Sahih El Boukhâri: TITRE 30 DU JEÛNE page2

Publié le par laplumedelislam

  TITRE 30
DU JEÛNE

CHAPITRE XXXI. – Celui qui a coïté pendant le Ramadân peut-il nourrir sa famille avec les choses données pour l’expiation quand sa famille est dans le dénuement.

1. Abou Horaïra rapporte qu’un homme vint trouver le Prophète et lui dit : « Le dernier des hommes vient d’avoir commerce avec sa femme pendant le ramadân. – As-tu quelque esclave à affranchir ? demanda le Prophète. – Non. – Es-tu capable de jeûner deux mois de suite ? – Non. – As-tu de quoi donner à manger à soixante pauvres ? – Non. » On apporta à ce moment un ‘araq – une corbeille – plein de dattes. « Eh bien : reprit le Prophète, donne ceci en expiation. – A plus pauvre que nous ?Mais on ne trouverais pas, reprit l’homme, de plus nécessiteux que les miens entre les deux hamps de pierres de Médine. – Alors, répliqua le Prophète, donne-les à manger à ta famille. »

CHAPITRE XXXII. – De la ventouse et du vomissement pour celui qui est en état de jeûne. – Abou Horaïra disait : « Celui qui vomit ne rompt pas le jeûne, car il évacue et n’absorbe pas. » On dit également d’après Abou Horaïra qu’il rompt le jeûne ; mais la première version est la plus authentique. – Ibn ‘Abbâs et ‘Ikrima ont dit : « Le jeûne consiste à ne pas absorber et non à ne pas évacuer. » - Ibn ‘Omar se faisait appliquer des ventouses pendant qu’il était en état de jeûne ; plus tard il y renonça pour se les faire appliquer la nuit. – Abou Mousa se faisait appliquer les ventouses pendant la nuit. On rapporte que Sa’d, Zaïd ben Arqam et Omm Salama se faisaient appliquer des ventouses pendant qu’ils étaient en état de jeûne. – Bokaïr rapporte que Omm ‘Alqama disait : « Nous nous faisions appliquer des ventouses chez ‘Aïcha et on ne nous le défendait pas. » - Plus d’un traditionniste rapporte ce hadith comme remontant au Prophète d’après El Hasan : « Celui qui applique les ventouses et celui à qui elles sont appliquées rompent également le jeûne. » Comme il venait de rapporter cette tradition, on demanda à El Hasan s’il la tenait du Prophète. « Oui, répondit-il, tout d’abord. » Puis il ajouta : « Dieu sait mieux que personne ce qu’il en est. »

1. D’après Ibn ‘Abbâs, le Prophète se fit appliquer des ventouses pendant qu’il était en ihrâm ; il s’en fit appliquer également étant en état de jeûne.

2. Tsâbit El Bonâni a dit : « Comme on demandait à Anas ben Mâlik s’il réprouvait les ventouses pour celui qui est en état de jeûne, il répondit : « Non, à moins qu’il n’en résulte un affaiblissement. »

Suivant un autre isnâd il faudrait ajouter : « du temps du Prophète. »
 

CHAPITRE XXXIII. – Du jeûne et de la rupture du jeûne en voyage.

1. Ibn Abou Awfa a dit : « Nous étions en expédition avec l’Envoyé de Dieu. Il dit alors à un homme : « Descends et donne-moi à boire. – Ô Envoyé de Dieu, fit observer l’homme, il y a encore du soleil. – Descends et donne-moi à boire, reprit le Prophète. Ô Envoyé de Dieu, répliqua l’homme, il y a encore du soleil. – Descends et donne-moi à boire, répéta deux fois le Prophète. » L’homme descendit de sa monture, présenta la boisson au Prophète qui but, puis, lançant sa main d’un geste vers  ce côté-ci (l’Orient), il dit : « Quand vous voyez la nuit venir de ce côté-ci, celui qui est en état de jeûner peut rompre le jeûne. »

2. D’après deux isnâd différents, ‘Aïcha rapporte que Hamza ben ‘Amr El Aslâmi dit au Prophète : « faut-il jeûner en voyage ? » Et Hamza jeûnait souvent. « Si tu veux, répondit le Prophète, jeûne ; mais si tu le veux, romps le jeûne. »

CHAPITRE XXXIV. – De celui qui ayant jeûné plusieurs jours de ramadân se met ensuite en voyage.

