quittent l'ihrâm. Ensuite ils feront la telbiya du pèlerinage et celui qui ne pourra pas se procurer de victime jeûnera trois jours durant le pèlerinage et sept jours quand il rentrera dans ses foyers.
Le Prophète fit la tournée processionnelle aussitôt arrivé à la Mecque, et toucha la pierre noire tout au début. Il accéléra son allure pendant les trois premières tournées et marcha au pas durant les quatre autres. La tournée processionnelle autour du temple terminée, il pria deux rika' auprès de la station d'Abraham, fit la salutation finale et partit pour se rendre à Es Safa. Il fit sept fois la course entre Es Safa et El Merwa, mais il ne se libéra d'aucune des interdictions de l'ihrâm avant d'avoir terminé son pèlerinage, d'avoir égorgé sa victime le jour du sacrifice, d'avoir dévalé et fait de nouveau la tournée processionnelle du temple. Alors seulement il s'affranchit de toutes les interdictions de l'ihrâm. Tous les fidèles, qui avaient des victimes et les avaient amenées conduites par le licol, firent ce qu'avait fait l'Envoyé de Dieu.
'Aïcha rapporte ce qui suit au sujet de l'accomplissement successif fait par le Prophète de la visite pieuse et du pèlerinage : Tous les fidèles qui étaient avec le Prophète accomplirent successivement les deux rites. Ceci est conforme à ce qu'a raconté Sâlim d'après Ibn 'Omar au sujet de l'Envoyé de Dieu.
CHAPITRE CV. - De celui qui achète sa victime en cours de route.
1. D'après Nâfi', 'Abdallah ben 'Abdallah ben 'Omar dit à son père : "Reste à la maison, car je crains que les troubles ne t'empêchent de parvenir au temple de Dieu. - En ce cas, répondit Ibn 'Omar, je ferai ce qu'a fait l'Envoyé de Dieu." Il y a pour vous, ajouta-t-il, dans l'Envoyé de Dieu, un excellent modèle à suivre. Je vous prends à témoins que j'ai pris l'engagement vis à vis de moi-même de faire la visite pieuse et je ferai la telbiya de la visite pieuse de la maison." Ibn 'Omar sortit ensuite et, arrivé à El Baïda, il fit la telbiya du pèlerinage et de la visite pieuse en disant : "En somme le pèlerinage et la visite pieuse ne sont qu'une même chose." Il acheta une victime à Qodaïd, se rendit à la Mecque, fit pour les deux rites une seule tournée processionnelle, mais ne s'affranchit de l'ihrâm que quand il pu s'en affranchir pour les deux rites.
CHAPITRE CVI. - De celui qui marque sa victime et lui met une guirlande à Dzou-'l-Holaïfa, puis qui se met en ihrâm. - Nâfi' a dit que Ibn 'Omar, quand il emmenait une victime de Médine, lui mettait une guirlande et la marquait à Dzou-'l-Holaïfa. Pour la marquer il lui entaillait la partie droite de la bosse avec un tranchet pendant qu'elle était agenouillée et tournée du côté de la qibla.
1. El Miswar ben Makhrama et Merwân ont dit : "A l'époque de El Hodaïbiyya, le Prophète partit de Médine à la tête d'environ cent treize de ses compagnons. Arrivé à Dzou-'l-Holaïfa, le Prophète mit une guirlande à sa victime et la marqua, puis il se mit en ihrâm pour la visite pieuse.
2. 'Aïcha a dit : "Je tressais de ma main les guirlandes pour les victimes du Prophète. Il les leur mettait lui-même autour du cou, il les marquait et les conduisait. Mais ces opérations ne faisaient point que rien de ce qui lui était permis (auparavant) lui fût interdit.
CHAPITRE CVII. - De la tresse des guirlandes pour les victimes, chameaux ou boeufs.
1. Suivant Ibn 'Omar, Hafsa a dit au Prophète : "Ô Envoyé de Dieu, pourquoi tous les fidèles ont-ils quitté l'ihrâm alors que toi tu ne l'as pas quitté ? - C'est que moi, répondit-il, j'ai feutré ma tête et mis une guirlande à sa victime et la marqua, puis il se mit en ihrâm pour la visite pieuse.
2. 'Aïcha a dit : "L'Envoyé de Dieu emmenait sa victime de Médine et c'est moi qui tressais les guirlandes de cette victime. Il ne s'abstenait après cela de rien de ce dont on s'abstient dans l'ihrâm.
