Sahih El Boukhâri: TITRE 25 DU PELERINAGE

Publié le par laplumedelislam

TITRE 25

DU PELERINAGE

CHAPITRE XXXVII. - De ces mots du Coran : "Cela s'applique à ceux dont la famille n'est pas dans le voisinage (c'est à dire dont la famille n'est pas établie sur le territoire sacré de la Mecque) du temple sacré" (sourate II, verset 192). - D'après 'Ikrima, Ibn 'Abbâs, interrogé sur l'accomplissement successif du pèlerinage et de la visite pieuse, répondit : "Les Mohâdjir, les Ansâr et les femmes du Prophète firent ainsi que nous cette (double telbiya) lors du pèlerinage d'adieu. Quand nous arrivâmes à la Mecque, l'Envoyé de Dieu nous dit : "Transformez votre telbiya de pèlerinage en telbiya de visite pieuse ; il n'y aura d'exception que pour ceux qui ont enguirlandé une victime." Nous fîmes la tournée processionnelle et la course entre Es Safa et El Merwa, puis nous rejoignîmes nos femmes et revêtîmes nos vêtements (ordinaires). Le Prophète dit : "Celui qui a "enguirlandé une victime ne quittera pas l'ihrâm avant d'avoir conduit la victime à l'endroit voulu." Dans la soirée du jour de l'abreuvement, il nous donna l'ordre de faire la telbiya du pèlerinage. Quand nous en eûmes accompli les rites nous revînmes, nous fîmes la tournée processionnelle du temple et la course entre Es Safa et El Merwa. Nous avions ainsi accompli intégralement notre pèlerinage, mais nous devions la victime, car il est dit dans le Coran : "Offrez la victime que vos moyens vous permettent. Celui qui ne pourra pas s'en procurer, qu'il jeûne trois jours pendant le pèlerinage et sept jours quand il sera rentré dans ses foyers" (sourate II, verset 192). - Un mouton suffit. On réunit les deux rites dans une même année pour le pèlerinage et la visite pieuse, car Dieu a autorisé ce cumul dans le Coran et le Prophète l'a pratiqué et l'a permis aux fidèles, sauf aux habitants de la Mecque. - Dieu a dit : "Cela s'applique à ceux dont la famille n'est pas dans le voisinage du Temple sacré." - Les mois du pèlerinage qui ont été indiqués par Dieu dans le Coran sont : Chawwâl, dzou-'l-qa'da et dzou-'l-hiddja. - Celui qui accomplira successivement le pèlerinage et la visite pieuse durant ces mois, devra une victime ou un jeûne ; il devrai s'abstenir de commerce charnel, de péchés et de contestations."

 

CHAPITRE XXXVIII. - Du fait de se laver quand on entre à la Mecque.

1. Nâfi a dit : "Aussitôt arrivé sur le territoire sacré, Ibn 'Omar cessait de faire la telbiya ; il passait la nuit à Dzou-Towa, y faisait la prière du matin et se lavait. Il racontait que le Prophète agissait exactement ainsi."

 

CHAPITRE XXXIX. - De l'entrée à la Mecque de nuit et de jour.

1. Ibn 'Omar a dit : "Le Prophète passa la nuit à Dzou Towa ; il y resta jusqu'au matin et entra ensuite à la Mecque." Ibn 'Omar faisait de même.

 

CHAPITRE XL. - Par où faut-il entrer à la Mecque.

1. Ibn 'Omar a dit : "L'Envoyé de Dieu entrait à la Mecque par le défilé le plus élevé ; il en sortait par le défilé le plus bas."

 

CHAPITRE XLI. - Par où doit on sortir de la Mecque.

1. D'après Ibn 'Omar l'Envoyé de Dieu entrait à la Mecque par Kadâ en prenant le défilé le plus élevé qui se trouve à El Bathâ ; il en sortait par le défilé le plus bas."

2. D'après 'Aïcha, le Prophète, quand il alla à la Mecque, entra dans cette ville par la partie la plus élevée et en sortit par la partie la plus basse.