1. D’après Ibn ‘Abbâs, l’Envoyé de Dieu se rendit à la Mecque pendant le ramadân. Il jeûna jusqu’à ce qu’il fut arrivé à El Kadîd ; là il rompit le jeûne, et les fidèles le rompirent également.
El Bokhâri dit que El Kadîd est une localité située entre ‘Osfân et Qodaïd.

CHAPITRE XXXV.  

1. Omm-‘d-Derdâ rapporte que Abou-‘d-Derdâ a dit : « Nous partîmes avec le Prophète pour l’une de ses expéditions. La chaleur était si forte ce jour-là que les hommes mettaient la main sur leur tête pour s’en préserver. Personne de nous ne jeûnait sauf le Prophète et Ibn Rawâha. »

CHAPITRE XXXVI. – De ces paroles que le Prophète adressa à ceux qui abritaient leurs têtes à cause de la violence de la chaleur : « Ce n’est pas faire acte de piété que de jeûner en voyage. »

1. Djâbir ben ‘Abdallah a dit : « Au cours d’une de ses expéditions l’Envoyé de Dieu ayant vu un rassemblement autour d’un homme qu’on abritait du soleil, demanda : « Qu’y a-t-il ? – C’est un homme en état de jeûne, lui répondit-on. – Ce n’est pas un acte de piété que de jeûner en voyage, dit alors le Prophète. »

CHAPITRE XXXVII. – Les compagnons du Prophète ne se reprochaient point les uns aux autres soit de jeûner, soit de rompre le jeûne.

1. Anas ben Mâlik a dit : « Quand nous étions en voyage avec le Prophète, celui qui jeûnait n’adressait aucun blâme à celui qui rompait le jeûne, pas plus que celui qui rompait le jeûne à celui qui jeûnait. »

CHAPITRE XXXVIII. – De celui qui, en voyage, rompt le jeûne d’une façon ostensible.

1. Ibn ‘Abbâs a dit : « L’Envoyé de Dieu partit de Médine pour se rendre à la Mecque. Il jeûna jusqu’à ce qu’il fut arrivé à ‘Osfân. Là, il demanda de l’eau et l’éleva en l’air de façon à être vu des fidèles. Il rompit le jeûne jusqu’à son arrivée à la Mecque. Ceci se passait pendant le Ramadân. » - Ibn ‘Abbâs disait : « L’Envoyé de Dieu jeûna et rompit le jeûne ; mais jeûna qui voulut et rompit le jeûne qui voulut. »

CHAPITRE XXXIX. - "Et pour ceux qui le peuvent il y aura une expiation" (sourate II, verset 180). - Ibn 'Omar et Salama ben El Akwa' disent que ce verset a été abrogé par celui-ci : "Le mois de ramadân est celui pendant lequel le Coran a été révélé. Le Coran est un guide pour les hommes ; il contient les preuves de l'orthodoxie et aussi la distinction (du bien et du mal). Que celui d'entre vous qui verra (le croissant de) ce mois jeûne. Celui qui sera malade ou en voyage jeûnera un nombre (égal) d'autres jours, car Dieu veut vous faciliter les choses ; il ne veut point vous les rendre pénibles. Complétez exactement le nombre voulu et glorifiez Dieu de vous avoir conduits dans la bonne voie. Peut-être vous montrerez-vous reconnaissant" (sourate II, verset 181). - D'après Ibn Abou Laïla, les compagnons de Mohamed rapportent que le ramadân ayant été révélé, ils trouvèrent le jeûne pénible. Ceux qui pouvaient chaque jour donner à manger à un pauvre se dispensèrent du jeûne et cela fut d'abord toléré, mais le verset (qui autorisait ces dispenses) fut abrogé par ces mots "mais que vous jeûniez vaudra mieux pour vous" (sourate II, verset 180). Et les fidèles reçurent ordre de jeûner.

