Sahih El Boukhâri: TITRE 25 DU PELERINAGE
TITRE 25
DU PELERINAGE
CHAPITRE PREMIER. -- De l'obligation du pèlerinage; du mérite qu'il y a à le faire. - De ces paroles du Coran : "...Il est du devoir des fidèles, pour quiconque peut s'en acquitter, de faire le pèlerinage à la Demeure sainte. - Celui qui méconnaîtra cette obligation, eh bien, Dieu peut se passer des mondes." (sourate III, verset 91, 92).
1. 'Abdallah ben 'Abbâs a dit : "El-Fadl était en croupe de l'Envoyé de Dieu. Une femme de Khats'am étant venue, El-Fadl se mit à la regarder tandis qu'elle le regardait également. Comme le Prophète avait détourné le visage de El-Fadl d'un autre côté, cette femme dit : "Ô Envoyé de Dieu, l'obligation prescrite par Dieu à Ses adorateurs de faire le pèlerinage s'applique à mon père; mais celui-ci est un vieillard âgé qui est incapable de se tenir sur sa monture. Puis-je faire le pèlerinage à sa place ?
- Oui, répondit le Prophète." Ceci se passait lors du pèlerinage d'adieu."
CHAPITRE II. - De ces mots du Coran : "...Ils viendront à toi à pied et aussi sur des montures émaciées. Ils arriveront par chaque large et longue route, afin de prendre part aux avantages qu'ils retireront (du pèlerinage)" (sourate XXII, verset 28, 29). - Le mot fedfdf, signifie "large route".
1. Ibn-'Omar a dit : "J'ai vu l'Envoyé de Dieu monter sa chamelle à Dzou-'l-Holaïfa et ensuite prononcer la telbiya (la formule de la telbiya est donnée plus loin, au chapitre XXVI. C'est à partir du moment où on la prononçait que commençait l'ihrâm du pèlerinage ou de la visite pieuse. Cette déclaration avait pour objet de manifester son but pieux.) dès que sa monture se fut redressée et se tint debout."
2. D'après Djâbir ben 'Abdallah, la telbiya de l'Envoyé de Dieu commença, à Dzou-'l-Holaïfa, dès que sa chamelle se fût relevée sous lui et se tînt debout. Anas et Ibn 'Abbas ont également rapporté ce fait.
CHAPITRE III. - Du pèlerinage fait à chameau. - D'après 'Aïcha, le Prophète envoya avec elle son frère 'Abderrahman qui lui fit faire la visite pieuse à partir de El Ten'îm et la fit monter ensuite en croupe sur le bât du chameau. - 'Omar a dit : "Sanglez vos chamelles pour le pèlerinage, car c'est un des deux djihâd (le mot djihâd s'applique à tout acte qui exige un effort considérable et qui expose à des dangers. C'est pourquoi on s'en sert également pour désigner le pèlerinage et la guerre sainte, le pèlerin étant toujours exposé dans les déserts de l'Arabie, à des périls aussi redoutables que ceux de la guerre sainte.)." - Tsomâma ben 'Abdallah ben Anas a dit : "Anas fit le pèlerinage sur un chameau de bât et cependant ce n'était pas un avare. Il rapporte que le Prophète fit le pèlerinage sur une chamelle qui était une bête de charge."
1. El Qâsim ben Mohammed rapporte que Aïcha a dit : "Ô Envoyé de Dieu, vous avez fait la visite pieuse et moi je ne l'ai pas faite." - "Ô 'Abderrahman, réplique le Prophète, emmène ta soeur et fais-lui faire la visite pieuse à partir de El Ten'îm." Abderrahman prit sa soeur en croupe sur une chamelle et lui fit faire la visite pieuse.
CHAPITRE IV. - Des mérites du pèlerinage pieusement accompli.
1. Abou Horaïra a dit : "On demanda au Prophète quel était l'acte le plus méritoire : "La foi en Dieu et en son Envoyé, répondit-il. - Et ensuite, ajoute-t-on ? - La guerre sainte dans la voie de Dieu. - Et quoi encore après cela, reprit-on. - Un pèlerinage pieusement accompli, répliqua-t-il."
2. D'après 'Aïcha bent Talha, 'Aïcha, la mère des Croyants, a dit : "Ô Envoyé de Dieu, nous voyons que la guerre sainte est l'acte le plus méritoire ; ne pourrions-nous pas faire la guerre sainte ? - Non, répondit-il, mais le djihâd le plus méritoire, c'est un pèlerinage pieusement accompli."
3. Abou Horaïra a dit : "J'ai entendu le Prophète prononcer ces paroles : "Celui qui aura fait le pèlerinage pour Allah, sans commettre d'actes impudiques, ni de péchés, reviendra tel qu'il était le jour où sa mère l'a mis au monde."
CHAPITRE V. De la fixation du moment où commence le pèlerinage et la visite pieuse.
1. Zaïd ben Djobaïr rapporte qu'il alla trouver 'Abdallah ben 'Omar qui était campé sous une tente entourée d'un rideau protecteur. "Je lui demandai alors, ajoute-t-il, à partir de quel endroit je devrais me mettre en état de visite pieuse. Il me répondit : "L' Envoyé de Dieu a fixé pour les gens de Nedjd, Qarn ; pour ceux de Médine, Dzou-'l-Holaïfa ; pour ceux de Syrie, El Djohfa."