3. D'après 'Aïcha, l'année de la prise de la Mecque, l'Envoyé de Dieu entra dans cette ville par Kadâ et en sortit par Koda (El 'Aïni fait remarquer avec raison que le rawi a dû mettre Koda à la place de Kadâ et vis versa.), le point le plus élevé de la Mecque.

4. Hichâm ben 'Orwa rapporte que son père tenait de 'Aïcha que, l'année de la prise de la Mecque, le Prophète entra dans cette ville par Kadâ, la partie la plus élevée de la Mecque. Hichâm ajoute : "'Orwa entrait par Kadâ et par Koda, le plus souvent par Koda qui était plus rapproché de son campement.

5. D'après Hichâm ben 'Orwa, l'année de la prise de la Mecque, le Prophète entra dans cette ville par Kadâ, l'endroit le plus élevé de la Mecque. 'Orwa entrait le plus souvent par Koda qui était plus rapproché de son campement.
El Bokhâri dit que Kadâ et Koda sont deux noms de localités.

 

CHAPITRE XLII. - De la supériorité de la Mecque et de ses monuments. - De ces mots du Coran : "Souviens-toi que nous avons fait du Temple un but de visite et un asile pour les fidèles. Servez vous de la station d'Abraham comme oratoire. Nous avons enjoint à Abraham et à Ismaël de rendre pur ce temple qui nous est consacré, afin qu'il servît à ceux qui font la tournée processionnelle, à ceux qui se livrent à la piété, aux inclinations et aux prosternations des fidèles...Certes tu es celui qui aime à pardonner et qui est clément." (sourate II, verset 119-122).

1. Djâir ben 'Abdallah a dit : "Lorsque la Ka'ba fut reconstruire, le Prophète et 'Abbâs s'employèrent à porter des pierres. El 'Abbâs dit au Prophète : "Mets ton voile sur ton cou." Aussitôt, le Prophète tomba sur le sol, ses yeux fixèrent vers le ciel et il dit : "Donne-moi mon voile." 'Abbâs fixa le voile au cou du Prophète."

2. 'Aïcha, la femme du Prophète, rapporte que l'Envoyé de Dieu lui dit : "Ne vois-tu pas que tes gens, en reconstruisant la Ka'ba, n'ont pas suivi entièrement les fondations établies par Abraham ? - Ô Envoyé de Dieu, répondit 'Aïcha, ne vas-tu pas replacer la construction sur les fondations d'Abraham ? - Certes, je le ferais, répliqua-t-il, si je ne craignais que l'infidélité ne se produisît alors parmi tes concitoyens."
'Abdallah, qui rapporte ce hadith, ajoute : "Si 'Aïcha a entendu ces paroles de l'Envoyé de Dieu, je suppose que l'Envoyé de Dieu n'a cessé de toucher (ou d'embrasser) les deux piliers qui suivent le mur d'enceinte de la Ka'ba que parce que le temple n'a pas été exactement rebâti sur les fondations d'Abraham."

3. 'Aïcha a dit : "Je demandai au Prophète si le mur faisait partie du temple. - Oui, répondit-il. - Et alors, repris-je, pourquoi ne lui a-t-on pas fait faire corps avec le temple ? - Parce que, répliqua-t-il, tes concitoyens n'ont pas eu les ressources nécessaires. - Et pourquoi, demandai-je encore, le pas de la porte est-il aussi élevé ? - C'est, répondit-il, que tes concitoyens veulent pouvoir y faire entrer qui il leur plaît et en interdire l'accès à qui ils voudront. Si tes concitoyens n'étaient pas si rapprochés du temps du paganisme et si je ne craignais de les mécontenter, je ferais que le mur fît corps avec le temple et que le seuil de la porte fût au ras du sol.

4. Suivant 'Aïcha, l'Envoyé de Dieu lui dit : "Si tes concitoyens n'avaient renoncé à l'infidélité depuis si peu de temps, je démolirais le temple et le reconstruirais sur les fondations d'Abraham, - les Qoraïchites ayant manqué de fonds suffisants pour cette construction, - et je lui aurais fait une (autre) porte." - Suivant Hichâm خلف signifie "porte de sortie".