1. Nâfi rapporte que Ibn 'Omar ayant récité ces mots du Coran : "Une expiation qui consiste à nourrir des pauvres." (sourate II, verset 180), dit qu'ils avaient été abrogés.

CHAPITRE XL. - Quand doit-on s'acquitter du remplacement du jeûne du ramadân. - Ibn 'Abbâs a dit : "Il n'y a aucun mal à répartir (les jours de remplacement) puisque le Coran dit (seulement) un nombre (égal) d'autres jours." - Sa'îd ben El Mosayyab a dit au sujet du jeûne pendant la (première) décade (de dzou-'l-hiddja) : "Il ne convient pas tant qu'il n'est pas en remplacement du ramadân." - Ibrahîm a dit : "Lorsqu'on a négligé le remplacement avant l'arrivée du (nouveau) ramadân, il faut accomplir les deux jeûnes", et il n'estime pas qu'on doive nourrir des pauvres. D'après Abou Horaïra, mais sans isnâd complet, et d'après Ibn 'Abbâs, il doit donner à manger aux pauvres. Le Coran ne parle pas de donner à manger aux pauvres ; il dit seulement : "Et un nombre (égal) d'autres jours".

1. 'Aïcha a dit : "Quand je devais quelques jours de jeûne du ramadân, je ne pouvais m'en acquitter qu'au mois de Cha'bân." Yahya a dit que (elle ne pouvait faire autrement) à cause de ses devoirs, par ordre du Prophète - ou envers le Prophète.

CHAPITRE XLI. - La femme ayant ses menstrues cesse de jeûner et de faire la prière. - Abou-'z-Zinâd a dit : "Les pratiques prophétiques et diverses obligations se trouvent souvent en contradiction avec la raison et cependant les fidèles ne peuvent se dispenser de les appliquer. C'est ainsi que la femme qui a ses menstrues n'accomplit ni le jeûne, ni la prière.

1. D'après Abou Sa'îd, le Prophète a dit : "La femme qui a ses menstrues ne cesse-t-elle pas de prier et de jeûne. C'est là une diminution de sa religion."

CHAPITRE XLII. - De celui qui meurt devant des jours de jeûne. - El Hasan a dit : "Si trente hommes jeûnent pour le défunt pendant un jour, cela est valable."

1. D'après 'Aïcha, l'Envoyé de Dieu a dit : "C'est le ouali (Ce mot est employé ici d'une façon un peu vague pour désigner un proche parent.) du défunt qui fera les jours de jeûne que ce dernier devait à sa mort."

2. Ibn 'Abbâs a dit : "Un homme vint trouver le Prophète et lui dit : "Ô Envoyé de Dieu, ma mère est morte et elle devait un mois de jeûne. Dois-je accomplir ces jours de jeûne pour elle ? - Oui, répondit le Prophète, les dettes contractées envers Dieu sont celles qu'il est du devoir le plus strict d'acquitter." D'après Solaïmân, El Hakam et Salama ont dit : "Nous étions assis là quand Moslim rapporta ce hadith", et ils ajoutèrent : "Nous avons entendu Modjâhid le mentionner d'après Ibn 'Abbâs."
Selon un autre isnâd, Ibn 'Abbâs aurait rapporté qu'une femme dit au Prophète : "Ma soeur est morte - ou, suivant d'autres, ma mère est morte - et elle devait un jeûne qu'elle avait fait voeu d'accomplir." Enfin, d'après une autre variante, cette femme aurait été la mère et aurait dû quinze jours de jeûne.

CHAPITRE XLIII. - Quand celui qui jeûne peut-il rompre le jeûne ? - Abou Sa'îd El Khodry rompit le jeûne dès que le disque du soleil eut disparu.

1. D'après 'Omar ben El Khattâb, l'Envoyé de Dieu a dit : "Quand la nuit vien tpar ici (l'Orient) et que le jour s'en va par ici (l'Occident) et que le soleil est couché, celui qui jeûne peut rompre le jeûne."