CHAPITRE VI. - De ces paroles du Coran : "Approvisionnez vous ; mais certes, la meilleure provision est la piété." (Sourate II, verset 193).
Ibn 'Abbâs a dit : "Les gens du Yémen faisaient le pèlerinage sans se munir de provisions, disant : "Nous comptons sur Dieu (pour cela)." Arrivés à la Mecque, ils demandaient des vivres aux habitants. Ce fut alors que Dieu révéla ce verset : "Approvisionnez vous ; mais certes, la meilleure provision c'est la piété."
Ce hadith a été rapporté par Ibn 'Ayaïna, d'après 'Amr, d'après 'Ikrima, sans établir d'une façon complète la chaîne des traditionnistes.
CHAPITRE IV. - De l'endroit où les gens de la Mecque doivent faire la telbiya pour le pèlerinage et la visite pieuse.
1. Selon Ibn 'Abbâs, le Prophète a fixé la telbiya : pour les gens de Médine, à Dzou-'l-Holaïfa ; pour ceux de Syrie, à El Djohfa ; pour ceux du Nedjd, à Qarn El Menâzil ; pour ceux du Yémen, à Yalamlam. Telles sont les localités indiqués pour ceux qui viennent en pèlerinage ou en visite pieuse de ces pays ou d'autres (situés au delà). Celui qui se trouve en deçà de ces localités fera la telbiya là où il commencera, et, pour les gens de la Mecque, ils la feront à la Mecque même.
CHAPITRE VIII. - De l'endroit fixé pour les gens de Médine ; ils ne feront pas la telbiya avant d'être à Dzou-'l-Holaïfa.
1. D'après 'Abdallah ben 'Omar, l'Envoyé de Dieu a dit : "Les gens de Médine feront la telbiya à Dzou-'l-Holaïfa ; ceux de Syrie à El Djohfa ; ceux du Nedjd, à Qarn." 'Abdallah ajoute qu'il a appris que l'Envoyé de Dieu avait également dit : "Les gens du Yémen, à Yalamlam."
CHAPITRE IX. - De l'endroit de la telbiya pour les gens de Syrie.
1. Ibn 'Abbâs a dit : "L'Envoyé de Dieu a fixé la telbiya : pour les gens de Médine, à Dzou-'l-Holaïfa ; pour ceux de Syrie, à El Djohfa ; pour ceux du Nedjd, à Qarn El Menâzil ; pour ceux du Yémen, à Yalamlam. Telles sont les localités pour ceux qui viennent par là sans être habitants de ces pays et qui veulent faire le pèlerinage ou la visite pieuse. Ceux qui se trouvent en deçà de ces localités feront la telbiya de leur habitation, et ainsi de suite, en se rapprochant, de sorte que les gens de la Mecque la feront à la Mecque même."
CHAPITRE X. - De l'endroit de la telbiya pour les gens du Nedjd.
1. 'Omar a dit : "J'ai entendu l'Envoyé de Dieu dire : "L'endroit de la telbiya est : pour les gens de Médine, Dzou-'l-Holaïfa ; pour ceux de Syrie, Mahya'a qui est El Djohfa ; pour les gens du Nedjd, Qarn." On assure, ajoute Ibn-'Omar, mais je ne l'ai pas entendu, que le Prophète dit aussi : "L'endroit de la telbiya, pour les gens du Yémen, c'est Yalamlam."
CHAPITRE XI. - De l'endroit de la telbiya pour ceux qui habitent en deçà des localités indiquées.
1. Ibn-'Abbâs rapporte que le Prophète a fixé l'endroit de la telbiya ainsi : pour les gens de Médine, Dzou-'l-Holaïfa ; pour ceux de Syrie, El Djhofa ; pour ceux du Yémen, Yalamlam ; pour ceux du Nedjd, Qarn. Telles sont les localités pour ceux qui viennent par là sans être habitants de ces pays et qui veulent faire le pèlerinage et la visite pieuse.
Ceux qui sont en deçà de ces localités feront la telbiya dès leur habitation, en sorte que les gens de la Mecque la feront à la Mecque même.
CHAPITRE XII. - De l'endroit de la telbiya pour les gens du Yémen.
1. Selon Ibn 'Abbâs, le Prophète a fixé (la telbiya) : pour les gens de Médine, à Dzou-'l-Holaïfa ; pour les gens de Syrie, à El Djohfa, par ceux du Nedjd, à Qarn El Menâzil ; pour ceux du Yémen, à Yalamlam. Telles sont les localités indiquées pour les habitants de ces contrées, et elles seront les mêmes pour quiconque appartenant à d'autres régions et passant par là, voudra faire le pèlerinage et la visite pieuse. Ceux qui sont en deçà feront la telbiya à leur point de départ, en sorte que pour les gens de la Mecque ce sera à la Mecque même.
CHAPITRE XIII. - Dzât-'Irq est (l'endroit de la telbiya) pour les gens de l'Iraq.