5. 'Aïcha rapporte que le Prophète lui dit : "Ô 'Aïcha, si tes concitoyens n'étaient pas si rapprochés de l'époque du paganisme, j'aurais donné l'ordre de démolir le temple, j'y aurais fait entrer tout ce qui est resté en dehors et je l'aurais mis au niveau du sol. J'y aurais mis deux portes : une à l'est, l'autre à l'ouest. Enfin, j'aurais exactement suivi les fondations d'Abraham.
Ce sont ces paroles qui ont amené Ibn Ez Zobaïr à démolir la Ka'ba. Yazîd a dit : "J'étais présent quand Ibn Ez Zobaïr fit démolir le temple et le reconstruisit. Il fit faire corps au mur (d'enceinte) avec le reste de l'édifice. J'ai vu les fondations d'Abraham ; elles étaient faites de pierres de la grosseur d'une bosse de chameau." Et comme Djarîr lui disait : "Où étaient ces fondations ?" Yazîd répondit : "Je vais te les montrer." Puis entrant dans l'enceinte, il lui montra d'un geste un endroit en disant : "C'était ici." Djarîr ajoute : "J'estimai la distance des fondations au mur d'enceinte à six coudées ou environ."

 

CHAPITRE XLIII. - De l'excellence du territoire sacré. - De ces mots du Coran : "J'ai reçu seulement l'ordre d'adorer le Seigneur de cette cité, celui qui a rendu son territoire sacré et à qui appartient tout chose. J'ai reçu l'ordre d'être du nombre des Musulmans." (sourate XXVII, verset 93). - De ces paroles du Coran : "...Ne leur avons-nous pas donné un territoire sacré et sûr où, grâce à nous, on leur apporte, pour les nourrir, les fruits de toutes choses. Mais la plupart d'entre eux ne savent pas." (sourate XXVIII, verset 57).

1. D'après Ibn 'Abbâs : Le jour de la prise de la Mecque, l'Envoyé de Dieu dit : "Certes, cette cité a été rendue sacrée par Dieu. Sur son territoire, on ne coupera pas les épines, on n'y poursuivra pas le gibier et on n'y ramassera les objets trouvés que dans le but de faire connaître leur trouvaille (à leurs propriétaires)."

 

CHAPITRE XLIV. - De la transmission par héritage des maisons de la Mecque, de la vente et de l'achat de ces maisons.  Du fait que tous ceux qui sont spécialement dans le temple sacré sont égaux, conformément à ces mots du Coran : "Certes à ceux qui sont infidèles, à ceux qui détournent de la voie de Dieu et du temple sacré qu'il a établi pour tous les fidèles, qu'ils y séjournent ou ne fassent qu'y passer, à ceux qui voudraient y faire commettre une iniquité, nous ferons goûter un châtiment douloureux" (sourate XXII, verset 25, 26). [explication des mots 'akif et bâdi]

1. 'Amr ben 'Otsmân rapporte que Osâma ben Zaïd dit : "Ô Envoyé de Dieu, où descends-tu à la Mecque ? dans ta maison ? - 'Aqîl nous aurait-il donc laissé des immeubles ou des maisons ? demanda le Prophète. 'Aqîl avait en effet hérité de Abou-Tâlib, lui et son frère, Tâlib, mais ni Dj'afar, ni 'Ali n'avaient rien hérité parce qu'ils étaient musulmans, tandis que 'Aqîl et Tâlib étaient restés infidèles." - 'Omar ben El Khattâb disait que le croyant n'héritait pas de l'infidèle.
Ibn-Chihâb dit qu'on interprétait dans ce sens (c'est à dire que l'expression du Coran traduite ci-dessous par ces mots : "seront tous solidairement unis les uns aux autres" signifie que les fidèles mentionnés dans ce passage hériteront les uns des autres, alors même qu'il n'existerait entre eux aucun lien de parenté naturelle.) ces mots du Coran : "Ceux qui ont cru, qui ont émigré, qui ont exposé leurs biens et leur vie dans la voie de Dieu, ainsi que ceux qui ont donné asile (au Prophète) et ont été ses auxiliaires, seront tous solidairement unis les uns aux autres." (sourate VIII, verset 73).