2. 'Abdallah ben Abou Awfa a dit : "Nous étions en voyage avec l'Envoyé de Dieu qui jeûnait. Lorsque le soleil eut disparu à l'horizon il dit à l'un des gens qui étaient là : "Hé ! un tel, allons, donne-nous à boire. - Si vous attendiez que le soir fut venu, répondit cet homme. - Descends et donne-nous à boire, reprit le Prophète. - Ô Envoyé de Dieu, si vous attendiez que le soir fut venu. - Descends et donne-nous à boire. - Il fait encore jour, reprit l'homme. - Descends et donne-nous à boire". L'homme descendit de sa monture et apporta à boire. L'Envoyé de Dieu but, puis il dit : "Quand vous voyez la nuit venir par ici, le moment est venu de rompre le jeûne."

CHAPITRE XLVI. - On rompt le jeûne avec ce que l'on peut, eau ou autre chose.

1. 'Abdallah ben Abou Awfa a dit : "Nous nous mîmes en route avec l'Envoyé de Dieu qui jeûnait. Quand le soleil eut disparu à l'horizon, il dit : "Descends et donne-nous à boire. - Ô Envoyé de Dieu, répondit l'homme, si vous attendiez que le soir fût venu. - Descends et donne-nous à boire, reprit le Prophète. - Mais il fait encore jour, répliqua l'homme. - Descends et donne-nous à boire, répéta le Prophète." L'homme descendit de sa monture, apporta à boire. Ensuite le Prophète dit : "Quand vous verrez la nuit s'avancer par ici ce sera le moment de rompre le jeûne." Ce disant, il fit un geste de son doigt du côté de l'Orient.

CHAPITRE XLV. - De la hâte à rompre le jeûne.

1. D'après Sahl ben Sa'd, l'Envoyé de Dieu a dit : "Les fidèles ne cesseront d'être dans une bonne voie tant qu'ils se hâteront de rompre le jeûne."

2. Ibn Abou Awfa a dit : "J'étais avec le Prophète au cours d'un de ses voyages. Il jeûna jusqu'au soir, puis il dit à un homme : "Descends de ta monture et donne-moi à boire. - Si vous attendiez que le soir fût venu, répondit cet homme. - Descends et donne-moi à boire. Quand tu verras la nuit venir par ici, ce sera le moment de rompre le jeûne."

CHAPITRE XLVI. - De celui qui rompt le jeûne et voit ensuite le soleil reparaître.

1. D'après Hichâm ben 'Orwa, Asmâ bent Abou Bakr a dit : "Nous avions rompu le jeûne, du temps de l'Envoyé de Dieu, un jour de brume et, aussitôt après, le soleil parut. Comme on demandait à Hichâm si on leur avait ordonné un remplacement, il répondit : "Certainement, il y eut un remplacement." Ma'mar a dit : "J'ai entendu Hichâm dire : "Je ne sais si oui ou non ils firent le remplacement."

CHAPITRE XLVII. - Du jeûne des enfants. - 'Omar dit à un homme ivre pendant le ramadân : "Malheureux ! nos enfants eux-mêmes jeûnent". Et il frappa cet homme.

1. Khâlid ben Dzekwân rapporte d'après Er Robayyi'-bent-Mo'awidz que, le matin de 'Âchoura, le Prophète envoya dire dans les villages des Ansâr : "Que celui qui a rompu le jeûne ce matin continue à rompre le jeûne tout ce jour, mais que celui qui est à jeun ce matin jeûne toute la journée". Nous continuâmes à jeûner ce jour-là, dit Er Rabayyi' et nous fîmes jeûner nos enfants. Nous leur avions fait des jouets avec de la laine de couleur et quand l'un d'eux pleurait pour avoir à manger nous lui donnions un des jouets ; nous les faisions ainsi patienter jusqu'au moment de la rupture du jeûne.

CHAPITRE XLVIII. - Du cumul du jeûne (de jour et de nuit). - De celui qui dit qu'il ne doit pas y avoir de jeûne la nuit d'après ces mots du Coran : -"Ensuite achevez le jeûne jusqu'à la nuit." (sourate II, verset 183). - Le Prophète a interdit le jeûne de nuit par pitié pour les fidèles et dans l'intérêt de leur conservation. - Des excès qui sont réprouvés.