1. 'Abdallah ben 'Omar a dit : "Lorsque ces deux villes (Bassora et Koufa) furent conquises, les habitants vinrent trouver 'Omar et lui dirent : "Ô prince des Croyants, l'Envoyé de Dieu a fixé la telbiya pour les gens du Nedjd à Qarn, qui est en dehors de notre route ; si nous voulions passer par Qarn, cela nous serait très pénible. - Voyez, leur répondit-il, quelque localité qui se trouve à la même distance (des villes saintes) sur votre route." Et 'Omar fixa Dzât-'Irq."
CHAPITRE XIV. - De la prière à Dzou-'l-Holaïfa.
1. D'après 'Abdallah ben 'Omar, l'Envoyé de Dieu fit agenouiller sa chamelle à El Bathâ, à Dzou-'l-Holaïfa, et fit la prière en cet endroit. 'Abdallah ben 'Omar agissait de la même façon."
CHAPITRE XV. - Du départ du Prophète par la route de Ech Chadjara.
1. D'après 'Abdallah ben 'Omar, l'Envoyé de Dieu sortait (de Médine) par le chemin de Ech Chadjara et rentrait (dans cette ville) par le chemin de El Mo'arras. (le mot "Mo'arras" désigne un endroit où l'on campe vers la fin de la nuit aux environs d'une ville, afin d'y attendre le jour et de ne pas entrer de nuit dans cette ville. Ce nom commun est devenu ici un nom propre.) Quand l'Envoyé de Dieu partait pour la Mecque, il faisait la prière dans la mosquée de Ech Chadjara ; au retour, il la faisait à Dzou-'l-Holaïfa, dans le fond de la vallée, et y passait la nuit jusqu'au lendemain matin.
CHAPITRE XVI. - De ces paroles du Prophète : El-'Aqîq est une vallée bénie.
1. Ibn 'Abbâs rapporte qu'il entendit 'Omar dire : "J'ai entendu l'Envoyé de Dieu, pendant qu'il était à Ouâdi El 'Aqîq, prononcer ces paroles : "Cette nuit quelqu'un est venu me trouver de la part du Seigneur et m'a dit : "Fais la prière dans cette vallée bénie et dis : "C'est une visite pieuse dans un pèlerinage."
2. 'Abdallah ben 'Omar rapporte que l'on vit le Prophète camper de nuit dans la vallée de Dzou-'l-Holaïfa, et qu'on lui dit : "Tu es dans une vallée bénie." Mousa ajoute : "Sâlim ben 'Abdallah ben 'Omar nous fit agenouiller la sienne, voulant ainsi se trouver au Mo'arras de l'Envoyé de Dieu. Cet endroit est situé en contre-bas de la mosquée bâtie dans le fond de la vallée et se trouve à égale distance de cette mosquée et de la route."
CHAPITRE XVII. - Il faut laver trois fois les vêtements parfumés de Khalouq (parfum dans la composition duquel il entre du safran.)
1. 'Atâ rapporte que le père de Safwân ben Ya'la dit à 'Omar : "Montre-moi le Prophète au moment d'une révélation. - Tandis que, ajoute-t-il, accompagné d'un petit groupe de ses compagnons, le Prophète était à El Dji'râna, un homme vint le trouver et lui dit : "Ô Envoyé de Dieu, que penses-tu d'un homme qui prend l'ihrâm pour une visite pieuse alors qu'il est couvert de parfums ?"
Le Prophète se tut un instant, puis, la révélation lui venant, 'Omar fit signe à Ya'la de s'approcher ; Ya'la s'approcha et vit l'Envoyé de Dieu qui était complètement recouvert par un voile. Passant sa tête sous ce voile, Ya'la vit l'Envoyé de Dieu le visage tout rouge et respirant bruyamment. Puis, secouant cet état de torpeur, le Prophète dit : "Où est l'homme qui m'a fait une question au sujet de la visite pieuse ?" Et, cet homme lui ayant été amené, il dit : "Lave-toi trois fois du parfum que tu as sur toi ; débarrasses-toi de ta tunique et agis pour la visite pieuse comme tu agirais s'il s'agissait du pèlerinage." Comme, dit Ibn Djoraïdj, je demandais à 'Atâ si c'était par mesure de propreté qu'il l'avait fait laver trois fois, il me répondit : "Oui".
CHAPITRE XVIII. - Des parfums quand on est en état d'ihrâm ; de ce qu'il faut revêtir pour se mettre en état d'ihrâm, de la toilette des cheveux et des onguents. - Ibn 'Abbâs a dit : "L'homme en état d'ihrâm peut respirer des parfums, se regarder dans un miroir et se servir comme remède des choses qu'il mange, huile ou grains. - 'Atâ a dit : "Il est permis d'avoir une bague et de porter une bourse ceinture." - Ibn 'Omar fit la tournée processionnelle, étant en état d'ihrâm et le ventre serré par un taoub. - 'Aïcha ne voyait aucun inconvénient à ce que ceux qui conduisaient sa litière portassent des caleçons.
1. Sa'îd ben Djobaïr a dit : "Ibn 'Omar s'enduisait le corps d'huile ("non parfumée" ajoute le commentaire.)." Comme je rappelais à Ibrahîm (que Ibn 'Omar interdisait les parfums), il me répondit : "Ne suis pas ses indications, car El-Aswad m'a rapporté ces mots de 'Aïcha : "Il me semble encore voir briller le parfum sur le côté de la tête de l'Envoyé de Dieu au moment où il était en état d'ihrâm."