CHAPITRE CVIII. - De la marque du chameau victime. - 'Orwa a dit, d'après El Miswar, que le Prophète mit des guirlandes à sa victime, qu'il la marqua et qu'il prit l'ihrâm de la visite pieuse.
1. 'Aïcha a dit : "Je tressai les guirlandes de la victime du Prophète ; il marqua la victime, lui passa les guirlandes - ou, suivant une variante, je les lui passai - puis il l'envoya au temple de la Mecque. Pour lui, il resta à Médine et ne s'abstint de rien de ce qui lui était permis en temps normal."
CHAPITRE CIX. - De celui qui, de sa main, met les guirlandes à sa victime.
1. 'Amra bent 'Abderrahman raconte que Ziyâd ben Abou Sofyân écrivit à 'Aïcha que 'Abdallah ben 'Abbâs avait dit : "Celui qui a choisi une victime devra s'abstenir de tout ce dont s'abstient le pèlerin tant que sa victime n'aura pas été égorgée." 'Amra ajoute que 'Aïcha répondit qu'il n'en était pas comme le disait Ibn 'Abbâs.
"Moi-même, dit-elle, j'ai tressé de mes mains les guirlandes de la victime de l'Envoyé de Dieu ; l'Envoyé de Dieu les passa de ses mains au cou de la victime qu'il envoya ensuite au temple de la Mecque par les soins de mon père. L'Envoyé de Dieu ne s'interdit rien des choses que Dieu lui avait rendues licites jusqu'au moment où la victime fut égorgée."
CHAPITRE CX. - De l'enguirlandement des moutons.
1. 'Aïcha a dit : "Une fois le Prophète choisit pour victimes des moutons."
2. 'Aïcha a dit : "C'est moi qui tressai les guirlandes pour le Prophète ; il les passa lui-même au cou des moutons et demeura dans sa famille vivant de la vie normale."
3. 'Aïcha a dit : "C'est moi qui tressai les guirlandes des moutons pour le Prophète ; il expédia ces moutons et continua à vivre de la vie normale."
4. 'Aïcha a dit : "Je tressais pour les victimes du Prophète, c'est à dire je tressais les guirlandes, avant qu'il ne prît l'ihrâm."
CHAPITRE CXI. - Des guirlandes en laine (teinte).
1. La mère des Croyants a dit : "Je tressais les guirlandes des victimes avec de la laine (teinte) que j'avais."
CHAPITRE CXII. - Du fait de mettre des chaussures au cou de la victime.
1. Abou Horaïra rapporte que le Prophète vit un homme qui conduisait son chameau victime par le licol. "Monte-le, lui cria-t-il. - C'est un chameau victime, objecta l'homme. - Monte-le, reprit le Prophète." Abou Horaïra ajoute : "Je vis ensuite cet homme monté sur son chameau victime marchant à côté du Prophète, et le chameau avait des chaussures autour du cou."
CHAPITRE CXIII. - Du caparaçon sur le chameau victime. - Ibn 'Omar ne fendait le caparaçon qu'à l'endroit de la bosse. Quand il égorgeait se victime il enlevait le caparaçon afin qu'il ne fût pas abîmé par le sang et il faisait don ensuite de ce caparaçon.
1. 'Ali a dit : "L'Envoyé de Dieu me donna l'ordre de faire cadeau du caparaçon du chameau victime qui venait d'être égorgé ainsi que de la peau de l'animal."
CHAPITRE CXIV. - De celui qui achète sa victime en cours de route et lui met une guirlande.
1. Nâfi' a dit : "L'année du pèlerinage des Harouriyya, au temps de Ibn Ez Zobaïr, Ibn 'Omar voulut faire le pèlerinage. On lui fit observer que les gens étaient en guerre et qu'il avait à craindre d'être empêché d'arriver à la Mecque. "Il y a pour vous, répondit-il, dans l'Envoyé de Dieu, un excellent modèle à suivre. Donc, je ferai comme lui et je vous prends à témoins que je m'impose la visite pieuse." Arrivé aux environs de El Baïda, il ajouta : "En somme, le pèlerinage et la visite pieuse sont une même chose. Je vous prends à témoins que je veux accomplir successivement le pèlerinage et la visite pieuse." Il emmena une victime enguirlandée qu'il avait achetée (à Qodaïd). Arrivé à la Mecque, il fit la tournée processionnelle du temple, puis la course de Es Safa et de El Merwa, mais rien de plus. Il ne se libéra de rien de ce qu'interdisait l'ihrâm jusqu'au jour du sacrifice. Alors il se rasa la tête et égorgea sa victime, estimant que, par sa première tournée et celle de la visite pieuse. Et il ajouta : "C'est ainsi que faisait le Prophète."