 

CHAPITRE XLV. - De l'endroit où descendait le Prophète à la Mecque.

1. D'après Abou Horaïra, l'Envoyé de Dieu, lorsqu'il se rendait à la Mecque, disait : "Demain, si Dieu veut, nous descendrons à la descente des Benou-Kinâna, à l'endroit où ils ont échangé des serments contre l'infidélité."

2. Suivant Abou Horaïra, l'Envoyé de Dieu dit pendant qu'il était à Mina, le lendemain du jour du sacrifice : "Demain nous irons nous installer à la descente des Benou Kinâna, à l'endroit où ils ont échangé des serments contre l'infidélité." C'était El Mohassab qu'il entendait indiquer par là. Les Qoraïchites et les Kinâna s'étaient engagés par serments les uns les autres contre les Benou Hâchim et les Benou 'Abd-el-Mottalib - ou les Benou-'l-Mottalib. Ils ne devaient contracter avec eux ni mariage, ni aucune transaction commerciale, tant que ceux-ci ne leur auraient pas livré le Prophète.

 

TITRE 25

DU PELERINAGE

CHAPITRE XLVI. - De ces mots du Coran : "Souviens-toi lorsque Abraham dit : "Seigneur, fais que ce pays soit sûr et que nous nous abstenions mes enfants et moi d'adorer les idoles... Peut être qu'ils seront reconnaissants." (sourate XIV, versets 38 à 40).

1. Abou Horaïra rapporte que le Prophète a dit : "Celui qui détruira la Ka'ba sera Dzou-'s-Sowaïqataïn (l'homme aux jambes grêles), un abyssin."

2. 'Aïcha a dit : "Le jeûne avait lieu le jour d''Achoura, le (dixième jour de Moharram), avant que le mois de ramadân n'eût été fixé, et ce jour-là on couvrait la Ka'ba d'un voile. Quand Dieu eut prescrit le jeûne du ramadân, l'Envoyé de Dieu dit : "Quiconque voudra jeûner le jour de 'Achoura pourra le faire, mais celui qui préfèrera y renoncer qu'il y renonce."

3. Selon Abou Sa'îd El Khodry, le Prophète a dit : "Qu'on ne manque pas de faire le pèlerinage au temple et de faire la visite pieuse après l'apparition de Gog et Magog."

Isnâd différent avec la variante suivante d'après Cho'ba : "L'Heure ne viendra pas avant qu'on ne puisse plus faire le pèlerinage au temple."

CHAPITRE XLVIII. - De la housse de la Ka'ba.

1. Abou Wâïl a dit : "J'allai trouver Chaïba - ou suivant un autre isnâd : J'étais assis sur le siège qui se trouve dans la Ka'ba avec Chaïba. - Ce dernier dit : "'Omar, qui occupait un jour cette même place, me dit : "J'ai songé à ne laisser ici ni or, ni argent et à tout distribuer (le trésor de la Ka'ba). - Vos deux prédécesseurs ne l'ont pas fait, répondis-je. - C'était deux grands hommes, reprit-il, je vais donc suivre leur exemple."

 

CHAPITRE XLIX. - De la démolition de la Ka'ba. - D'après 'Aïcha, le Prophète a dit : "Une armée attaquera la Ka'ba, mais tous ses soldats seront engloutis (dans le sol)."

1. D'après Ibn 'Abbâs, le Prophète a dit : "Il me semble voir un nègre aux jambes torses qui en enlève les pierres l'une après l'autre."

2. D'après Abou Horaïra, l'Envoyé de Dieu a dit : "Celui qui détruira la Ka'ba, sera Dzou-'s-Sowaïqataïn, un abyssin."

 

CHAPITRE L. - De ce qui a été dit de la pierre noire.

1. 'Abis ben Rebi'a rapporte que 'Omar étant allé vers la pierre noire l'embrassa en disant : "Je sais bien que tu n'es qu'une pierre qui ne peut ni nuire, ni être utile ; aussi, si je n'avais vu l'Envoyé de Dieu te baiser, je ne t'aurais jamais embrassée."