2. 'Aïcha, la femme du Prophète, a dit : "Je parfumais l'Envoyé de Dieu pour l'ihrâm quand il voulait se mettre dans cet état et aussi quand il en sortait avant qu'il fît la tournée processionnelle du temple."
CHAPITRE XIX. - De celui qui fait la telbiya les cheveux pommadés (mot à mot "feutrés", c'est à dire collés les uns contre les autres, afin d'éviter la vermine.).
1. 'Abdallah ben 'Omar a dit : "J'ai entendu le Prophète faire la telbiya ayant les cheveux pommadés."
CHAPITRE XX. - De la telbiya auprès de la mosquée de Dzou-'l-Holaïfa.
1. Sâlim ben 'Abdallah a entendu dire à son père que l'Envoyé de Dieu ne faisait la telbiya qu'à la mosquée, c'est à dire à la mosquée de Dzou-'l-Holaïfa.
CHAPITRE XXI. - Des vêtements que ne peut mettre celui qui est en état d'ihrâm.
1. D'après 'Abdallah ben 'Omar, un homme dit : "Ô Envoyé de Dieu, quels vêtements doit porter celui qui est en état d'ihrâm ? - Qu'il ne porte, répondit l'Envoyé de Dieu, ni chemise, ni turban, ni pantalon, ni burnous, ni bottines. Toutefois que celui qui ne trouverait pas de sandales mette des bottines qu'il coupera au-dessous des chevilles. Ne mettez aucun vêtement qu'aient touché du safran ou du wars."
CHAPITRE XXII. - Du fait d'être sur une monture et de se mettre en croupe pendant le pèlerinage.
1. Ibn 'Abbâs rapporte que Osâma fut en croupe de l'Envoyé de Dieu depuis 'Arafa jusqu'à El Mozdalifa, puis qu'à El Mozdalifa, le Prophète prit en croupe El Fadl jusqu'à Mina. Chacun d'eux, ajoute Ibn 'Abbâs, dit que le Prophète ne cessa de faire la telbiya jusqu'au moment où il lança les cailloux de l'Aqaba.
CHAPITRE XXIII. - De ce que peut porter la personne en état d'ihrâm en fait de vêtements, manteaux et voiles. - 'Aïcha, étant en état d'ihrâm, porta des vêtements teints avec du carthame (en rouge). Elle a dit qu'elle ne portait pas de voile ni sur la partie inférieure ni sur la partie supérieure du visage, et qu'elle ne revêtait pas de vêtement teint de safran ou de wars. - Djâbir a dit : "Je ne considère pas le carthame comme un parfum." - 'Aïcha ne voyait aucun mal à ce qu'une femme eût des bijoux, un voile noir ou rose et des bottines. - Ibrahîm a dit : "Il n'y a pas de mal à changer de vêtements."
1. 'Abdallah ben 'Abbâs a dit : "Le Prophète partit de Médine après avoir laissé ses cheveux flottants et s'être enduit d'onguent ; il avait revêtu son voile et son manteau et ses compagnons avaient fait comme lui ; il n'avait défendu de porter de voiles et manteaux que s'ils étaient teints au safran et s'ils déteignaient sur la peau. Le matin, à Dzou-'l-Holaïfa il monta sur sa chamelle et, arrivé à El Baïda, il fit la telbiya ainsi que ses compagnons et mit une guirlande autour du cou de sa victime. Ceci se passait le cinquième avant-dernier jour du mois de Dzoul-'l-qa'da. Le Prophète arriva à la Mecque le 4 du mois de dzou-'l-hiddja. Il fit la tournée processionnelle du temple, la course entre Es-Safa et El-Merwa ; mais il ne quitta pas l'ihrâm à cause de sa victime dont il avait orné le cou d'une guirlande. Il campa ensuite sur les hauteurs de la Mecque près de El-Hadjoun et fit la telbiya du pèlerinage.
Il ne s'approcha pas de la Ka'ba après la tournée processionnelle autour de ce temple ; il attendit qu'il fût de retour de 'Arafa.
Il donna l'ordre à ses compagnons de faire la tournée processionnelle et la course entre Es-Safa et El-Merwa, puis de tailler leurs cheveux et de quitter l'ihrâm.
Cet ordre s'appliqua seulement à ceux qui n'avaient pas de victime au cou de laquelle ils avaient placé une guirlande.
Les autres, qui avaient avec eux leurs femmes, purent avoir commerce avec elles ; ils purent se parfumer et se vêtir (à leur guise)."
CHAPITRE XXIV. - De celui qui passe la nuit à Dzou-'l-Holaïfa afin de s'y trouver le lendemain matin. - Ceci a été rapporté du Prophète par Ibn 'Omar.
1. Anas ben Mâlik a dit : "Le Prophète pria quatre rika', à Médine, et deux à Dzou-'l-Holaïfa, où il passa la nuit jusqu'au lendemain matin.
Quand il eut enfourché sa chamelle et qu'elle se fut relevée, il fit la telbiya."