1. D'après Anas, le Prophète a dit : "Ne cumulez pas (le jeûne du jour et celui de la nuit). - Mais tu le fais toi-même, lui répondit-on. - Je ne suis pas comme l'un de vous, reprit-il, je suis nourri et abreuvé - ou, suivant une variante : je passe la nuit à être nourri et abreuvé."

2. 'Abdallah ben 'Omar a dit : "L'Envoyé de Dieu a interdit le cumul du jeûne. - Mais tu le fais toi-même, lui objecta-t-on. - Moi, répondit-il, je ne suis pas comme vous, je suis nourri et abreuvé."

3. 'Abdallah ben Khabbâb rapporte que Abou Sa'îd a entendu le Prophète dire : "Ne cumulez pas. Si cependant quelqu'un de vous veut le faire qu'il le fasse jusqu'au repas de la fin de la nuit. - Mais, objecta-t-on, tu le fais toi-même, ô Envoyé de Dieu. - Moi, répondit-il, je ne sais pas dans la même situation que vous, quelqu'un pendant la nuit me fait manger, et quelqu'un me fait boire."

4. 'Aïcha a dit : "L'Envoyé de Dieu a interdit le cumul par pitié pour les fidèles. - Mais, lui objecta-t-on, tu le fais toi-même. - Moi, je ne suis pas dans la même situation que vous ; Dieu me fait manger et me fait boire."
El Bokhâri dit que 'Otsmân ne parle pas de ces mots : "par pitié pour les fidèles."

CHAPITRE XLIX. - Du châtiment infligé à celui qui abuse du cumul du jeûne. - Rapporté par Anas d'après le Prophète.

1. Abou Horaïra a dit : "L'Envoyé de Dieu interdit le cumul du jeûne." Un homme d'entre les Musulmans lui dit alors : "Toi, tu le fais, ô Envoyé de Dieu. - Qui d'entre vous est pareil à moi ? répondit-il, moi, pendant la nuit, le Seigneur me nourrit et m'abreuve."
Puis, comme les fidèles refusaient de s'abstenir du cumul du jeûne, le Prophète le fit avec eux un jours, puis un autre jour et ensuite on vit la nouvelle lune. "Si la nouvelle lune avait tardé davantage, s'écria le Prophète, je vous aurais fait continuer." C'eût été une sorte de châtiment qu'il leur aurait infligé parce qu'ils avaient refusé de s'abstenir du cumul du jeûne."

2. D'après Abou Horaïra, le Prophète a dit à deux reprises différentes : "Gardez-vous de cumuler le jeûne. - Mais, lui répondit-on, tu le fais bien. - Moi, reprit-il, pendant la nuit, le Seigneur me nourrit et m'abreuve. Ne vous imposez que ce qui est dans la mesure de vos forces."

CHAPITRE L. - Du cumul du jeûne jusqu'au moment du dernier repas de la nuit.

1. Abou Sa'îd El Khodry rapporte qu'il entendit l'Envoyé de Dieu dire : "Ne cumulez pas le jeûne. Toutefois, celui qui voudra le faire qu'il le fasse jusqu'au moment du dernier repas de la nuit. - Mais, lui répondit-on, tu le fais toi-même, ô Envoyé de Dieu. - C'est, répliqua-t-il, que je ne suis pas dans la même situation que vous, toute la nuit quelqu'un me donne à manger et à boire."

CHAPITRE LI. - De celui qui conjure son frère de rompre un jeûne volontaire et qui n'estime pas qu'il y ait lieu à expiation, si cette rupture du jeûne est à l'avantage du jeûneur.

1. Abou Djohaüfa a dit : "Le Prophète avait établi le lieu de fraternité entre Salmân et Abou-'d-Derdâ. Salmân alla rendre visite à Abou-'d-Derdâ et vit Omm-'d-Derdâ en toilette négligée. "Que signifie cette tenue ? demanda-t-il. - Ton frère Abou-'d-Derdâ, répondit-elle, ne tient pas aux choses de ce monde." Abou-'d-Derdâ étant alors venu, prépara le repas et Salmân lui dit : "Mange. - Je jeûne, répondit celui-ci. - Eh bien, répliqua Salmân, je ne mangerai pas tant que tu ne mangeras pas toi-même."
La nuit venue, Abou-'d-Derdâ voulut se lever, mais Salmân lui dit : "Dors". Vers la fin de la nuit, Salmân dit : "Lève-toi maintenant." Tous deux firent leur prière, puis Salmân dit : "Tu as des devoirs envers Dieu ; tu as des devoirs envers toi-même et tu as des devoirs envers ta famille. Remplis ces devoirs envers tous ceux à qui tu les dois." Comme on rapportait ces détails au Prophète, celui-ci dit : "Salmân était dans le vrai."