 

CHAPITRE LI. - Du fait de fermer la porte du Temple et d'y faire la prière dans n'importe leuquel des endroits du Temple qu'il vous plaît.

1. 'Abdallah ben 'Omar a dit : "L'Envoyé de Dieu entra dans le temple (de la Mecque), avec Osâma ben Zaïd, Bilâl et Otsmân ben Talha, et, une fois entrés, ils fermèrent la porte sur eux. Quand ils la rouvrirent, je fus le premier à pénétrer dans le temple. J'y rencontrai Bilâl et lui demandai si l'Envoyé de Dieu y avait fait la prière. "Oui, me répondit-il, entre les deux piliers yamanites."

 

CHAPITRE LII. - De la prière dans la Ka'ba.

1. D'après Nâfi, quand Ibn 'Omar entrait dans la Ka'ba, il marchait droit devant lui dès son entrée et, tournant le dos à la porte, il allait vers le mur situé devant lui ; arrivé à environ trois coudées de ce mur, il faisait la prière. Ce faisant, il se proposait d'occuper la place où, au dire de Bilâl, l'Envoyé de Dieu avait prié. Il n'y a aucun inconvénient pour personne à faire la prière dans n'importe quel endroit du temple.

 

CHAPITRE III. - De celui qui n'entre pas dans la Ka'ba. - Ibn 'Omar fit souvent le pèlerinage sans y entrer.

1. 'Abdallah ben Abou Awfa a dit : "L'Envoyé de Dieu ayant fait la visite pieuse, fit la tournée processionnelle autour du temple ; puis il pria en arrière de la station (d'Abraham) deux rika' ; il était entouré de personnes qui le dérobaient à la vue des fidèles. Un homme m'ayant demandé si l'Envoyé de Dieu était entré dans la Ka'ba, je lui répondis que non."

 

CHAPITRE LIV. - De celui qui dit le tekbîr dans une des parties de la Ka'ba.

1. Ibn 'Abbâs a dit : "Lorsque l'Envoyé de Dieu vint (à la Mecque) il refusa d'entrer dans le temple où il y avait (encore) des idoles. Il donna l'ordre de les enlever. On les enleva ainsi que la statue d'Abraham et celle d'Ismaël qui tenaient dans leurs mains les flèches augurales. Alors l'Envoyé de Dieu s'écria : "Dieu fasse périr les infidèles ! Ne savent-ils donc pas, par Dieu ! que ces deux personnages n'ont jamais cherché à faire usage de ces flèches."
Ensuite le Prophète entra dans le temple, fit le Tekbir dans une partie quelconque de l'édifice, mais sans accomplir de prière."

 

CHAPITRE LV. - Comment commença-t-on à prendre l'allure rapide dite ramal (dans la tournée processionnelle).

1. Ibn 'Abbâs a dit : "L'Envoyé de Dieu était venu (à la Mecque) avec ses compagnons. Les polythéistes dirent alors : "Il va vous arriver une troupe de gens que la fièvre de Yatsrib a débilités". Ce fut à ce moment que le Prophète ordonna à ses compagnons de prendre une allure vive pendant les trois tournées processionnelles et de marcher au pas entre les deux piliers yamanites. Ce qui l'empêcha de leur enjoindre de précipiter l'allure pour toutes les tournées, ce fut la compassion qu'il avait pour eux."

 

CHAPITRE LVI. - De l'attouchement de la pierre noire, quand on vient à la Mecque, avant de faire les tournées processionnelles et du fait de précipiter l'allure des trois premières.

1. 'Abdallah ben 'Omar a dit : "J'ai vu l'Envoyé de Dieu, quand il vint à la Mecque. Dès qu'il eut touché la pierre (dans ce titre, on trouve assez souvent le mot ركى, "pilier" au singulier, pour désigner la "pierre noire".) noire, il commença les tournées processionnelles en précipitant l'allure des trois premières sur les sept (qu'il y avait à faire)."

 

CHAPITRE LVII. - De l'allure vive pendant le pèlerinage et la visite pieuse.