2. Selon Anas ben Mâlik, le Prophète fit à Médine la prière de midi avec quatre rika' ; il fit la prière de l'après midi à Dzou-'l-Holaïfa avec deux rika'.
Anas ajoute : "et je crois qu'il y passa la nuit jusqu'au lendemain matin."
CHAPITRE XXV. - Du fait d'élever la voix pour la telbiya.
1. Anas a dit : "Le Prophète fit à Médine la prière de midi avec quatre rika' ; il fit celle de l'après midi à Dzou-'l-Holaïfa avec deux rika' et j'entendis le Prophète et ses compagnons criant tous à la fois (pour le pèlerinage et la visite pieuse)."
CHAPITRE XXVI. - De la telbiya.
1. D'après 'Abdallah ben 'Omar, la telbiya de l'Envoyé de Dieu consistait en ces mots : "Me voici devant toi, ô mon Dieu ; me voici devant toi, me voici devant toi. Tu n'as pas d'associé. Me voici devant toi (Cette phrase manque dans l'édition de Krehl.) La Louange et la grâce t'appartiennent ainsi que la royauté. Tu n'as pas d'associé."
2. 'Aïcha a dit : "Je sais très bien quelle était la telbiya du Prophète. Il disait : "Me voici devant toi, ô mon Dieu, me voici devant toi, me voici devant toi. Tu n'as pas d'associé. Me voici devant toi. La louange et la grâce t'appartiennent."
CHAPITRE XXVII. - Les formules de louange, de glorification et de tekbîr doivent précéder la telbiya lorsqu'on a enfourché sa monture.
1. Anas a dit : "Le Prophète ffit à Médine, alors que nous étions avec lui, la prière de midi avec quatre rika' ; il fit celle de l'après midi à Dzou-'l-Holaïfa avec deux rika', puis il passa la nuit dans cette dernière localité et y resta jusqu'au lendemain matin. Il enfourcha sa monture et, quand celle-ci fut debout, à El Baïda, il loua Dieu, le glorifia, fit le tekbîr, puis la telbiya pour le pèlerinage et la visite pieuse. Les fidèles firent également la telbiya pour ces deux choses. Quand nous arrivâmes (à la Mecque), le Prophète ordonna aux fidèles de quitter l'ihrâm et ce ne fut que le jour de l'abreuvement (8 de Dzou-'l-hiddja) qu'ils firent la telbiya du pèlerinage. Le Prophète égorgea de sa main ses victimes debout. L'Envoyé de Dieu, à Médine, égorgea deux béliers blancs tachés de noir.
CHAPITRE XXVIII. - De celui qui fait la telbiya quand sa monture est relevée.
1. Ibn 'Omar a dit : "Le Prophète fit la telbiya lorsque sa chamelle fut entièrement relevée et debout."
CHAPITRE XXIX. - De la telbiya faite le matin en se tournant du côté de la Qibla à Dzou-'l-Holaïfa. - D'après Nâfi', lorsque Ibn-'Omar avait fait la prière le matin à Dzou-'l-Holaïfa, il donnait l'ordre de lui amener sa chamelle. On la lui amenait ; il l'enfourchait et, quand elle était bien relevée et tournée du côté de la qibla, il faisait la telbiya jusqu'à ce qu'il fût parvenu sur le territoire sacré. Ensuite il cessait de la faire ; puis il se rendait à Dzou-Towa où il passait la nuit jusqu'au lendemain matin. Quand il avait fait la prière du matin il se lavait et prétendait que l'Envoyé de Dieu faisait ainsi.
1. D'après Nâfi', Ibn 'Omar, lorsqu'il allait quitter Médine pour se rendre à la Mecque, s'oignait d'onguents qui n'étaient point parfumés. Il se rendait à la mosquée de Dzou-'l-Holaïfa, y faisait sa prière, enfouchait sa monture et, quand celle-ci était bien relevée et debout, il se mettait en état d'ihrâm. "Ainsi, disait-il, ai-je vu faire l'Envoyé de Dieu".
CHAPITRE XXX. - De la telbiya faite en descendant dans la vallée.
1. Modjâhid a dit : "Nous étions chez Ibn 'Abbâs ; on y parlait de l'Antéchrist, et l'on disait qu'il avait le mot "infidèle" écrit entre les deux yeux. "Jamais, dit Ibn 'Abbâs, je n'ai entendu le Prophète énoncer pareille chose ; mais il a dit : "Quant à Moïse, il me semble le voir descendre dans la vallée et faire la telbiya?"
CHAPITRE XXXI. - Comment la femme ayant ses menstrues et la nouvelle accouchée doivent faire la telbiya. - (Détails lexicographiques au sujet du verbe اهدّ [faire la telbiya]).
1. 'Aïcha, la femme du Prophète, a dit : "Nous quittâmes Médine avec le Prophète pour faire le pèlerinage d'adieu. Nous fîmes la telbiya de la visite pieuse, puis le Prophète dit : "Que celui qui a une victime à offrir fasse à la fois la telbiya du pèlerinage et de la visite pieuse, puis qu'il ne quitte l'ihrâm qu'après avoir terminé ces deux cérémonies."