CHAPITRE CXV. - De l'homme qui égorge un boeuf au nom de ses femmes sans que celles-ci lui en aient donné mission.
1. 'Amra bent 'Abderrahman rapporte qu'elle a entendu 'Aïcha dire : "Nous partîmes avec l'Envoyé de Dieu, le cinquième avant-dernier jours de Dzou-'l-Qa'da, ne pensant faire que le pèlerinage. Arrivés près de la Mecque, l'Envoyé de Dieu ordonna à tous ceux qui n'avaient pas amené de victime avec eux de quitter l'ihrâm aussitôt qu'ils auraient fait la tournée processionnelle du temple et la course de Es Safa et El Merwa. Le jour du sacrifice on nous apporta un morceau de viande de boeuf. "Qu'est-ce que ceci ? demandai-je." On me répondit que le Prophète avait égorgé ce boeuf au nom de ses femmes."
"Comme, dit Yahya, je racontai cela à El-Qâsim, il me répondit : "Elle t'a bien raconté la chose telle qu'elle s'est passée."
CHAPITRE CXVI. - De l'égorgement pratiqué à l'endroit où le fit le Prophète à Mina.
1. Nâfi' rapporte que 'Abdallah égorgeait sa victime à l'endroit où on égorgeait. 'Obaïd Allah ajoute : "L'endroit où l'Envoyé de Dieu égorgeait."
2. Nâfi' rapporte que Ibn 'Omar expédiait sa victime de Djam' à la fin de la nuit. La victime était introduite à l'endroit où l'Envoyé de Dieu faisait son sacrifice, au milieu des pèlerins, parmi lesquels se trouvaient des hommes libres et des esclaves.
CHAPITRE CXVII. - De celui qui égorge de sa main.
1. Au sujet de ce hadith, Anas a dit : "Le Prophète égorgea de sa main sept chameaux victimes debout. A Médine, il immola deux béliers noirs marqués de blanc et ayant de grandes cornes."
CHAPITRE CXVIII. - De l'égorgement du chameau debout sur trois pieds.
1. Ziyâd ben Djobaïr a dit : "J'ai vu Ibn 'Omar aller trouver un homme qui avait fait agenouiller son chameau pour l'égorger, et lui dire : "Fais-le tenir debout sur trois pieds, telle est la pratique établie par Mohammed."
CHAPITRE CXIX. - De l'égorgement du chameau victime debout. - Ibn 'Omar a dit : "Telle était la pratique établie par Mohammed." - Ibn 'Abbâs a dit : "Sur trois pieds, debout."
1. Anas a dit : "Le Prophète fit la prière de midi à Médine, et cette prière fut de quatre rika' ; il fit la prière de l'après-midi avec deux rika' à Dzou-'l-Holaïfa, où il passa la nuit. Le lendemain matin, il enfourcha sa chamelle et se mit à faire des actions de grâces et de glorifications. Arrivé en vue de El Baïda il fit la double telbiya. Quand il fut entré à la Mecque il ordonna de quitter l'ihrâm.
Le Prophète égorgea de sa propre main sept chameaux victimes debout, et il immola à Médine deux béliers noirs marqués de blanc et ayant de grandes cornes."
2. Selon Anas ben Mâlik, le Prophète fit la prière de midi à Médine, et la fit de quatre rika'. Il fit la prière de l'après midi avec deux rika', à Dzou-'l-Holaïfa.
Suivant un autre isnâd, Anas ajouta : "Puis il passa la nuit et le lendemain il fit la prière du matin. Il enfourcha ensuite sa monture, et, quand elle fut relevée à El Baïda, il fit la telbiya de la visite pieuse et du pèlerinage."
CHAPITRE CXX. - On ne donne aucune part de la victime à celui qui la dépèce.
1. 'Abderrahman ben Abou Laïla rapporte que 'Ali a dit : "Le Prophète m'avait envoyé pour m'occuper des chameaux victimes. Il me donna l'ordre d'en distribuer la chair ; puis il m'enjoignit d'en distribuer d'abord les caparaçons puis les peaux."
Suivant un autre isnâd, 'Ali aurait dit : "Le Prophète m'avait ordonné de m'occuper des chameaux victimes et de ne rien donner pour le dépècement de l'animal."