1. Ibn 'Omar a dit : "Le Prophète précipita son allure pendant trois tournées processionnelles, il marcha au pas pendant les quatre autres. Et cela pendant le pèlerinage et la visite pieuse."

2. Aslam rapporte que 'Omar ben El Khattâb a dit à la pierre noire : "Par Dieu ! ne sais-je pas bien que tu n'es qu'une pierre, ne pouvant ni nuire, ni être utile. Si je n'avais vu l'Envoyé de Dieu te toucher, je ne t'aurais jamais touchée." 'Omar toucha la pierre, puis il dit : "Qu'avons-nous à faire maintenant de l'allure précipitée ? Nous voulions seulement faire une démonstration devant les polythéistes que Dieu a anéantis." Il ajouta toutefois : "Une chose que l'Envoyé a pratiquée, nous ne voulons cesser de la faire."

3. Ibn 'Omar d'après Nâfi' a dit : "Je n'ai jamais cessé de toucher ces deux piliers, qu'il y eût presse ou non, depuis que j'avais vu l'Envoyé de Dieu les toucher lui-même." Et comme 'Obaïd Allah demandait à Nafo' : "Ibn 'Omar allait-il au pas en faisant ses tournées processionnelles entre ces piliers ? - Il allait simplement au pas, répondit Nâfi', afin d'avoir plus de facilité pour toucher les piliers."

 

CHAPITRE LVIII. - Du fait de toucher la pierre noire avec un bâton recourbé (Il s'agit du bâton recourbé dont on se sert pour guider le chameau quand on est monté sur l'animal.).

1. Ibn 'Abbâs a dit : "Durant le pèlerinage d'adieu, le Prophète fit la tournée processionnelle sur son chameau et il toucha la pierre noire avec un bâton recourbée."

 

CHAPITRE LIX. - De celui qui ne touche que les deux piliers yamanites. - Abou-'ch-Cha'tsâ a dit : "Et qui donc craindrait de toucher quelque chose du temple. - Mo'âwia touchait tous les piliers et comme Ibn 'Abbâs lui disait : "On ne doit pas toucher ces deux piliers, car nous ne touchions pas ces deux piliers," Mo'âwia répondit : "Il n'y a aucune partie du temple que l'on doive fuir." - Ibn El Zobaïr touchait tous les piliers."

1. 'Abdallah ben 'Omar a dit : "Je n'ai jamais vu le Prophète toucher autre chose dans le temple que les deux piliers yamanites."

 

CHAPITRE LX. - Du fait d'embrasser la pierre (noire).

1. Aslam a dit : "J'ai vu 'Omar ben El Khattâb embrasser la pierre noire en disant : "Si je n'avais vu l'Envoyé de Dieu t'embrasser, je ne t'embrasserais pas."

2. Ez-Zobaïr ben 'Arabi a dit : "Un homme ayant interrogé Ibn 'Omar au sujet du fait d'embrasser la pierre noire, celui-ci répondit : "J'ai vu l'Envoyé de Dieu la toucher et l'embrasser. - Et, ajouta l'homme, penses-tu qu'il faille le faire quand on est bousculé ou entraîné ? - Va exprimer ce doute dans le Yémen, répliqua Ibn-'Omar ; moi j'ai vu l'Envoyé de Dieu toucher la pierre et l'embrasser."

 

CHAPITRE LXI. - De celui qui, arrivé près de la pierre noire, fait le geste d'y toucher.

1. Ibn 'Abbâs a dit : "Le Prophète fit la tournée processionnelle monté sur un chameau ; chaque fois qu'il passait devant la pierre noire, il faisait le geste d'y toucher."

 

CHAPITRE LXII. - Du Tekbîr auprès de la pierre noire.

1. Ibn-'Abbâs a dit : "Le Prophète fit la tournée processionnelle du temple, monté sur un chameau ; chaque fois qu'il passait devant la pierre noire, il faisait le geste d'y toucher avec ce qu'il tenait à la main et disait le tekbîr."

 

CHAPITRE LXIII. - De celui qui fait la tournée processionnelle du temple en arrivant à la Mecque, avant de rentrer dans sa demeure, puis qui prie deux rika' et part ensuite pour Es Safa.