"J'arrivai à la Mecque au moment où j'avais mes menstrues. Je ne fis pas la tournée processionnelle du temple, ni la course entre Es-Safa et El-Merwa. Comme je me plaignais de cela au Prophète, il me dit : "Dénoue tes cheveux, démêle-les avec un peigne et fais la telbiya pour le pèlerinage en laissant de côté la visite pieuse."
Je fis ainsi et, quand nous eûmes terminé le pèlerinage, le Prophète m'envoyé avec 'Abderrahman ben Abou Bakr à Et Ten'îm où je me mis en devoir de faire la visite pieuse. "C'est en cet endroit que commencera ta visite pieuse", m'avait dit le Prophète.
"Ceux, ajoute 'Aïcha, qui avaient fait la telbiya pour la visite pieuse, firent la tournée processionnelle du temple et la course entre Es-Safa et El-Merwa, puis ils quittèrent l'ihrâm, firent une seconde tournée processionnelle lorsqu'ils furent de retour de Mina. Quant à ceux qui avaient fait à la fois la telbiya pour le pèlerinage et la visite pieuse, ils ne firent qu'une tournée processionnelle."
CHAPITRE XXXII. - De ceux qui, du temps du Prophète, firent la telbiya de la même façon que le Prophète. - C'est Ibn 'Omar qui a rapporté ceci d'après le Prophète.
1. Djâbir a dit : "Le Prophète donna l'ordre à 'Ali de conserver l'état d'ihrâm." Et Djâbir rapporta les paroles de Sorâqa.
2. Anas ben Mâlik a dit : "Ali était arrivé au Yémen. Le Prophète lui dit : "Pourquoi t'es-tu mis en ihrâm ? - Parce que, répondit-il, le Prophète y est lui même. - Si je n'avais eu une victime à sacrifier, reprit le Prophète, j'aurais déjà quitté l'ihrâm."
Suivant Ibn-Djoraïdj, le Prophète aurait dit : "Ô Ali, pourquoi t'es-tu mis en ihrâm ? - Parce que, aurait-il répondu, le Prophète y est lui-même. - Offre une victime, aurait repris le Prophète, et reste comme tu es en ihrâm."
3. Abou Mousa a dit : "Le Prophète m'avait envoyé vers ma tribu dans le Yémen. Au retour, je le trouvai à El Bathâ. "Pourquoi, me dit il, es-tu en ihrâm ? - Parce que, répondis-je, j'ai imité l'exemple du Prophète. - As tu une victime à offrir, reprit-il. - Non, répliquai-je." Alors il me donna l'ordre de faire la tournée processionnelle du temps et la course entre Es Safa et El Merwa. Après cela il m'enjoignit de cesser l'ihrâm. J'allai alors trouver une femme de ma tribu ; elle me peigna - ou, suivant une variante, elle me lava la tête."
Devenu Calife, 'Omar dit : "Si nous nous en tenons au Livre de Dieu, il nous ordonne de les achever complètement, car il a dit : "Achevez intégralement le pèlerinage et la visite pieuse en l'honneur de Dieu (sourate II, verset 192)." Et, nous nous en tenons à la pratique du Prophète, on ne doit pas quitter l'ihrâm avant d'avoir égorgé sa victime."
CHAPITRE XXXIII. - De ces mots du Coran : "Le pèlerinage a lieu à des mois fixés. Celui qui, à ces époques, accomplira le pèlerinage, devra s'abstenir d'oeuvre de chair, de péchés et de contestations." (sourate II, verset 193). - De ces autres paroles du Coran : "Ils t'interrogent sur les variations de la lune ; dis : "C'est afin de fixer les dates pour les hommes et pour le pèlerinage..." (sourate II, verset 185). - Ibn 'Omar a dit : "Les mois du pèlerinage sont : Chawwâl, Dzou-'l-qa'da et une décade de Dzou-'l-Hiddja." - Ibn 'Abbâs a dit : "La règle est qu'on ne prend l'ihrâm pour le pèlerinage que pendant les mois du pèlerinage." - 'Otsmân réprouvait qu'on prît l'ihrâm à partir du Khorassân ou du Kermân.
1. 'Aïcha a dit : "Nous quittâmes Médine pendant les mois et les jours du pèlerinage et en pratiquant les interdictions du pèlerinage. Nous campâmes à Sarif. Le Prophète se rendit alors vers ses compagnons et leur dit : "Que celui qui n'a pas amené de victime et préfère se contenter de la visite pieuse, le fasse ; mais qu'il n'en soit pas de même pour ceux qui ont amené une victime."
Certains compagnons du Prophète optèrent pour la visite pieuse ; d'autres y renoncèrent. Quant à l'Envoyé de Dieu et aux personnages de son entourage qui étaient des gens puissants, et qui avaient amené des victimes, ils ne songeaient pas à faire la visite pieuse.
"Alors, ajoute 'Aïcha, l'Envoyé de Dieu entra chez moi et me trouva en larmes : "Pourquoi pleures-tu, sotte que tu es ? me demanda-t-il. - Parce que, répondis je, j'ai entendu ce que tu viens de dire et la visite pieuse m'est interdite. - Dans quel état te trouves-tu donc ? reprit-il. - Je ne fais pas de prière, répliquai-je. - Cela ne te fera aucun tort, ajouta-t-il ; tu es une femme des filles d'Adam et il t'arrive ce que Dieu a décidé pour toutes les femmes. Tiens t'en donc à ton pèlerinage ; il se peut que Dieu t'accorde la visite pieuse."