CHAPITRE LII. - Du jeûne de Cha'bân.

1. 'Aïcha a dit : "L'Envoyé de Dieu jeûnait si longtemps que nous disions qu'il ne rompait pas le jeûne, et il mangeait si souvent que nous disions qu'il ne jeûnait pas. Je n'ai jamais vu le Prophète aller jusqu'à un mois de jeûne, excepté pour le ramadân, et il jeûnait surtout au mois de Cha'bân."

2. 'Aïcha a dit : "En aucun mois le Prophète ne jeûnait autant que pendant le mois de Cha'bân. Il jeûnait (parfois) tout le mois de Cha'bân et disait : "Prenez des pratiques religieuses autant que vous pourrez en faire. Dieu ne se lassera pas avant que vous vous lassiez vous-même." La prière la plus agréable au Prophète était celle qui durait longtemps, même si elle n'était pas fréquente. Quand il faisait une prière, il la faisait durer longtemps."

CHAPITRE LIII. - De ce qu'on raconte au sujet du jeûne et de la rupture du jeûne du Prophète.

1. Ibn 'Abbâs a dit : "Jamais le Prophète ne jeûna un mois complet, sauf pendant le ramadân. Il jeûnait à tel point qu'on disait : "Par Dieu ! il ne rompt pas le jeûne", et il mangeait si souvent qu'on disait : "Par Dieu, il ne jeûne pas."

2. Anas disait : "L'Envoyé de Dieu mangeait si souvent dans le mois que nous croyions qu'il ne jeûnait pas, et il jeûnait si longtemps que nous croyions qu'il ne rompait pas le jeûne.
La nuit, si vous vouliez le voir prier, vous le trouviez toujours en prière, et, si vous vouliez le voir dormir, vous le trouviez endormi."
Solaïman ajoute que cette réponse de Anas fut faite à la question de Homaïd lui posa au sujet du jeûne.

3. Homaïd a dit : "Comme j'interrogeais Anas sur le jeûne du Prophète, il me répondit : "Chaque fois qu'au cours d'un mois je voulais voir le Prophète jeûner, je le trouvais en état de jeûne ; chaque fois que je voulais le voir non jeûnant, je le trouvais non jeûnant.
"Chaque fois qu'au cours d'une nuit je voulais le voir éveillé, je le trouvais éveillé ; chaque fois que je voulais le voir endormi, je le trouvais endormi. Je n'ai jamais touché de bourre de soie ou de soie plus douce au toucher que la main du Prophète. Je n'ai jamais senti de musc ou d'ambre plus parfumés que ne l'était le parfum exhalé par l'Envoyé de Dieu."

CHAPITRE LIV. - Des devoirs qu'impose l'hôte en matière de jeûne.

1. 'Abdallah ben 'Amr ben El 'As a dit : "Un jour l'Envoyé de Dieu entra chez moi et mentionna le hadith, c'est à dire celui-ci : "Tu as des devoirs envers ton visiteur, tu as des devoirs envers ton conjoint." Puis comme je lui demandais : "Quel était le jeûne de David ? - Il jeûnait la moitié du temps, me répondit-il."

CHAPITRE LV. - Des droits du corps en matière de jeûne.