1. D'après 'Orwa, 'Aïcha rapporte que la première chose que fit le Prophète en arrivant à la Mecque fut de faire ses ablutions ; il fit ensuite la tournée processionnelle ; mais il n'y eut pas de visite pieuse. Abou Bakr et 'Omar firent le pèlerinage de la même façon.
"J'ai moi-même, ajouta 'Orwa, fait le pèlerinage avec mon père Ez Zobaïr ; or, la première chose que fit mon père, ce fut la tournée processionnelle. J'ai vu ensuite les Mohâdjir et les Ansar agir de la même façon. Ma mère m'a raconté qu'avec sa soeur, Ez Zobaïr, un tel et un tel, elle fit la telbiya de la visite pieuse ; et tous, quand ils eurent touché la pierre noire, quittèrent l'ihrâm."

2. 'Abdallah ben 'Omar rapporte que l'Envoyé de Dieu, qu'il fit la tournée processionnelle pour le pèlerinage ou la visite pieuse, commençait, dès son arrivée, à faire à une allure vive les trois premières tournées et allait au pas pour les autres. Il faisait ensuite deux prosternations et la course entre Es Safa et El Merwa.

3. 'Abdallah ben 'Omar rapporte que le Prophète, quand il faisait les premières tournées processionnelles autour du temple, accélérait son allure pour les trois premières et faisait au pas les quatre autres. Il courait également dans le fond du torrent quand il faisait la tournée entre Es Safa et El Merwa.

 

CHAPITRE LXIV. - De la tournée processionnelle faite par les femmes en même temps que les hommes.

1. Ibn Djoraïdj a dit : "'Atâ m'a raconté que, lorsque Ibn Hichâm interdit aux femmes de processionner avec les hommes, il lui dit : "Comment voudrais-tu leur interdire cela, alors que les femmes du Prophète processionnaient avec les hommes ? - Etait-ce avant la révélation relative au voile (sourate XXXIII, verset 59), lui demandai-je, ou après ? - Certes, par ma vie, répondit-il, j'ai vu pratiquer cela après cette révélation. - Comment, repris-je, pouvaient-elles être mêlées aux hommes ? - Elles n'étaient pas mêlées à eux, répliqua-t-il. 'Aïcha processionnait isolée des hommes sans être mêlée à eux. Une femme lui ayant dit : "Allons ensemble, ô mère des Croyants, toucher la pierre noire", elle répondit : "Vas-y toi-même", et elle refusa d'y aller."
"Les femmes venaient au temple voilées pendant la nuit et processionnaient avec les hommes. Mais elles restaient debout en entrant jusqu'à ce qu'elles fussent toutes entrées, et alors on faisait sortir les hommes.
"Avec 'Obaïd ben 'Omaïr, ajoute 'Atâ, j'allai trouver 'Aïcha qui était installée au coeur de la montagne de Tsabîr. - Et, demanda Ibn Djoraïdj, qu'est-ce qui l'abritait ? - Une tente turque, répondit-il ; une portière seule nous séparait d'elle. Je vis qu'elle portait un corsage rose."

2. Omm Salama, femme du Prophète, a dit : "Je me plaignis à l'Envoyé de Dieu de ce que j'étais souffrante. "Processionne derrière les fidèles, me dit-il, et reste sur ta monture." Je processionnai ainsi et, à ce moment, l'Envoyé de Dieu priait (Qastallâni ajoute : "la prière du matin".) sur l'un des côtés du temple et récitait ces mots du Coran : "J'en jure par le Sinaï, par un livre tracé..." (sourate LII, verset 1 et 2).

 

CHAPITRE LXV. - Du fait de parler pendant la tournée processionnelle.

1. D'après Ibn 'Abbâs, pendant qu'il faisait la tournée processionnelle de la Ka'ba le Prophète vit un homme qui avait attaché sa main à celle d'un autre homme au moyen d'une lanière, ou d'une corde, ou de toute autre chose du genre. Le Prophète coupa lui-même cette courroie en disant : "Conduis-le par la main."


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Publié dans Sahih El Boukhâri

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