"Nous partîmes pour ce pèlerinage, continue 'Aïcha, et, arrivée à Mina, je me trouvai en état de pureté. Je quittai alors Mina et fis la tournée processionnelle autour du Temple ; puis je partis avec le Prophète en même temps que le dernier groupe des pèlerins. Le Prophète campa à El Mohassab et nous y campâmes aussi. Il appela alors 'Abderrahman ben Abou Bakr et lui dit : "Emmène ta soeur hors du territoire sacré et qu'elle fasse la telbiya de la visite pieuse ; accomplissez tous deux cette visite et revenez ici où je vous attendrai jusqu'à votre retour." Nous partîmes, et quand j'eus terminé la visite pieuse et achevé la tournée processionnelle, je revins auprès du Prophète au moment du crépuscule. "Avez-vous fait la visite pieuse ? nous demanda-t-il. - Oui, lui répondis-je." Il donna le signal du départ à ses compagnons et les fidèles se mirent en route. Alors le Prophète se dirigea vers Médine."
CHAPITRE XXXIV. - De l'accomplissement successif du pèlerinage (quand, durant la même année, on faisait le pèlerinage et la visite pieuse sans rester, dans l'intervalle, en état d'ihrâm, il y avait عتع, ce qui est traduit ici par "accomplissement successif" ; si, au contraire, on accomplissait ces deux rites sans quitter l'ihrâm, il y avait اقران, ce qui est traduit par "accomplissement simultané".) et de la visite pieuse ; de leur accomplissement simultané ; de l'accomplissement du seul pèlerinage et de la transformation (c'est à dire de remplacer ou transformer le pèlerinage par la visite pieuse.) du pèlerinage de celui qui n'a pas amené de victime avec lui.
1. 'Aïcha a dit : "Nous partîmes avec le Prophète et nous ne pensions pas qu'il voulût faire autre chose que le pèlerinage. Quand nous fûmes arrivés, nous fîmes la tournée processionnelle du Temple. Alors le Prophète ordonna à tous ceux qui n'avaient pas amené de victime de quitter l'ihrâm. Tous ceux qui n'avaient pas amené de victime quittèrent l'ihrâm, et ses femmes, qui n'en avaient pas amené, firent de même. Comme j'avais mes menstrues, ajouté 'Aïcha, je ne fis pas la tournée processionnelle. Lorsqu'on passa la nuit à El Mohassab je dis : "Ô Envoyé de Dieu, les fidèles vont revenir après avoir accompli pèlerinage et visite pieuse, tandis que moi je n'aurai fait que le pèlerinage. - Tu n'as donc pas fait la tournée processionnelle quand nous sommes arrivés à la Mecque ? demanda le Prophète. - Non, répondis-je. - Eh bien, reprit-il,va avec ton frère jusqu'à Et Ten'îm, fais y la telbiya de la visite pieuse et ensuite je te donne rendez-vous à tel ou tel endroit.
"Je ne pense pas, dit Safiyya, que mes menstrues retiennent ici les fidèles (qui se rendaient à Médine). - Femme stérile et de mauvais augure, s'écria le Prophète, n'as-tu donc pas fait la tournée processionnelle le jour du sacrifice ? - Certes oui, je l'ai faite, répliquai-je." - "Il n'y a aucun mal alors, reprit le Prophète, pars !"
'Aïcha ajoute : "Le Prophète me rencontra au moment où il montait de la Mecque et où j'y descendais, - ou, suivant une variante : "au moment où je montais et où il descendait."
2. 'Aïcha a dit : "L'année du pèlerinage d'adieu, nous quittâmes Médine avec l'Envoyé de Dieu. Certains d'entre nous firent la telbiya de la visite pieuse ; d'autres, celle du pèlerinage et il y en eut qui firent à la fois la telbiya du pèlerinage et celle de la visite pieuse. L'Envoyé de Dieu fit la telbiya du pèlerinage. Quant à ceux qui firent la telbiya pour le pèlerinage seulement ou qui combinèrent le pèlerinage et la visite pieuse ils ne quittèrent l'ihrâm que le jour du sacrifice.
3. Merwân ben El Hakam a dit : "J'ai eu occasion de voir 'Otsmân et 'Ali. 'Otsmân proscrivait l'accomplissement successif du pèlerinage et de la visite pieuse et leur accomplissement simultané. Voyant cela, 'Ali fit la telbiya pour le pèlerinage et la visite pieuse en disant : "Je ne suis pas de ceux qui, sur le dire d'une seule personne, laissent de côté la règle établie par le Prophète."