1. 'Abdallah ben 'Amr ben El 'Âs rapporte ceci : "L'Envoyé de Dieu me dit  "Ô 'Abdallah, sais-tu que l'on m'a dit que tu jeûnais le jour et que tu restais debout la nuit. - C'est vrai, ô Envoyé de Dieu, répondis-je. - Eh bien, reprit-il, n'agis pas ainsi : jeûne puis romps le jeûne, reste debout puis dors. Tu as des devoirs envers ton corps ; tu as des devoirs envers tes yeux ; tu as des devoirs envers ta femme ; tu as des devoirs envers tes visiteurs. Il te suffit de jeûner chaque mois trois jours, puisque, pour chacune de tes oeuvres pieds, tu aurais une récompense décuple. Ce sera donc pour toi comme si tu avais jeûné tous les jours." Comme j'insistais, il insista à son tour et alors j'ajoutai : "Ô Envoyé de Dieu, j'ai la force de le faire. - Jeûne comme le faisait le Prophète David, me répondit-il, et ne va pas au delà.- Et quel était le jeûne du Prophète David ? demandai-je. - La moitié du temps, me répondit-il." Devenu âgé, 'Abdallah disait : "Plût au ciel que j'eusse adopté la tolérance de l'Envoyé de Dieu."

CHAPITRE LVI. - Du jeûne continuel.

1. 'Abdallah ben 'Amr rapporte ceci : On avait raconté à l'Envoyé de Dieu que j'avais dit : "Par Dieu ! je veux jeûner le jour et rester debout la nuit jusqu'à la fin de mes jours. -Je donnerai pour toi la vie de mon père et celle de ma mère, dis-je au Prophète, c'est bien cela que j'ai dit. - Tu ne serais pas capable de faire pareille chose, me répondit-il, jeûne puis romps le jeûne ; reste debout puis dors ; jeûne trois jours chaque mois, car toute oeuvre pied est récompensée au décuple et ce sera alors comme si tu avais jeûné tous les jours. - Je puis faire mieux que cela, repris-je. - Eh bien, répliqua-t-il, jeûne un jour et romps le jeûne pendant deux jours. - Je puis faire mieux que cela, répétai-je. - Eh bien, ajouta-t-il, jeûne un jour et romps le jeûne le jour suivant. Tel était le jeûne de David et c'est le jeûne le plus parfais. - Je puis faire mieux que cela, dis-je. - Il n'y a rien de mieux que cela, répondit-il."

CHAPITRE LVII. - Des droits de la famille en matière de jeûne. - Ceci est rapporté du Prophète par Abou Djohaïfa.

1. Abou-'l-'Abbâs, le poète, raconte qu'il a entendu 'Abdallah ben 'Amr dire : "Le Prophète avait appris que je jeûnais continuellement et que je priais pendant la nuit. Comme il m'avait mandé près de lui - ou comme je le rencontrai - il me dit : "Ne vient-on pas de m'apprendre que tu jeûnais sans rompre le jeûne et que tu passais la nuit en prière sans dormir ? Jeûne puis romps le jeûne ; prie puis dors. Tu as des devoirs envers tes yeux et tu as des devoirs envers ta personne et ta famille. - J'ai la force de supporter cela, répondis-je. - Eh bien, reprit-il, jeûne comme David. - Et comment cela ? repris-je. - Il jeûnait un jour et rompait le jeûne le jour suivant, riposta-t-il, et il ne fuyait pas quand il rencontrait l'ennemi (c'est à dire que le jeûne qui ne lui enlevait ni ses forces, ni son courage, n'était pas excessif pour lui.) . - Ô Prophète de Dieu, répliquai-je, qui me donnera une pareille vertu ?"
'Atâ a dit : "Je ne vois pas comment il a pu parler du jeûne perpétuel, car le Prophète a dit : "Celui qui jeûne perpétuellement, "ne jeûne pas", et il répéta cela deux fois."

CHAPITRE LVIII. - Du jeûne de deux jours l'un.

1. D'après 'Abdallah ben 'Amr, le Prophète lui a dit : "Jeûne chaque mois trois jours. - Mais je puis faire mieux que cela, répondit-il." Le Prophète ne cessa de répéter ses paroles jusqu'à ce qu'enfin il lui dit : "Jeûne un jour et romps le jeûne le jour suivant." Le Prophète dit encore à 'Abdallah : "Récite le Coran une fois chaque mois. - Je puis faire mieux que cela, répondit-il." Après avoir insisté, le Prophète finit par dire : "Eh bien, pendant trois nuits (par mois)."

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Publié dans Sahih El Boukhâri

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