4. Ibn 'Abbâs a dit : "(Avant l'islamisme) on estimait qu'il n'y avait pas de plus grande ignominie sur cette terre que de faire la visite pieuse pendant les mois consacrés au pèlerinage ; on appelait Moharrem safar (Le mois de safar dont il est question ici est vraisemblablement le nom du treizième mois de l'année embolistique. Du temps du paganisme, il était sacré et faisait partie des mois du pèlerinage. Le dicton rapporté par Ibn 'Abbâs signifie que la visite pieuse n'avait lieu, avant l'islamisme, qu'après l'expiration des mois sacrés réservés au pèlerinage et après le temps nécessaire à la guérison des chameaux.) et on disait : lorsque les plaies du dos du chameau sont guéries, qu'il n'en reste plus de traces et que safar est terminé, alors ceux qui le désirent peuvent faire la visite pieuse.
"Le Prophète et ses compagnons arrivèrent dans la matinée du quatre (de dzou-'l-hiddja en faisant la telbiya du pèlerinage. Le Prophète ayant ordonné qu'il fût transformé en visite pieuse, cela contraria péniblement ses compagnons qui lui dirent : "Dans quelle mesure faut-il quitter l'ihrâm ? - Il faut le quitter complètement, répondit-il."
5. Abou Mousa a dit : "J'allai trouver le Prophète ; il m'enjoignit de quitter l'ihrâm."
6. Ibn 'Omar rapporte que Hafsa, la femme du Prophète, dit : "Ô Envoyé de Dieu, pourquoi les fidèles ont-ils quitté l'ihrâm pour la visite pieuse, alors que toi tu persistes dans l'ihrâm pour cette visite. - J'ai feutré ma tête, répondit-il ; j'ai mis une guirlande au cou de ma victime, je ne puis plus quitter l'ihrâm avant le sacrifice."
7. Abou Djamra Nasr ben 'Imrân Ed Doba'i a dit : "J'avais résolu le pèlerinage à la suite de la visite pieuse ; des fidèles me l'interdirent. Alors je consultai Ibn 'Abbâs qui m'enjoignit de le faire. Puis je vis en songe un homme qui me disait : "Ton pèlerinage soit pieusement accompli et que ta visite pieuse soit agréée !" Je racontai le fait à Ibn 'Abbâs qui me dit : "Telle est la règle tracée par l'Envoyé de Dieu." Puis il ajouta : "Demeure auprès de moi et je te donnerai une part de mes biens. - Pourquoi te dit-il cela ? demanda Cho'ba. - A cause du songe que j'avais eu, répliqua Abou Djamra."
8. Abou Chihâb a dit : "Je m'étais rendu à la Mecque pour faire le pèlerinage à la suite de la visite pieuse. Nous entrâmes dans cette ville trois jours avant le jour de l'abreuvement. Certains habitants de la Mecque me dirent alors : "Ton pèlerinage maintenant sera mecquois (On dit d'un pèlerinage qu'il est mecquois pour marquer qu'il n'a pas donné grand' peine, les Mecquois n'ayant ni fatigue ni danger à courir pour l'accomplir.)." J'allai trouver aussitôt 'Atâ et lui demandai de décider la question. "Djâbir ben 'Abdallah, me répondit-il, m'a rapporté qu'il avait fait le pèlerinage avec l'Envoyé de Dieu le jour où il avait emmené une victime. Les fidèles avaient fait la telbiya uniquement pour le pèlerinage." Le Prophète leur dit : "Cessez votre ihrâm en faisant la tournée processionnelle du temple et la course entre Es Safa et El Merwa ; coupez vos cheveux et demeurez libres de vos actions jusqu'au jour de l'abreuvement. Alors faites la telbiya du pèlerinage, considérez ce que vous avez déjà fait comme une visite pieuse. - Comment, répondirent-ils, considérer cela comme une visite pieuse préalable alors que nous lui avons donné le nom de pèlerinage ? - Faites ce que je vous ordonne, répliqua-t-il ; si je n'avais amené une victime j'aurais fait exactement ce que je vous dis de faire. Mais rien de ce qui m'est défendu ne me sera permis tant que la victime ne sera pas parvenue au lieu voulu." Les fidèles exécutèrent l'ordre du Prophète."
9. D'après Sa'îd ben El Mosayyab, pendant qu'ils étaient à 'Osfân, 'Ali et 'Otsmân furent en désaccord au sujet de l'accomplissement successif du pèlerinage et de la visite pieuse. "Comment, disait 'Ali, tu veux arriver à interdire ce que l'Envoyé de Dieu ordonnait de faire ?" Alors, voyant cela, 'Ali fit à la fois la telbiya pour le pèlerinage et la visite pieuse simultanés.
CHAPITRE XXXV. - De celui qui fait la telbiya du pèlerinage en le spécifiant.
1. Djâbir ben 'Abdallah a dit : "Nous nous mîmes en route avec l'Envoyé de Dieu en disant : "Nous voici à toi pour le pèlerinage (ô mon Dieu), nous voici à toi ! " Mais, sur l'ordre que nous donna l'Envoyé de Dieu nous appliquâmes notre telbiya à une visite pieuse."
CHAPITRE XXXVI. - De l'accomplissement successif du pèlerinage et de la visite pieuse au temps du Prophète.
1. 'Imrân a dit : "Au temps du Prophète nous accomplissions successivement le pèlerinage et la visite pieuse, et le Coran s'était prononcé à cet égard. Un homme ('Omar) peut dire là-dessus ce qu'il lui plaît."